SCÈNE VIL
LÉHÉM AN , seul d'aboré , LES SOLDATS tMike.
LÉHÉMAN.
Les papiers... ces gens vont revenir furieux, et je ne sais à quel point il» pourroat porter la ven-
OPÉRA-COIVIIQUE. 367
geance... Allons, allons , que le feu anéantisse à jamais ces preuves. ( Il les brûle.) Je les entends.
JORNER.
Mais quel conte cet insolent vieillard a-t-il osé... Tiens, le voilà qui se chauffe tranquillement. ( Ils le saisissent au coiret. ) £h! malhcttreux , quelle histoire as-tu été nous faire de Fédéric, de ^s amis armés ? il n^y avait personne dans la citerne.
LÉHEMAN.
Il n'y avait personne ? vous verrez qu'il se sera
sauvé !
JORN£R , ToyBnt la liulle ouverte.
Oui, mais c'est de la hutte qu'il s'est sauvé. Traitre! quand le capitaine va savoir...
léhi£man.
Soyez tranquilles , )e ne lui dirai pas , je vous le promets.
JORKER.
Comment! tu ne lui diras pas?
LEHEMAN.
Non , et vous devez me savoir gré de ma discrétion ; car si le capitaine apprenait que , dupes de la ruse d'un faible vieillard, et de l'appât du gain qu'il vous a offert , vous ave^^ laissé échapper Fédéric , une mort terrible et prompte serait le prix de votre imprudente crédulité.
JORNER , SORBAG.
Il a raison.
LEHÉMAN.
Au lieu de cela, voyez la différence? Celui qui
368 LÉHÉMAN,
ëtait dans cette hutte , celui que vous vouliez faire périr , en partant a eu encore le temps de s occuper de vous.
Comment ! de nous?
LÉHEMAN.
Oui , de vous : « Ami , m'a-l-il dit , je ne veux pas que ces soldats perdent la récompense qu^on leur avait promise , donne-leur cet or. »
JORNER.
A nous? mais alors, pourquoi ne nous avoir pas dit plus tôt?...
LÉHÉMAN.
£n vous Toffrant pendant qu'il était encore là , peut-êlre aurais-jc pu vous séduire ; mais vous auriez eu mon secret , à présent , c'est moi qui suis maître du vôtre, et je n'en veux pas abuser; prêtiez donc ; ces cent ducats sont à vous.
JORNER.
Cent ducats... cette générosité, ce sang- froid, cette figure respectable que je n^avais point observée , et que je me l'appelle à présent, ah! vous êtes Léhéman , et c'est bien le prince Fédéric...
leheMan.
Silence !
JORNER.
Oh! oui , oui , vous êtes Léhéman. A votre courage , à votre amitié pour lui , j'aurais dû plus tôt vous reconnaître.
LÉHÉMAN.
Paix!
JORKER.
Ne craignez rien... nous ne sommes point nés sujets de Léopold ; des malheurs nous ont forces de quitter la SuisvSe y notre patrie , et de nous enrôler sous les drapeaux de Tempereur ; mais nous vous devons bien plus qu'à lui : dans une dernière affaire , surpris par vos soldats , nous allions être massacrés , lorsque vos ordres généreux nous ont sauvé la vie : disposez donc de nous..,
SOBBÂG.
Oui 9 dispx)sez de nous.