‹ Gulnare ou L'Esclave PersanneChapitre 15 sur 203 · LES PRÉCEDEKS, OMAR, OSMIN · texte numérisé non relu

LES PRÉCEDEKS, OMAR, OSMIN

OMAR

Nous avons joué de malheur ; plusieurs acheteurs se sont présentes , mais Tun voulait un la^ houreur, celui-ci un ouvrier, l'autre un fleuriste... aucun n^offrait rien de mon savant ; on en don* nait pourtant jusqu'à deux cents pièces d'or, lorsque toutràrcoup Qu apportc un petit sapajou . . . charmant ! Tanimal saute , gambade , fait mille tours ; alors tout a été dit ; on n'a plus rien offert du philosophe ; et , grâce au bon goût de nos modernes Crésus, le gentil sapajou a eu la préférence.

Toute espérance m'est ôtée.

SEID

Eh ! non , puisque Gulnare se dévoue.

OSMTN.

C'est là ce qui me désole. (Un esclave Tient parler bas à Omar. )

aMAR.

Attendez... j'ai votre affaire à tous deux ; ( Bas à Osmin.) riche , généreux, aimant les femmes à la fureur ; ( Bas à Gulnare. ) jeunc , dhnable, sensible , et fait comme il faut être pour plaire. .. et pour aimer.

SEID

C'est sans doute Dély !

OPÉRA-COMIQUE. 3i

OSMIN

Ce prince si magnifique ! . . .

OMAE.

Oui, lui-npiéme.

OSMIN

Dieux!

GUIaNÂRE y ayec joie , sans prendre garde à la douleur d'Osmin.

Et dis-moi , courtier , ce Dely passe donc pour avoir une belle âme ?

SEIIX

La plus noble de tout Ispaham.

GULNARl^, à Omar.

Capable de traits ? . . .

OMAR j à Gulnare.

Il en a fait tnille dans sa vie , ( Bas. ) et surtout avec les dames.

GULNARE, avec }ot« , sans l'écouter, à Seîd.

Ati ! si je pouvais ! . . .

OMAR

J'en suis sur.

GULNARE, à part.

Le ciel m'inspire !

OSMIN, à Seîd.

Il va lui plaire ?

SEm.

Je le parierais.

, OSMIN

Ce serait un supplice que Je ne pourrais supporter.

GULNARE

Vient-il donc ce Dely ?

3a GULNARE,

OMAR

Il ne tardera pas ; nous serons instruits de son arrivée ; il ne marche jamais sans un train considérable d'esclaves , d'instrumens qui le précèdent.

GULNARE

Il aime les talens !

SEID

Autant que la beauté.

GULNARE

Quel bonheur ! as-tu ici ?

SEID

Je vous entends , tout ce que vous demanderez , forte - piano , harpe . . . d'un coup d'oeil , d'un signe ...

GULNARE

Ah ! je brûle d'éprouver si son âme . . .

OSMIN

Cruelle ! attends du moins que je ne sois plus présent. . .

GULNARE

Osmin, tu ne sais pas... tu ne dois pas encore savoir... l'événement peut seul me justifier.

(On entend un bruit d*instrumens. ) SEID.

Entendez-vous?... c'est lui ; ( A Osmin.) il faudrait peut-être qu'Osmin . . .

Non , je veux rester.

GULNARE

Il passera pour celui qui m'a amenée.

OPÈRA-COMIQUK 33

OMAR

Un moment ! ne serait-il pas à propos ?... oui . . . un peu plus de parure !... les cheveux mieux rangés... (AGuinarc.) Le motif qui TOUS anime est si intéressant , qu^il nous engage à ne rien négliger de tout ce qui peut le faire réussir.

SEID

Omar a raison... venez.

OSMIN

Entre un père chéri et une maîtresse adorée, prononcer est impossible ; il est plus aisé de mourir.

Page 1