LES PRÉCEDEKS, OMAR, OSMIN
OMAR
Nous avons joué de malheur ; plusieurs acheteurs se sont présentes , mais Tun voulait un la^ houreur, celui-ci un ouvrier, l'autre un fleuriste... aucun n^offrait rien de mon savant ; on en don* nait pourtant jusqu'à deux cents pièces d'or, lorsque toutràrcoup Qu apportc un petit sapajou . . . charmant ! Tanimal saute , gambade , fait mille tours ; alors tout a été dit ; on n'a plus rien offert du philosophe ; et , grâce au bon goût de nos modernes Crésus, le gentil sapajou a eu la préférence.
Toute espérance m'est ôtée.
SEID
Eh ! non , puisque Gulnare se dévoue.
OSMTN.
C'est là ce qui me désole. (Un esclave Tient parler bas à Omar. )
aMAR.
Attendez... j'ai votre affaire à tous deux ; ( Bas à Osmin.) riche , généreux, aimant les femmes à la fureur ; ( Bas à Gulnare. ) jeunc , dhnable, sensible , et fait comme il faut être pour plaire. .. et pour aimer.
SEID
C'est sans doute Dély !
OPÉRA-COMIQUE. 3i
OSMIN
Ce prince si magnifique ! . . .
OMAE.
Oui, lui-npiéme.
OSMIN
Dieux!
GUIaNÂRE y ayec joie , sans prendre garde à la douleur d'Osmin.
Et dis-moi , courtier , ce Dely passe donc pour avoir une belle âme ?
SEIIX
La plus noble de tout Ispaham.
GULNARl^, à Omar.
Capable de traits ? . . .
OMAR j à Gulnare.
Il en a fait tnille dans sa vie , ( Bas. ) et surtout avec les dames.
GULNARE, avec }ot« , sans l'écouter, à Seîd.
Ati ! si je pouvais ! . . .
OMAR
J'en suis sur.
GULNARE, à part.
Le ciel m'inspire !
OSMIN, à Seîd.
Il va lui plaire ?
SEm.
Je le parierais.
, OSMIN
Ce serait un supplice que Je ne pourrais supporter.
GULNARE
Vient-il donc ce Dely ?
3a GULNARE,
OMAR
Il ne tardera pas ; nous serons instruits de son arrivée ; il ne marche jamais sans un train considérable d'esclaves , d'instrumens qui le précèdent.
GULNARE
Il aime les talens !
SEID
Autant que la beauté.
GULNARE
Quel bonheur ! as-tu ici ?
SEID
Je vous entends , tout ce que vous demanderez , forte - piano , harpe . . . d'un coup d'oeil , d'un signe ...
GULNARE
Ah ! je brûle d'éprouver si son âme . . .
OSMIN
Cruelle ! attends du moins que je ne sois plus présent. . .
GULNARE
Osmin, tu ne sais pas... tu ne dois pas encore savoir... l'événement peut seul me justifier.
(On entend un bruit d*instrumens. ) SEID.
Entendez-vous?... c'est lui ; ( A Osmin.) il faudrait peut-être qu'Osmin . . .
Non , je veux rester.
GULNARE
Il passera pour celui qui m'a amenée.
OPÈRA-COMIQUK 33
OMAR
Un moment ! ne serait-il pas à propos ?... oui . . . un peu plus de parure !... les cheveux mieux rangés... (AGuinarc.) Le motif qui TOUS anime est si intéressant , qu^il nous engage à ne rien négliger de tout ce qui peut le faire réussir.
SEID
Omar a raison... venez.
OSMIN
Entre un père chéri et une maîtresse adorée, prononcer est impossible ; il est plus aisé de mourir.