‹ Gulnare ou L'Esclave PersanneChapitre 161 sur 203 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

lespr£C]£dens, FÉDÊRTC, SORBAC, soidats,

WARJffiR.

ÏVebelle , tu n'as pas voulu te nommer ; mais il y a ici un homme qui te connaît.

FÉDÉRIC

C'est impossible.

388 LÉHÉMAN,

WARNER

. Il te comiait , te dis-)e , et si tu refuses d*a vouer tsi vérité , il saura bien t*y contraindre.

FEDERIG,

M'y contraindre!.,. Quel est Taudacieux?

WARNER recalr, , fait ranger les soldats , et montre Lëhëman.

Lui!.., lui, ce vieillard, regarde-le bien.

FEBEKIC, à part.

O ciel ! c'est Léhéman , aura-t-il pu dérober à leur vue ....

WARNER

Dirasrtu encore qu'il ne te connaît pas ?

FlÉDl^RIG,

Non » je conviens qu'en effet... mais je ne croyais pas que ce fût lui...

WARNER

Il t'accuse. ; ' '

FEDÉRIC.

Il m^accuse !

LEHEMAN,

Moi f je... ( On lui met la main sur la bouche en le me* naçant. )

WARKER , Il Féderîc

Silence !... il t'accuse , te dis-je,

FEDËRIG.

Lui , mon accusateur ! . . .

WARNER

Il dit... que tu t'es arrêté chez lui* ..

FSDERIC.

Il a dit . . .

OPÉRArCOMlQUE. SSg

WABN£R. .

Que tu y as changé ton uniforme contre un simple habit de paysan.

FEDERIC

C'est lui qui . . .

LEHÉMAN, à part.

Quel supplice !

WARNER

Enfm , que tu allais à Affembourg rejoindre l'année des rebelles.

FEDERIC , à Léhéman.

Quoi ! vous avez pu dire .^ ( A part. ) ce silence ! cet embarras!... je ne sais plus que croire, que penser !

WARNER , bas aux soldaU.

Le prisonnier se trouble!... feignons, pour le

faire se trahir. ( Léhëman est dans une situation pénible, il fa peint par ses gestes. Warner a l'air de triompher du trpuble de Fe*

dëric.) Enfin , un secret important surpris par notre adresse, des preuves qu'on ne peut révoquer- . .

FEPEUIC, à part.

Un secret Important !.•. des preuves!... Mes.papiers sont saisis.

WARNER

Prévenez donc , par un aveu franc et loyal , Iq honte .

' FEDÉRIC.

Eh bien ! puisque vou$ êtes instruits.

LÉHKMAN , dans la plus terrible agitation.

Dieux ! il va se nommer !

FEDÉRIC

J'aime mieux vous dire moi-n|ênjie..,

TOM. n. 2&

Sgo LÉHÉMAN,

LEHEMAN , avec force et repoussant les soldats.

tJn mensonge.

Un mensonge ?

FEDEBIC.

LEHEMAN.

Oui , un mensonge ?

WARNER , mettant la main siir «on sabre.

Maucjil vieillard ! Je t'avais défendu.

JORNER.

On Ta fait boire , mon officier^ on l'a fait boire , et sa raison,..

FEDERIC , à part.

Sa raison ! je suis perdu !

WARNER

Je devrais...

LEHEMAN , sous le (er des soldats.

Tuez-moi » si vous voulez , tuez-moi , mais je ne soufïrirai pas que cet homme en impose.

FÉDÉRIC

Eh iifaposer! et le puis-je? n'a-^t-on pas lu ?

LÉHl^MAl!^.

Non , on n'a pas lu , et vous en êtes bien sûr.

FÉDÉRIC

Sûr ! comment ?

LIÊHEMAN. '

Oh! vous faites là rétonné, comme si vous ne saviez pas qi^ejes papiers...

FEPERIC.

Les papiers f ^

LÉHÉMAN.

Oui , oui , les papiers qul^ouvaient seuls vous faire reconnaître.

OP ÉRA^COM 1 Q13 E. Sg

FEDERIC

Eh bien ! ces papiers ?

LÉnSMAN.

Vous savez qulls ont M brûlés.

FEDERIC

Brûles !

LEHÉMAN.

Oui , oui , brûlés sans qu'il en reste aucun vestige.

FÉDÉRIC

Et par qui ?

LÉHÉMAN.

Par moi, et d'après vos ordres.

FEDERIC , à part.

Ah ! quel bonheur !

LÉHÉMAN , à roffîder.

Il est confondu ! ( A pan. ) Le voilà tranquille. (Haut ) Eh bien! Monsieur Tofficier, n'ai -je pas .b ien fait de parler ? . ,

WARNER

Oui y je te pardonne , mais tu sai^ ce que contenaient ces papiers.

( Un soldat arme apportant Tuniforme , et s*arréte sur TescaUer.) JORNER le voit^ et dit k Léhénian, bien bas.

On apporte son uniforme.

LEHEMAN , à part.

Dî^ix! ( Haut , au capitnîiïe. ) Oui , Ôui , VOUS aveZ

raison, et je vafis vous apprendre... je vais vous apprendre qui il est.

FEDERIC

Qui je suis.^

Sga. LEHÉMAN,

Oui , qui vous êtes : avec votre babat pauvre et commun, vous avez peut être espéré vous faire passer pour un simple soldat , mais la vérité , c'est que vous êtes un officier de la légion de Tekeli ; que vous en portez Tunifornie ; que vous l'avez laissé dans ma hutte ; qu'il y est encore ; qu'on peut l'y aller chercher . . .

LE SOLDAT

Le voilà , le voilà , on vient de. . .

LÉHÉM\N.

Vous le voyez ! un officier de la légion de Tekeli , et que l'on fera bien de n'échanger que contre quelque lieutenant d'un régiment de l'empereur. ( A Fedéric. ) Dîtes le Contraire , si vous Tpsez ?

FEDERIC y à part.

Quel service \ ( Haut , et fdgnani de la cdère. ) Me trahir ainsi, après m'avoir promis*!... ah! tu es un grand... un grand misérable !

LÉUEMÀN.

Tout ça , ce sont des mots , et l'on n'est pas

dupe ... . '

FEDÉRIC, . 1

Tu as fait là une action.., (D'une vpîx tendre.) une action !

LKUEMA K , jui faisant des signes poiir ^ulil ne ,fasse rien paraître.

. . Ah! j en ferai bien d'autres »>atteï|de^yQus-y»

( Regardant rofficior. ) quand le dcVoir^.. îi ; . > FiîDF.GIC, voulant ^'approclier de Lëhëman.

Qui mériterait. • .

OP É R A-COM IQU E. SgS

' LËHÉMAN , craignant que Fédéric Dé s% trahisse. * ^

Il me menace, je crois. ( A rofFicréi'.) Empêchez- 1^ donc de m 'approcher. » î.

Ne crains ri^çn. ( Aux soldats. ) Qu'on IVloigne.

LEHËMÀN, regardant Fédéric.

C est qu'avec certaines gcns^ il faut de là pirudence , des précautions. , .

FEDERIG y à part , en s'ëloignant.

Je l'entends ! j'allais m'oublier.

, WABNER y à Léhéman. ' j »

ïoi, viens à présent chez le commandai^t, lui répéter ce que tu nous as dit sur le compte du prisonnier.

LKHÉMAN, à part.

Voilà toujours du temps de gagné. ( liaut à Fédéric , qui lui fait des signes.) Ahî VOUS avcz bclfù me regarder arec fureur, je ne vous crains pas,: et nôusin(Ais reverrons... (Avec îniention.) oui, nous nous reyeL'rans'i «

FEDERIG , de méi^é'.

J'y. compte, va, j'y compte. /

Jorher , Sorbac f je vous confie le prisonnier : ne le laissez parler à personne , et ne. répondez à aucune de ses questions.

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