I.VCAS
Et r flageolet , Dessous l'ombrage.
EjNSËMBLE.
Et c'est comme ça'. — ^ Comme ça pourtapt , Qu' les jours passons. — Ben gentiment, rrr Ben doucement. \ — Ben tendrement ;
Pas vrai , not' homme "i .
r^ Pas vrai , no|' femme P — r Âssur^mept, Ah ! c^est charmant !
Ahl c'est charmant!
MADAME LUCAS
Pendant le petit voyage que je viens de faire chez mes parens » tu as reçu une lettre , tu as appris une nouvelle bien intéressante , et , à présent que not^ besogne est faite ^ tu vas me rai^onter tout ça , notre honamc.
LUCAS
Très volontiers , not' femme,
MADAME LUCAS
Ce qu'on nous avait dit s'est donc trouve vrai ! Le jeune Edmond , que tu aimes comme un frère, ce qui est très naturel , puisque ta pière l'a nourri , s'est -il en effet marié, malgré la défense de son oncle à qui il doit tout f
LUCAS.-
£h ! mon dieu , oui ; et voilà ce qui a fait tout le mal. Cet oncle , qui est un brave marin , riche et jeune encore, qui ne s est point marié par amitié pour son neveu , auquel il comptait laisser sa for-
tune, qui Tavait en conséquence fait élever à Paris avec tout le soin possible...
MADAME LUCAS
Et qui s'était même privé , pour cela , du plaisir de le garder avec lui...
LirCAS,
Qui, de plus, voulait lui faire épouser un jour la fille de son associé , un riche banquier de Bordeaux... mais v'ià-t-il pas que not' jeune homme a laissé le commerce , qu'il a épousé , malgré son oncle , une jeune demoiselle , bien née , bien élevée , à la bonne heure , mais qui ^e lui a rien apporté en mariage... M. Dubreuil , un peu brusque de son naturel , un marin , c'est tout simple , s'est fâché sérieusement : il a fait défendre à son neveu de se présenter jamais devant lui; et croyant qu'il oublierait tous ses chagrins en s'éloignant de tout ce qui pouvait les lui rappeler , il a résolu de vivre à la campagne : en conséquence , il m'a écrit de préparer ici tout pour le recevoir , il arrive aujourd'hui ou demain. Il me semble que tout cela est clair , et qu'il est bien le maître de venir s'ennuyer ici , si ça peut lui faire plaisir.
MADAME liUGAS.
Sans doute , mais , le cher enfant ! voir perdre ainsi une belle fortune , qui ne pouvait lui man-quer.
LUCAS
C'est sa faute , il ne fallait pas se marier sans Faveu de son oncle.
MADAME LUCAS
Dam! il a préféré ce qui le rendait heureux à ce qui aurait pu renrichir.
LUCAS
Une bonne terre, qui aurait été un jour à lui.
MADAME LUCAS
Une jolie femme , qui lui appartient déjà.
LUCAS
Avec ça , je Faime trop pour lui voir faire une pareille sottise sans m'en affliger... Il y a bien dix ans qu'il nous a quittés; et, si j 'avions osé aller le trouver à Paris, je lui aurais dit... Paix! jentends du bruit... serait-ce déjà not' maître ? ( 11 regarde par la fenêtre.) Non , ce n'est pas lui , c'est un jeune homme.
MADAME LUCAS
Un jeune homme ?
LUCAS
Oui, not' femme... si c'était... ah! si c'était. . . j'en mourrais de joie ! . . .
MADAME LUCAS
Et moi donc ! mais je ne sommes pas si heureux que de, le revoir encore, ce cher Edmond... Ne nous trompons-nous pas?... regarde bien, notre
homme, regarde bien. (Elle regarde par la fenêtre.)
LUCAS
Oh ! c'est lui , c'est lui , ma femme ! ouvre;» les t portes , et courons.