‹ Gulnare ou L'Esclave PersanneChapitre 187 sur 203 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

DUBREUIL

Enfin ! j'en suis quitte... voilà donc ce qu'on appelle la touchante réception d^un seigneur de village par ses fidèles vassaux... quel plaisir ! bon dieu ! et quel sëjour ! la terre est belle , d'un revenu considérable ! mais un château antique ! négligé ! immense !... et y vivre seul !... Un marin vivre seul , retiré dans un petit coin de terre , après avoir parcouru le monde !... C'est mon neveu qui est la cause du palti violent que j^ai pris ; sans sa désobéissance , sans le chagrin que m'a donné son imprudent mariage , jamais je n^aurais imaginé de venir me confiner dans un pareil endroit ; et lorsque je me retire ici pour me reposer de mes voyages , et y perdre d^importuns souvenirs , il a encore la hardiesse !....Que je suis heureux d^avoir été prévenu à temps de son pix>jet ! Ah ! ah ! mon cher neveu , et vous, sa céleste compagne , voyant que je désapprouve vos nœuds , que ma fortune vous échappe , vous prétendez , dit-on , sous un nom supposé, vousétabiir^ans mon voisinage, vous trouver sur ma route ,.coimne par hasard,

vous lier avec moi , m'intéresser, me séduire , et vous nommer après. Oh ! je vous attraperai bien ; je ne vous rencontrerai pas sur mon passage , car je ne sortirai pas du château ; vous ne yiendrez pas me visiter comme voisins, car j ^annoncerai que je né reçois personne ; vous en serez pour votre voyage et votre finesse ; je ne vous verrai pas ; je Tai dit , et , quand j^ai pris une résolution , rien ne peut m^en faire changer.

RONDEAU

Ah! je déteste les ingrats.

Je puis {casser une faiblesse $

Mais quand c'est le cœur que Ton blesse ,

Non! non! je ne pardonne pas.

Edmond est le fils de ma sœur, Et sa mémoire que j'honore Vient me parler en sa faveur.

Oui, je sens , au fond de mon cœur, Que je pourrais Taimer encore.

Non! je déteste, etc.

Que vient-il faire en ce village ?

Heureux époui ! heureux amant !

Qu'il reste en son heureux ménage^ Chacun a son amusement.

Il fait l'amour, et moi j'enrage«

Car je déteste, etc.

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