‹ Gulnare ou L'Esclave PersanneChapitre 188 sur 203 · DUBREUIL, EDMOND, CAROLINE · texte numérisé non relu

DUBREUIL, EDMOND, CAROLINE

EDMOND

Oui , not' maître , nous v'ià.

OPÉRA-COMIQUJ» 437

Je suis toute tremblante.

EDMOND, bas.

Je ne te reconnais pas là.

DUBREUIIi.

£h bien ! avancez , avancez donc.

EDMOND

Pardon , not' maître , si je venons si tard ; faut nous excuser ; j 'étions tout au bout du clos , et puis j'avons vQulu^ avant d' paraître, nous... vous entendais.

Ah ! une toilette ! un marin n^est pas difficile ; approchez.

EDMOND

Dam ! il est des occasions. Le concierge ^\ii\ château ! ^

Et sa femme !

DlTBflEUlI^

C'est juste , et je vous remercie de votre attention... au reste , cela voua va très bien , et la petite fenime surtout estt*.

BDMOND,

N'est-il pas vr^i qu'elle est bien jolie , et que , dans toutes les mers que vous avez parcourues , on n'en trouverait pas de pareilles ? ( Se remettant. ) C'est Tair de ce pays.

DUBHEUI^.

. Ah! c^eslvrair ? est-ce l'air aussi qui vous donne

43» EDtfONft Et X:AR0L!NE , -

ce maintien, vif, leste ,-^util?atat? vous ne touchez pas terre. * " i m ..» , ,

EDMCMilllr

Ah! rexercice...le trâvaii.. (Bâs.à€a*raiîne.>noiis sommes trop aimables , corrigeons - nous : Fair plus gauche. /

CyVROMîVS , bas.

Les, pieds bien en dedans.

• EDMOND , repre^nd le ,ton pajsan,

. Nous y voilà. , .

. • ti . ' ». «...

( Pendant ce temps, Dubreuil est allé s'asseoir contre le bureau.)

DUBa^UIL , «Mis

A présent , parlons du sujet qui m^^mjène ; mes enfans , vous savez pourquoi je suis venu me retirer dans ce château.

On nous en a dit quelque chose-

GAROCINE.

Et ça nous a bien chagrines.

dtjBreuïl.

Pourquoi? » . ,

CÂROEIKB'.

Parce que ce jeune homme e^l eottunè' qoi di^ rait not* frère , et que je^ÉDnâmes fâches qu'il ait eu le DMlh^ur de vow dé|ilaiiw

Mais c^étaît hieii saDQk!vQu|oiiTv toujours

DUBREUIL

Et qu'en sais-tu ?

EtnwôND.

\ c'est qpa^ jie /ogô dé son oneur parle mien.

GABiOUNK.

Ci moi, }fi répands au^ que...

DU$REUIL

Voilà de bons réppndans! faire un sot mariage!' Est-ce qu'il n'aime pas celle qu'il a e'pouse'e ?

CAROLINE

Est-ce que cç n'était pas une brave fille ?

EDMOND

Est-ce q[ue ce serait la fortune seule qui aurait pu le décider ?

DITBREIIIL.

Ta! ta! ta! qu'elle soit belle, sage, pauvre, vertueuse , tout cela est bon ; mais il fallait de plus qu'elle me convînt , qu'elle pût contribuer à mon bonheur, embellir mes derniers jours , quand j'aurais tout-à-fait renoncé à mes voyages, à mes campagnes ; et voilà ce à qqoi mon cher neveu n'a pas pensé un seul instant ; il prend une fille élevée à Paris , et Dieu sait comme on les y élève ! bien folle ! bien légère ! bien ridicule ;♦ lui , un étourdi , un fou , un exlravagant ; ils sont bien faits l'un pour Taulre.; et €'e»t i]in< |néo;^e tôut<-àfait bien assorti

Sarpédié , not' bourgeok ; comme vous dégoi-r sez ça... "'■•.•...•

Comm/e J0 lepeiisç \\en6fi^ tout çst àiu je me sui^ bronîJtlQ )9{vie6 Tnpp.^pcié^ j'ai 4onné au diable 1^ nevQi^> U' wièce, le «oïQ^ercç, j|^ vil^e, et jç.

44o EDMOND ET CAROLINE,

m'enterre îci : je n'ai pkis besoin de travailler, puisqu'il n'y a plus personne au monde à qui je yeuille laisser le fruit de mes économies.

CAROLINE

Ainsi , vlà not' pauvre frère...

DUBREUIL

Deshe'rité ! j'ai fait l'acte avant de partir.

EDMOND

Ma fine , au moins a présent , s* il vous témoigne de r^P^itié ^ vous saurez que ce n'est pas pour votre argent.

DUBREUIL

ypi|s croyez ça ? Eh bien ! il n'y renonce pas 2t pion argent, et pour vous le prouver, apprenez la démarche qu'il se prompt de faire aujourd'hui méjpie.

EDMOND , à part.

O ciel! ( Haut) Quelle démarche !

DUBREUIL

C'est le comble de l'audace !

EDMOND ET CAROLINE , à part.

Dieux !

DUBREUIL

Imagiriez... qu'ils sont ici tous deux.

Ils sont?

DUBREUIL

Oui, malgré la défense expresse que je leur ai faite de se présenter devant moi , ils sont partis de Paris avant-hier ; leur projet est de me voir, sans me laisser connsutre qui ils sont , de diercher à m'attendrir , de me tromper sous un faux nom.

OPÉRA-COMIQUE. Ui

Ah ! mon dieu ! mon dieu ! mon dieu !

EDMOND, à part.

Il sait tout ! ( Haut. ) Et vous dites quHls sont chez Vous !

DUBREUIL

Chez moi , non pas précisément ; ils n^ont pas été assez osés pour y venir tout de suite.

CAROLINE, bas.

\ Il y a encore de Tespoir !

Cela aurait été aussi par trop imprudent ; mais ils sont sûrement cachés dans quelque maison du village , et bientôt ils vous feront avertir de venir les trouver , afin de se concerter avec vous.

EDMOND

Eh bien ! nous refuserons d'y aller.

DUBREUlLi

Au contraire , vous y irez ; mais pour leur apprendre. que leur projet est découvert, et qu'ils peuvent s'en retourner tout comme ils sont venus.

EDMOND

Ah ! ils seront bien attrapés alors.

DUBREUIL

Je le crois, et j*en ris d'avance.

EDMOND

Et nous!... Mais s ils ne voulaient pas croire qu'un si bon oncle ait la rigueur... .

/ CAROLINE

S'ils osaient venir eux-m^es pour s'as3urcr...

44a EDMOND ET CAROiANÉ,

toUBREOTL.

Qu'ils s'en gardent bien ; car je Jute que s'ils s'avisaient d'entret* ici sftns ma permission , cette nouvelle offense...

EDMOND

Je suis sûr qu'Edmond n'osera pas se montrer devasit vous.

.DCJ]ftBE.UII«.

Ni sa femme , surtout ?

CAROLINE

Ni sa femme... Vous serez obéi.

BiURREUIL.

J'y compte , et me voilà tranquille.

CAROLINE , bas à Edmond.

Et nous sommes bien avancés!

•DUBREUlL.

A présent, dites-moi... Que préténdça-vôus faire pour me désennuyer dans ce triste séjour ?

EDMOND

D'abord, je vous mènerons voir vos fermes, qui sont belles et dans le naeilleur état

DIIRREUIL.

Tout cela aurait été pour lui.

EDMOND

Sans doute, mais à présent... Quant au jardin. v.

DIIRREUIL.

Il est en friche ; je l'ai vu.

EDMOND

Nous le travaillerons.

BUBREUIJU

fele^Vôus 'bien habiles ?

Mais sur ça, je dis... Monsieur s y connaît?

Pas beauciiiHip^.. YiMs £iii]ii»ceire2i<{u^im marin ! Je n'y entends rien da tout.

Oui? En te tvi^ la tous sei^èfe ft^né de la be-

/jl ■ <4 r • t 1 lia'

sogne (Jue rious ferons.'

\ DiT:ëftEtiï;. .

Tant mieux... Et Je soir,, comirient passerai -je mon temps ?

i* ■ lÎ •> .'IMT. «Jî-P»'

Le soir, nous vous i;aeûBÉUefiofl6 tlès aventures du canton. . : » ^i • •

Quelque chanson , g;aie tiu>5«trfefee; 4uivant le

goût de Mônsîeui*. '

EteMON»:

Si vous èîi désirez , je vais voué éil ftiàriter une...

Ça ne nous emban*as$erà ipas du tout.

CAftOMNE. • *^

J'en serons aussi, no£ fi6jïiitie.

EDMOND

Oui, femme., t.u. diras tiji^tCQ^plet.

Il y en a plus d'un? • ' ' 3^? 5 '

^eux , m plus ni n;ioins, si vous. le permettez ; il faut le commencement et la fin», : * i

Va pour les deux coupleto; >je»mîè résigne.

ià EDMONb ET CAROLINE,

CHANSON

Nice , Alain , iàns notre village , f S'aîmàient àès leorà plus jëun«$ âné ;

Nice n'avait rien en partage ; .

Alain avait de rich' parens. .N'écouUnt que leur viv' tendresse.

Ils s'unir' par les plus doux nœuds.

Le pèr* d' Alaip les chass' tous deux ; Mais tous deux répétaient sans cesse t Il devrait bien liôiis pardonner, Car , lorsqu'arrive la vieillesse, On a besoin d' s^eiiVirônner Et de tendresse ; Et de caresse^

. ( Us répètent le refrain en diio.)

,1 .f Être entolirô d^ sas enfans .

la port' bonheur , on vit long-femps; jtre chéri de ses enfaas , Ça port' bonheur, on vit long-temps;

Par une affreuse -^aUdie Le pèr' voit ses jours menacés ; Pour étr' servi taudra qu'il s'fie A des valets intéressés...

I)ans la doiilèbf qtii les oppresse , Nice, Alain, tï'ôsaîefit|to entrei*, Le per' alors s'met à pleurer Et dit : venes^ ; j'éprouv' sans cesse , J'éprouv' le besoin de pardonner; Car, dans nos maux , dans not' vieilleàsë ^ Il est si doux d' s'énvir<iniier Et de tendresse i • Et de caresse !

••Tt

Élre soigné par ses enfans

Ça port^ bonheur , on '^'it long-temps.

DtjiREUIL.

Elle n^est pas mal ^ votre chanson ; mai^ , tenez ^ je suis aussi fin que Vous... Vous ne me l'avez pas fait entendre sans dessein. Vous avez voulu parler pour vos protégés... Je vous le passe , n'y revenez plus... Le père d* Alain était bonhoinnie ; moi, je n'aurais pas fait comme lui , je n'aurais pas pardonné.

£DMON]>.

Dam ! chacun a son idée , c*est la vôtre ! Le père d'Alain était apparemment pltis dément.

DUBREtlL*

Ou plus faible! Slais l'heure s'avance , et pertonne de leur part.«.]M['autait-on trompé ?

EDMOND

Us ont peut-être renoncé à. leur projet.

DUBBXIIIJU

Renoujcé!... Ça prouverait qu'ils y tenaient bien peu... Des gens qui prétendaient me fléchir, me plaire !

CAROUNE.

Vous avez raison, ils n'y auront pas renoncé.

DUBREUIL

Cependant , vous voyez qu'on n'entend pas parler d^eux.

ÈDMoKn.

Eh bien ! môî ^ j*ons dans Fidee ; 41 me semblerait quelquefois qile vous voudriez qu'ils vinssent...

Que vous ne seriez pas trop fôché s'ils osaient..

BUBREUIL.

Je n'aime pas les question&

EDMOND

C'est que , si on savait deviner , voyez^vous. . . on pourrait vous dire , ou ne p^s vous dire. . .

DUBREUIL

Me dire^.. Quoi? que. signifie?.,, vous savez quelque chose.M Oui , vous lé aa^Qz ; il sont venus; je veux en être in&truit... je le veu?»

EDMOND

Vous le voulez? efatjbrien! oui, ils sont venus... Ah ! ils* oot eu cette hardîiesse ! . .

Page 1