D£LY
Eh bien , si dès Tenfance accoutu^né & me voir, à m^entendre, a m'aiixier, ayant éclairé mon esprit , développé mon .coeur... si étant à la fois Fauteur de mçs talens, dé mes vertus, les dépenses de mon éduçatian , le soin de ma félicité , T^nviç de /ifitisf aire mémo mjes caprices, avaient dérangé ,
52 GULNARE
anéanti ta fortune. . . qu'à cjb malheur il s en joignît un plus grand encore , là prison d'un père chëri , qui , faute d'une somme à laquelle il est condamné, va périr dans les fers... et qu'enfin m'adorant et sûr de mériter mon cœur , le moment arrivât de me voir passer dans les bras d'un autre... d'un autre qui réunit tout pour plaire... Parle , Dély , que ferais-tu ?
DÉLY.
Ce tableau?...
GULNARE
J'en appelle à ta sincérité , que ferais tu? réponds moi , réponds de grâce , réponds...
DÉLY.
Je mourrais de rage et de jalousie.
GULNARE 9 yiyement, montrant Osmin.
Tu viensde prononcer l'arrêt de ce malheureux,
DÉLY.
Comment!
GUIJïARE 9 le montrant toujours. Osmîn témoigne son envie d'entendre ce qu'elle dit de lui.
Celui que «tu crois un marchand , celui qui se désole maintenant et qui m'accuse d'ingratitude... c'est mon ami , mon amant , mon bienfaiteur... c'est à lui que je dois tout ce que je vaux. Il lui fallait cinq cents séquins pour sauver son père , je lui restais seule. « Vends-moi , lui ai-je dit. Que » je sois une fois dans ma vie utile à celui qui a » tout fait pour moi !... » U résistait ; au nom de son père , je Vy ai forcé... ma confiance était toute dans l'amour et dans le ciel qui connaissait mon
cœur ; je me suis dit : dans cette grande ville il se trouvera peut-être un homme sensible et délicat... il semblait que je te devinasse « ô Dély... Ibrahim a paru : j'ai frémi, Tavarice et la dureté étaient peintes sur son visage... je t'ai vu ; Tespérance a lui dans mon cœur... c'est à toi maintenant de m^apprendre si c'est à tort que j'ai osé compter sur toi. .
DIELY.
Ah! Gulnare! qu'exiges-tu?
GULNARE
Je n'ai rien à exiger... je supplie !... ce n'est point à moi de te prescrire les bornes d'une belle action , ni la manière dont tu pourras l'exécuter ; je t'en laisse tout l'honneur... Tu balances , Dély, tu balances! tu ne réponds rien!... ah! je le vois, je me suis trompée.
BÉLY, troublé et combattu.
Renoncer à te voir , à t'aimer , à ces preuves si tendres de Tamour !...
GULNARE
Te flatteraient-elles, si elles n'étaient que le prix du devoir et de l'obéissance ?
DIÉLY.
Peut-être le temps !
GULNARE
Il n'y a point de temps pour moi ; Gulnare ne peut vivre , ni ingrate , ni inconstante... infidèle aujourd'hui, je meurs demain, et Osmin est , vengé.
54 GULNARE
DÉLY.
A ce point tu Taimes ?
GULNARE
Je te Taî dît ; mon cœur vaut mieux que ma figure.
PÊLY y en pleurs.
Gulnare ! * •
GULNARE^ ^ les ipaîns jointes.
Dély j je t'en co|i)u(r«. . ^
Elle; p\euf£ , comme si elle n^était pas a9sez {;)eUe ! . taitfw V ve|-tu$„ lannes, le çiçl ne t'a refusé aucun des moyeiis de seduirç^- Joui^ de mon diése^poilT^
GULNARE
Non , mais de ta générosité , mon bienfaiteur , inon ami ! . . .
DELY 9 8*éIoîgnant.
Ton ami ! cruelle!.., ce n^est pas à moi que ce nom appartient.
GULNARE y le siÛTant
Tu seras toujours cher à Gulnare , je te le jure
sur cette main... (Elle s'incUne sur la maîn qu*elle mouille de larmes. )
OSMIN f furieux , et échappant à ceux qui fe gardaient.
C'en est trop!... ne la crois pas,. Dély... Apprends que cette femme , adroite , ingrate , insensible ...
BIÎLY.
Tu l'accuses! tombe plutôt à ses genoux...
OPÈRA-GOMIQUE. 5?
Gomment P
Tombesry , te ^î^-je^T mortel trop fortusë { '
, . GUI^AEE.
Et surtoiit trop iii^te !
Moi, poiive«**roiis ?... expllqùe-tqri , expliquez^ TOUS tous deux.