‹ Gulnare ou L'Esclave PersanneChapitre 21 sur 203 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

LES PRÉCÉDENS , excepte IBRAHIM.

D£LT, regardant Osmin.

Mais enfin, pourquoi cet homme?... Je ne cherche point à pënctrer le sentiment qui l'agite , mais j'ai offert douze cents sequins, qu'on les lui donne.

OSMIN , sans écouter.

Tout semble tourner contre moil

SEID 9 à Osmin en lui montrant la bourse.

En vérité , vous êtes trop heureux !

GULNARE

Dély, je te remercie ; )e te Tavouerai j'étais honteuse de valoir si peu à celui à qui j'ai coûté si cher.

DÉLY.

. Son opiniâtreté !

Ta générosité à triomphé de tout, elle m'encourage même à attendre de nouveaux bienfaits.

DELT.

Toi! que peux-tu désirer? as-tu quelque demande à me faire ?

GULNARE

Une bien importante... puisque mon bonheur exi dépend.

DÉLY.

Ton bonheur! ah! Gulmare! pourquoi as- tu retardé jusqu'à présent le plaisir que j'aurais eu à te l'accorder?

GULNARE , baissant la yoîx et regardant autour d*elle.

J'oserai donc!... ah ! je tremble...

DELT y croyant qu'*elle veut être seule.

Sortez tous.

GULNARE

Il suffît , si vous le permettez , qu'ils ne puissent pas nous entendre.

BSLY.

Ordonne , je consens à tout.

Omar , Seid. ( ils s'approchent. )

Gourons délivrer mon père , et terminer après mon horrible destinée.

GULNARE , bas à Omar et à Seid.

Retenez-le , et veillez sur lui.

DÉLY*

Tu asTair de plaindre cet homme ; ne le trouves tu pas assez payé des bons procédés quUl peut avoir eus pour toi ?

GULNABE.

On ne pèche jamais par trop de reconnaissance ; cette façon de penser doit te plaire dans celle qui t*a déjà des obligations , et qui va peut être en contracter de nouvelles.

DÉLY.

Ah ! c^est moi seul qui«..

GUI2ÏAAE.

Ecoute Dély , je sais que tu passe pour le perss^ le plus noble et le plus généreux...

60 GULNARE

D££Y, très ému.

Ajoute le plus sensible. CVst aujourd%ui sur?tout que je suis en droit de te rassurer^

GULNA.RE, Tlvemen^

Sensible! Ah! queleciel^..

DÉLY.

Tu en doutes?

GULNARE

Non , non , j'ai trop d'intérêt à le croire ; écoute donc , je t'appartiens , c'est-à-dire ma personne... mais mon cœur est à moi... il ne dépend que de moi 5eule , et il n'est point de pouvoir qui m'empêche d'en disposer,

DÉLY y avec sentiment.

Je le sais ; c'est un bien qu'il faut mériter et non pas ravir. (Arec tendresse.) Peut-être que Dély.j.

GUIliNAREf

Tout doit te le faire penser,

DÉLY.

£h bien ?...

GULNARE

Je ne dois pas tromper celui qui en agit si nor blement avec moi.

DELY,

Tu n'en serais pas capable.

GULNARE

Non: apprends donc, Dély , que C€ coeur, mon seul bien , ce cœur qui mérite ton estime , ce cœur enfin que tu pénètres de respect et d'admiration.,, est donné depuis long-tems et ne peux t'appartenir.

OPÉRA-COMIQUE. 5i

DIELY.

Qu'oses-tu dire ?

GDLNARE.

Pardonne ma franchise , je te la doispour prix de tesyertus... j'aime,., et puisque tu ne peux me faîre changer, juge de la passion qui maîtrise mon cœur.

Etpourquoi as-tu voulu employer tous les prestiges de la séduction ?

GULNARE

Us étaient nécessaires... Un mot va t'expliquer ma conduite.., et ce qui vaut mieux, la justifier,

PÉLY.

Jamais.

GULNARE

Daignes m^entendre ., La vue de mes faibles at* traits a su t^enflammer ; quelques uns de mes talens t'ont séduit ; nion esprit a captivé le tien. Tu ne me connais que depuis un instant , et cependant , conviens-en , Dély , le montient où tu as pensé me perdre t*a semblé af^riçux à supportejr.

DÉLY.

Je l'avoue.

Page 1