SCÈNE XVl
> LES PRÉCÉDENS, LE DOCTEUR ÈALOtFARl).
B AIX)U ARD 9 à part » afBîgé , rêvant et regardant la maison de
Pandolphe.
Que devenir?... où aller?... On dtne, et 99ns moi! Oh! inconstante fortune!... Au fait, je me suis effrayé trop yite... Oui* oui, tâchons de réparer. '( Il va pour entrer. )
rrSANDRE , s'approchant.
Alte-lâ , docteur : où allez-vous?
BALOITARD, effrayé, et rectilanl.
Monsieur, je vous prie.^. ^e suis un philosophe dans rinfortune... Monteur, ce n'est (>as ma faute si votre oncle exigeait tantôt... que i'accepia^ sa nièce et son bien... C'était, depuis dix ans, le premier cadeau qu il m'avait fait ; mais,. si favaâs cru vous fâcher ...
LTSANDRE.
Je ne «me fâche jamais , et qu^n^ je casse les bras et les jambes à quelqu'un , c'est tf>U}opi:$ jfrec un flegme... une réflexion.*. Je marquerais la place où je veux toucher.
BALOUARD. . /
Monsieur , je n'en doute past . *
lysandrï:.
Le barbare Pandolphe ! me désKériter» me cha^ ser , passe ; mais mon lûentor, mon génie , le mettre dehors , et sans dîner !
BALOUARD.
Hélas !
Il f^ut réparer son injustice , docteur; nous né sommes pas mieux traités que vous ; unissons nos malheurs , et noyons-les dans le vîn.
BALOUARD.
Dans le vin ?
SCAPIN
Oui : vous voyez... notre cantine est as^z bien garnie ; Monsieur vous invite. ( Bas , à Lysandre. ) Empêchez-le de s'en aller.
BALOUARD^
Mais, puis*je?... je crains. . .
LYSANDRE
Craindre! qu'est-ce que ce mot- là, docteur?
douteriez-vous de ma bonne-foi? Morbleu, si je le
savais! (Tirant son épëe à moitié , puis d*un ton carréssant) J aimerais mieux vous voir mort qu'ingrat , au moins.
BALOUARD.
Vous êtes trop bon !
LYSANDRE, lui tendant la main.
Touchez là. ''
BALOUARD , liésitant.
Monsieur ... . . » ' ' .
LYSANDRE , d^une voix menaçante.
Touchez-là , vous, dis-je. «
OPERA-COMIQUE. aaS
BALOUARD.
Vous me serrez la main.
LYSANDRE
Comme je vous aime : jugez , monsieur le docteur!... Asseyez-vous, mon cher ami.
BALOUARD , s'asseyant bien vite. On lui met une serviette au cou.
Asseyez... Me voilà assis, Monsieur ; eh quoi! vous daignez . . .
LYSANDRE
. Oui , je dois vous servir, vous servir à genoux, si je m'en croyais. II y a tel faquin dans le monde à qui je ne donnerais que des coups de canne ; mais vous !... ( Il lui frappe sur Tépaule. ) Ah ! je sais distinguer les gens. Seapin , coupe ses monceaux ; prouve-moi ton zèle. De la croûte de pâté , iporbleu ! donne-lui de la croûte !
'BAIX)UABD , la bouche pleine.
Attendez, attendez.
LYSANDRE
Qu'est-ce que j'entends P (A Seapin. )Tiens, tu vois bien, c'est qu'il a soif... Emplis son verre.
BALOUABD, la bouche pleine.
Je viens de boire . . . '
LYSANDhE , /f uâe voix menaçante.
Monsieur le docteur. (Gaiement.) je suis sûr que vous l'accepterez de ma main. '
BAUOITÀBD.
Oui , oui. Otif ! bufl! mes bons èrifans! mais, grâce !... j'étouffe.
' LYSASpRE.
Causoni^.à présent. Et toi , Seapin , aie toujours
a36 L'IRATO,
Tœil sur Tami de mon cœur i devine quand il aura faim y devine quand il aura soif, et faîs-le boire et manger avant même qu'il en ait envie.
SCAPI^ j lui servant à boire.
Comptez sur moi.
BAIX)UARD.
Vous' êtes un peu singuliers!... mais au fond je vous crois de bons vivans. . . Parbleu ! le vin me met en gaieté. Morbleu! oui, le diable m'emporte si... Gela ne vous scandalise pas, mon pupille!
LYSANDRE
Non , mon mentor.
BAIiOUARD.
C*est que le bon vîm.. Vous croyez peut-être, à cause de mon habit... A présent que vous en savez autant que moi , je puis vous confier cela. Lorsque vous étiez bien jeune, je vous disais toujours que le vin... que Tamoun... que les femmes... Je n'en croyais rien au moins.
^ LTSANDBE.
Ni moi non plus , allez.
BALOjUARQ.
Ma foi ! c'est qu'il n'y a cfue cela , mon ami , les femmes et le vin.
SGAPJN.
£h bien donc! im coup dç vii^ en Thonneur des femmes.
Ah ! deux plutôt.
( Ik boivent )
RONDEAU
Femme jolie et du bon vin , Voilà les vraift biens ie la vie.
Si je pouvais , au gré de mon envie , Régler les arrêts du destin , Oui , je voudrais ^ soir et matin , Yider o» fiacen de bon viji, Auprès da femme bien jolie.
( On répète. ) SCAPIN.
Vous n'êtes pas dégoûté, mon cher^mi!
BALOUARO.
Quand on est yèmie , on désire , on adore ; Mais quand on est sur le retouc, Si l'on ne peut faire Tamour j Tout du moins on peut boire encore , £t dire chaque jour :
EN trio:
Femme jolie et du bon vin , etc.
BALOUARD , les wKres repaient après lui.
Quand je fais sauler un bouchon , • Quand je vois petit pied mignon , Je souris , mon âme est contente ; Mais si par hasard courtjupon , Agité par un vent fripon , Laisse entrevoir jambe charmante , Ah! ah! je rajeunis comme Eson ; Je aensw.» •
' LES AUTRES
Il sent !
« 1 BALOUARD.
/'y J'éprouve....
g \ LES AUTRES.
M J II éprouve]
BALOUARD.
Je chante.
SCAPIN, LTSAIIDRE.
Il se Tante !