RAÏ7Ç0IS
C'est si doux quand on peut lui plaire !" Un sourire , un mot gracieux ^ Voilà notre premier salaire.
GERMAIN
Et c^est celui que l'on aime le mieux.
ENSEMBLE
Oui , c'est celui que Ton aime le mieux; -,
FRANÇOIS
Monsieur Dormeuil est si bon mahre l
GERMAIN
De nous faire du bien il est toujours pressé.
FRANÇOIS
Mais si son cœur est offensé y 11 est vif comme le salpêtre.
; ' i G£RMAIN.
Et ce coeur trop sensible est aisément blessé.
FRANÇOIS
Oui,' v'ià Fmàl ; mais dans Finstant même
Qu'il paraît le plus irrité , Un regard caressant , un mot plein de bonté ^ Yous prouvent combien il vous ainie.^
,,. ENSEMBLE
Dans notre état qu'on est l^eureux , etc..
FRANÇOIS
N'écoutant que sa bienfaisance , lia trouvé plus ^uninjgrat. ' • '
Il «^
OPÉRA^OMIQUE. a^i
GERMMN.
Au lieu de faire un vain éclat Pour se venger.... il recommence.
FRA19ÇOIS
Il est singulier.
On le dit.
FRANÇOIS
Mais généreux !
GERMAIN
L'âme si bonne!
Il est fort gai.
GERMAIN
Souvent il rit.
FRANÇOIS
Et c'est surtout quand il nous donne !
ENSEMBLK
Dans notre état qu'on est heureux , etc.
FRANÇOIS
Vous n'avez pas* d'idée comme dans tout ce quartier on se rejouit du mariage de M. Léonce.
GERMAIN
Je le crois , tout le monde Taime.
FRANÇOIS
Presqu'autant que son père... qui ne Test pas pourtant ! mais c'est tout comme ! Il faut convenir aussi qu'il a été bien heureux, ce M. Léonce^ d'avoir été adopté par un brave homme, qui en outre est bien riche , ce qui ne gât^ rien. Si j'avais eu ^a bonheur , moi , qui $uis un pauvre orphelin , j'aurai3 pu trouver comme ça quelqu'un qui m'aurait... Au fait, je conviens que M. Léonce
2i2 LÉONCE,
le mérite... Oui , le sort a eu raison ; il sera le maître, moi, le valet, et je n'en serai pas plus fâche pour cela.
Ma foi , tu fais bie^ ûe prendre ton parti.
TTRANÇOIS.
, Pas vrai ?... Et tenez, de ce pas je vais voir s'il n'a pas quelqu'ordre à me donner... (Reyenant.) Ah! dites-moi, monsieur Germain, resterai -je toute la journe'e en veste, ou si je mettrai mon petit habit neuf?
GERMAIN
Comme tu voudras.
FRANÇOIS
C'est pour savoir si à la fête je serai le jockey ou le doinestique , parpe qu'alors on s'arrange . . .
GERMAIN
Va, François, sous quelqu'habit que tu paraisses, si tu es honnête , zélé , fidèle, tu seras toujours bien vu de tes maîtes, mon garçon ; ici l'on ne regarde pas à l'habit.
FRANÇOIS
Eh bien! malgré ça, je mettrai toujours mon petit habit neuf, c'est le plus jolî. Adieu, Monsieur Germain ; je vous aîitié bien mieux que tous lés autres domestiques , parce que les autres , voyez-vous , ils se moquent de moi , et puis encore quelquefois ils me... ( H faîi geste de rosser:) Mais vousl vous avez toujours quelque chose d'honnête & dire , et vous ne tapez jamais. Au revoir , monttèur Germain.
OPÉRA- COMIQUE. a^S