‹ Gusman le brave drame en cinq actes et en versChapitre 19 sur 94 · ALIATAR, L’INFANT, DON LUIS · texte numérisé non relu

ALIATAR, L’INFANT, DON LUIS

DON CARLOS, DON LOPE, DON DIÈGUE, Seigneurs, Dames et Gardes.

LE ROI ) à Aliatar.

Chevalier more.

Moi le roi , moi don Sanche, à qui Dieu daigne encore Rendre dans sa bonté Tarifa, je consens A la trêve, laissons reposer les croissants ,

Les lances et les dards ; donnons la sépulture Aux morts; nous avons fait une guerre assez dure;

On ne reconnaît plus la couleur des drapeaux.

Tous les fers sont brisés, il nous faut du repos A tous deux; une trêve est bonne, je l’avoue;

Mais comme les émirs, à Grenade, à Cordoue, S’obstinent à garder mes deux plus beaux fleurons, Après notre repos nous recommencerons.

ALIATÀR.

J’accepte tes présents, la trêve et puis la guerre.

Cinq siècles nous ont faits les rois de cette terre;

Ces deux nobles cités avec leurs monuments Naquirent sous la main de nos rois musulmans ,

Et nous les défendrons, oui, contre vos armées, Comme un père défend scs filles bien-aimées,

Même contre Gusman , celui qui triompha Sans ton royal secours, aux murs de Tarifa!

LE noi.

A part.

Toujours Gusman!...

A Aliaiar.

C’est bien , la trêve est accordée.

ALIATAB.

Et courte; nous avons tous deux la même idée;

Oui, la guerre vaut mieux, comme toi je le sens;

Et je m’en réjouis, en soldat; je descends

De Mohammed, calife honoré dans l’histoire;

Quand il s’en revenait après une victoire Remportée à Cordoue, en combattant les tiens.

Sur nos marbres couverts des étendards chrétiens.

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