ACTE II
Je le sauve!
GUSMAN
Non, madame;
DONA MARIA
L’ameur qui brûle dans son âmo, Le connaissez-vous?
GÜSMAN.
Non , je connais son devoir.
DONA SI ARIA, k l'infant.
Un seul mot nous rendra la paix, vous allez voir...
A Ousman. *
Tu l’aimes, notre fils?... Sa souffrance te touche? Èh bien 1 chacun des mots qui tombent de ta bouche Est un coup'de poignard au cœur de cet enfant!
Il aime dona Sol , la fille do l’infant.
GUSMAN
Ah ! voilà donc le piège ! Elle était bien ourijie,
La trame de l’amour et do la perfidie!
Voilà l’infant! Tout sert, tout est bon, je le sais.
Si , malgré le moyen , le but est le succès !
A son charme infernal un jeune homme se fie En aveugle, et l’infant veut qu’on lui sacrifie L’honneur; et, comme prix de ce pacte infamant. D’un mirage d’amour il éblouit l’amant !
A don Pèdrt.
Il faut choisir, mon fils; un sujet n’a qu’un maitre. Choisis donc tout de suite entre nous et ce traître. Le croissant de Médine et la croix du saint lieu,
La Bible et le Coran , un faux prophète et Dieu !
Si la fidélité de ton cœur est bannie.
Chevalie^éloyal, souillé de félonie,
Gîtte main te réserve à de mortels affronts,
Et, comme ton honneur, brise tes éperons I
DONA UAniA.
II est donc dos vertus qui ressemblent aux crimes? Dans ta maison , Gusroan , tu feras doux victimes,
Ton fils et moil Pour qui? pour un ingrat...
DON PÈDRE
Oh! non.
Ma mère ; entre l’amour et l’honneur do mon nom ,
Je ne balanèe point.
GUSMAN
A l'infiDt.
Bien, mon fils ! Ces paroles Détruisent à l’instant vos espérances folles ;
Partez vite! déjà, devant cette maison,
S’est répandu le bruit de votre trahison...