ACTE III
Je no l’ai pas cotnpriso A l’instant!... Que je ren(Jo Tarifa ! moi , Gusman ! Jamais , sous le soleil , ün homme n’enlendit un outrage pareil ! •
ALIATAR.
Réfléchis...
Réfléchir, quand tu rao déshonores!
DON, PÈ0RE
Aliatar, suis-moi , retournons chez les îîores 1
ALIATAR.
Vainqueur de Tarifa , t’en souviens-tu? Ton roi , Dans sa cour, fut bien moins magnanime pour toi.
GUSMAN
On ne discute pas laToyauté! Personne Ne m’apprend mon devoir; malheur à qui raisonne Avec sa conscience en un péril pressant!
On no raisonne pas sur l’honneur, on le sent!
Je garde celle ville au nom du roi mon maître ,
Et c’est à lui , lui seul , que je dois la remettre. Aliatar, j’ai foi dans ta noble vertu :
A ma place , voyons, dis-moi, que ferais-tu? ’ '
ALIATAR, avec embarras.
Moi 1... laissons...
GUSMAN
'Ta rougeur répare ton offense...
D O M P SD RE,* roulant entraîner Aliatar.
C’est trop tarder.
ALIATAR. . '
Gusman , la plus belle défense
Ne sauve pas les murs au moment désastreux ,
Si l’Afrique a lancé tout un peuple contre eux.
Ce n’est rien; mais, attends les prochaines aurores, Gusman , et tu verras sous les navires mores ,
Tu verras l’Océan disparaître et vomir Tous les lions d’Afrique aux tentes de l’émir !
Car il faut que l’Espagne enTin nous appartienne ; Alors , toi , le dernier do la race chrétienne ,
Tu verras, sans pouvoir secourir ton enfant.
Ces remparts abattus... ,
GUSMAN, l'inlorrompant riTcmcnt.
Et l’honneur triomphant I
- ALIATAR.
Gusman,... un dernier mot,... qup celui-là t’éclaire: ^ L’émir, à ton refus , rugira de colère ,
Et je crains tout alors,... tout;... car à son côté Parle une voix terrible,... un -prince redouté,... L’infant de Castille!...
GUSMAN
Oui , voilà comme le trqitrè Lui-même se trahit. J’aurais dû reconnaître Son souffle de démon dans ce pacte odieux!
L’émir, justifié, se relève à mes yeux.
Écrivons à l’émir 1... Oui, ‘sans doute , son âme Se révolte déjà contre une chose infâme Qu’il n’eùt pas faite seul ! Je lui dirai que moi ,
Moi , Gusman le chrétien , j’ai défendu son roi Sur la terre d’Afrique, où nos armes fidèles,
Dans les jours de péril , écrasaient les rebelles.
Si la vérité ment , si la raison à tort.