‹ Gusman le brave drame en cinq actes et en versChapitre 66 sur 94 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ALIATAR, JOSÉ, puis DON RAFAEL.

JOSÉ

Par un page elle sera guidée Jusqu’ici. . .

ALIATAR.

‘ C’est très-bien

JOSÉ

Toujours secrètement.

ALIATAR.

Et tu l’introduiras quand viendra le moment.'

GUSMAN LE HUAVE.

JOSÉ

Mais quel est ton dessein ?

AtlATAB.

Tu le sauras

JOSÉ

N’imporlo!

Moi , j’ai le mien aussi . . . L’histoire nous rapporte Un fait qui me revient en mémoire. Un beau jour, Compostelle fut prise, et l’Émir Al-Manzour Le vainqueur, emporta les cloches des églises,

A Cordoue. . . Eh! bien ! donc, quand elles furent mises Dans la grande mosquée, un fait plus étonnant Arriva ; l’autre roi, le saint roi Ferdinand, Inclinons-nous devant sa mémoire immortelle.

Plaignant les clochers veufs , partit de Compostelle Et nous fit rapporter pour nos amusements ,

Les cloches sur le dos des captifs musulmans.

Bien ! Emmenez don Pèdre à votre camp sur l’heure;

Il a juré. . . mais moi , je ne veux pas qu’il meure;

Moi , je n’ai rien juré ; moi je n’ai rien promis ;

Je connais le chemin du camp des ennemis ,

Je craips l’oisiveté, mes mains sont toujours prêtes A labourer des chairs , à fracasser des têtes ;

J’ai des amjs qui n’ont jamais fait de serments.

Nous suivrons tous don Pèdre, et sur les musulmans Nous tombons comme un vol de tigres en cuirasse ,

Et nous exterminons l’infant, l’émir, sa race ,

Tout! Et don Pèdre pris et repris, nous rentrons,

Ne laissant que néant et mort aux environs ;

Et si l’on veut savoir qui , dans cette journée.

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