SCÈNE VIII. GUSMAN, DON PÊDRE
(fUSMAN) k son fils.
Approche donc. Pourquoi Dans un moment pareil t’éloignes tu de moi , Lorsque tu vas partir, et lorsque ton oreille Doit s’Ôuvrir de plus près à la voix qui conseille?
DON PKDRE.
Mon père...
GUSMAN
Donne-moi ta main... Oh ! je la sens Trembler; mon fils! je vois le^rouble dans tes sens
La pâleur de ton front!... Qii’est-elle devenue Cette vertu guerrière autrefois si connue?
Une barre de jionte a flétri mon blason!
La peur, l’infàme peur entre dans ma maison!
DON PÈDIVE.
Un lâche! voire fds!... Un instant de faiblesse M’est bien permis ; voilà ma mère que je laisse Dans les pleurs.
J’ai compris! Tu viens en ce moment, Par ta mère vaincu , de trahir ton serment !
Une mère est bien forte, oui, lorsqu’elle s’adresse A son fils , dans l’élan de toute sa tendresse ,
Je le sais... Mais, dis-moi , te serait-il jiermis,
Dans un combat, de fuir devant les ennemis ,
Si sur le champ de moi l par sa douleur conduite Ta mère lâchement te conseillait la fuite?
Tu te tais! Tu réponds, car tes nobles instincts Affaiblis un moment no sont jamais éteints !
Le pied a chancelé, non le cœur. Tu dois être Fidèle à ton devoir sacré , comme le prêtre A son autel , et rien ne doit être écouté Dans les profanes bruits perdus à ton côté.
L’honneur, vois-tu, c’est Dieu ! S’il parle, on fait silence. On obéit... Mon fils, j’ai mis dans la balance.
D’un côté, mon amour pour loi , ta mère en pleUrs , Succombant sous le poids de trop justes douleurs;
Ton sang qui va couler de mes veines ouvertes ,
Enfin , tout ce qu’un jour va me coûter de pertes;
De l’autre, la patrie ! inexoçable voix.
Tes aïeux rayonnant des vertus d’autrefois ;