AVANT-PROPOS VII
ébauches ou des notes inédites de Flaubert Va prouvé une fois de plus.
Désormais, il ne sera plus permis de croire, même au lecteur le plus malveillant, qu'il écrivait péniblement , qu'il n'a jamais connu la joie du travail abondant et facile. Nous savons, au contraire, que sa facilité était extrême : il n'est que de lire, pour s'en convaincre, la première Tentation de saint Antoine et la pjremièi^e Éducation sentimentale. Le jet lyrique, chez lui, était, à V origine, d'une puissance et d'une largeur merveilleuses. S'il faut le blâmer, c'est d'avoir volontairement contrarié ses dons naturels.
Et il ne sera plus davantage permis de croire qu'il était foncièrement un réaliste, — que Salammbô et la Tentation ne sont que les erreurs d'un romantique impénitent. Le génie de Flaubert, comme celui de Balzac, atteint de lui-même à ces hauteurs où les distinctions entre le réalisme et l'idéalisme ne sont que de vains mots.
Si, aujourd'hui, nous le connaissons mieux, j'oserai dire enfin que j'y suis peut-être pour quelque chose. C'est depuis que f ai publié la Tentation de saint Antoine (version de 1856) et que j'ai montré l'intérêt littéraire de cette œuvre de
VIII AVANT-PRDFOS
jeunesse^ que les publications inédites de Flaubert se sont multipliées. Je n'ambitionne nullement les lauriers d'un bon éditeur. Mais fai considéré comme une pieuse obligation envers la mémoire de Flaubert de m'occuper de ses papiers. C'était sans doute m' acquitter bien faiblement de tout ce que Je lui dois. Je tiens seulement à ce que l'on sache que, dans la mesure ou je l'ai pu, j'ai payé ma dette.