LA SOCIÈTÉ DE GÉOGRAPHIE SON APPEL AU PUBLIC
Depuis les voyages de Barenlz , d'Hudson et de Balfin, vers le commencement du xvne siècle, de vains et nombreux efforts ont été tentés pour parvenir jusqu'au pôle nord.
Dans la première moitié de notre siècle, ces efforts ont redoublé d'énergie, en consacrant les noms principaux des deux Ross, de Parry, Franklin, Austin, Penny, de Haven, Kennedy, Belcher, Kellet, Ommaney, Collinson, Mac-Clure, Inglefield, Kane, Mac- Clintock, etc.
Le but spécial de la plupart de ces expéditions était de trouver un passage direct et commercial pour pénétrer de l'Atlantique dans le Pacifique, soit par le Nord-Ouest, soit par le Nord-Est,
A la suite de la douloureuse issue du voyage de Franklin, et au retour des expéditions envoyées à sa recherche, pendant plus de dix ans, on a paru abandonner tout nouveau projel.
En 1865, le capitaine de vaisseau Sherard Osborne, de la marine britannique, proposa une nouvelle tentative par le détroit de Smith, au nord du Groënland, en reprenant à peu près les traces de l'Américain Elisha Kane.
Ce projet, accueilli dès le début par de chaleureusessympathies, fat combattu par 1: docteur Augustus Petermann, géographe allemand, qui recommandait de préférence la route entre le Spitzberg et la Nouvelle-Zemble, en revenant à la voie de Barentz.
. Aujourd'hui, un hydrographe et navigateur français, ancien élève de l'Ecole polytechnique, M. Gustave Lambert, propose une direction entièrement nouvelle, par laquelle il n'a jamais été fait
aucune tentative, en partant du détroit de Behring pour &tteindre la Polynia, mer reconnue libre, ct, de là, le pôle nord même.
Ce projet, fondé sur des observations pratiques recueillies par M. Lambert lui-même bien au delà du détroit de Behring, étayé de considérations théoriques remarquables, ct dont tout semble garantir l'exactitude, a rallié les suffrages des hommes les plus compétents,
Un comité de patronage a été constitué pour faire appel à tous ceux de nos concitoyens qui s'intéressent aux progrès de la science, et qui seraient heureux de voir une pareille entreprise menée à bonne tin à l'honneur du pavillon national.
L'importance scientifique exceptionnelle de cette expédition dont le succès inscrirait dans nos annales une date mémorable, puisqu'il s'agit de résoudre le plus grand problème géographique que notre siècle puisse se poser, nous fait espérer qu’en France on saura répondre à notre libre appel.