‹ Gustave Moreau; 48 planches hors texteChapitre 31 sur 52 · TL DAVID MEDITANT · texte numérisé non relu

TL DAVID MEDITANT

Lorsque l'ŒDIPE attira sur Moreau l'attention publique, il fut entendu, une fois pour toutes, que le peintre était essentiellement énigmatique. Peu importe désormais que chaque œuvre nouvelle soit simple ou compliquée, immédiatement lisible ou riche en intentions, les critiques nemanquent jamais de dénoncer du mystère et de soupçonner l’existence umsSens cache:

Ses toiles sont le songe d’une imagination malade, dit C. Bigot, dans la Reyuepolitiqueet littéraire en 1878, et l'auteur semble un abstracteur de quintessence.

« C’est le Sphinx des peintres — renchérit le Musée Universel. —Quelpeintreil eut étépourlesalchimistes et la cabale, si l’alchimie et la cabale avaient encore des partisans l] )»

Le DAVID arrive au logogriphe, s'’écrie avec terreur,

à la même date, Dubosc de Pesquidoux. Il faut l’aide d'Œdipe lui-même pour en débrouiller le sens.

I1 semble pourtant que le DAVID n'ait rien de si abscons et les commentateurs modernes ont pu le décrire sans recourir à des explications cabalistiques.

« Le vieux roi, — dit notamment M. Leprieur — est assis sur un siège vaste et somptueux, séparé du sol par quelques degrés. Pensif et recueilli, appuyé sur son coude et tenant un grand 1ys en main, couvert d’un long manteau de velours traînant, le front surmonté d’une haute couronne, la tête vénérable et la barbe d'argent, il a l’air de se perdre dans le lointain des âges... Mais sa mélancolie ne contient pas d'’amertume. Elle est plutôt douce, et d’avance consolée par la perspective des gloires réservées à la race, par l’image du Dieu qui va naître de la fille de David. Car il voit l'avenir se dérouler devant lui; il entend chanter de mystérieux cantiques. Un petit ange est à ses pieds, menu, suave et délicat, au visage de femme, aux ailes diaprées, à la ‘robe soyeuse, sans doute invisible, mais qui fait résonner la lyre de cristal. Le vieux roi peut mourir : il léguera au monde la prophétie dictée par l'ange. »

Le DAVID a fourni à M. Bracquemond l'occasion d’une de ses plus belles planches.

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