‹ Gustave Moreau; 48 planches hors texteChapitre 40 sur 52 · GONE ILE CAL DIN · texte numérisé non relu

GONE ILE CAL DIN

PEMANILES DEUX PIGEONS

A l'exposition Goupil, en 1886, figurait enfin un ensemble considérable, les soixante-trois aquarelles exécutées pour l'illustration des Fables de La Fontaine.

C’est leur possesseur actuel, M. Antoni Roux, qui avait donné à l'artiste l'idée de ce travail. Moreau hésitait à l’entreprendre, mais M. Roux avait assez souvent témoigné au peintre sa sympathie éclairée pour pouvoir se permettre d'insister. Dès 1876, ce dernier commençait au Jardin des Plantes quelques études d’animaux, poursuivies en 1881 et en 1883. Il lui arrivait souvent à cette époque de partir dès le matin, emportant ses provisions de la journée, pour continuer ses croquis au Museum. I1 suffit de les parcourir aujourd'hui au musée pour voir que le peintre, souvent ailleurs un peu froid devant la nature, avait pris peu à peu à ces recherches un réel plaisir.

En 1882, vingt-cinq aquarelles terminées furent exposées chez Durand-Ruel. Elles figurèrent plus nombreuses encore chez Goubpil, en 1886, et ce sont aujourd’hui les soixante-trois Fables qui ont pris place chez M. Roux à côté de tant d’autres œuvres précieuses du maître, comme le MoïsE ou la petite esquisse de L'HERCULE, précédemment reproduits dans le présent volume, comme l’DIPE VOYAGEUR Ou l’'ORESTE ET LES FURIES qui devraient y figurer aussi s’il était possible d’y faire contenir tous les chefs-d’œuvre de Moreau.

On s'explique que le peintre de la SALOMÉ ait hésité à se croire désigné pour illustrer les Fables : le Poète, tel qu'il l’a si souvent peint, n'est pas précisément à l’image du fabuliste bonhomme et insouciant. Mais le parti de l'artiste fut vite pris. I1 n'était pas incapable de rester dans l'esprit du texte et d'en fournir une illustration fidèle, ainsi qu'il l’a fait avec bonheur dans quelques pages savoureuses, comme LE COQ ET LA PERLE, LE “SAVETIER, VETULEM FINANCIER INDE NNILOTERMEIT L'AGNEAU, LE RENARD ET LE CORBEAU, L'HUÎTRE ET LES PLAIDEURS; mais à cet accompagnement littéral, il substitue plus volontiers des variations sur quelques vers, quelques mots, choisis à sa fantaisie. Voici dans les DEUX PIGEONS, un thème de délicate tendresse qu'il lui a suffi de transposer. Le plus souvent même le texte ne lui fournit qu’un point de départ, au delà duquel son imagination se donne libre carrière.

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