‹ Gustave Moreau; 48 planches hors texteChapitre 7 sur 52 · NET RON EE · texte numérisé non relu

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AQUARELLE (MUSÉE ou LUXEMBOURG) PHOT. BULLOZ

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L'année suivante, en 1865, l'artiste exposait JASON et LE JEUNE HOMME ET LA MORT. Les deux toiles obtinrent encore une médaiile, mais la critique, qui venait de traiter l'ŒDIPE ayec déférence, prit cette fois un ton plus léger. Dix écrivains raillent l’obscurité du symbole, la raideur des figures, l’imitation de Mantegna, la tendance au système et à la philosophie. « Encore un Salon comme celui-ci — écrit Auvray — et M. Gustave Moreau tombeaussi bas que M.Courbetl »

« La critique devrait se couvrir de cendre — s’écrie Lagrange — et endosser le sac de la pénitence, si les pointes aiguës dont M. Moreau a parsemé ses nouvelles œuvres ne composaient pas un cilice suffisant. Ce ne sont que détails agressifs, couleurs assiégeantes, objets destinés à forcer le regard, un clinquant qui s'empare de l'œil, un luxe de bibelots qui s’y casernent...)

« Ce disciple tourne à l’écolâtre — dit Saint-Victor.…. — Quel raffinement tourmentél quelle subtilité laborieuse | que d'’efforts pour contrefaire le pédantisme naïf et naturel de la Renaïissance... Tout cela donne l’idée d’un thème grec péniblement translate en dialecte toscan du XIV‘ siècle. »

Paul Maniz déclare les personnage insignifiants et mesquins. Les accessoires « sont peints avec un soin extrême, quelquefois heureux, bien qu'il y ait dans ces détails un peu de puérilité et beaucoup de calligraphie. M. Moreau réussit moins à peindre les chairs. Sa manière présente à la fois quelque chose depénible et de lâché... Tout cela estplein d'inquiétude et de trouble... parce que M. Moreau n’a pas digéré les aliments qu’il a absorbés... De là un art si maladif qu'il ressemble à un art mort ».

Ayec Chesneau et Marc de Montifaud, Maxime du Camp défend l’œuvre en ces termes : « Elle est charmante, cette Médée, quoiqu'elle ait été conçue un peutropenréminiscencedes femmes du Pérugin.…. Les yeux presque voilés, d’une teinte verdâtre difficile à définir, ont une expression de domination inéluctable où se mêle je ne sais quelle assurance d’ironie qui semble se rire de l’assurance du héros... Médée a posé sa petite main sur l'épaule de Jason et ce seul geste suffit à nous faire comprendre que déjà il ne s’appartient plus... Une très vive préoccupation du grand style, une chasteté qu’on ne saurait trop louer font de cette toile une œuvre digne d’éloges.… Quant à l'exécution, on peut l’étudier de près, elle ne recèle aucune négligence. La composition est héroïque sans être théâtrale, et il y avait là un écueil qu’il n’était cependant pas facile d'éviter ».

La toile, qui a appartenu à la collection Ephrussi, a été très admirée à l’exposition centennale de 1900. Elle a été récemment donnée au Musée du Luxernbourg par M. Théodore Reinach.

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