‹ Gustave Moreau; 48 planches hors texteChapitre 8 sur 52 · VIII. — LE JEUNE HOMME ET LA MORT · texte numérisé non relu

VIII. — LE JEUNE HOMME ET LA MORT

Devant chaque toile nouvelle de Moreau, la critique s’ingénie à signaler le pastiche et l’imitation. Mais l’artiste ne renie pas ses maîtres. A ceux qui croient l'embarrasser en rapprochant son nom de celui de Chassériau il répond en exposant en 1865, à côté du JASON, une allégorie à la gloire de Chassériau, fauché par la mort en pleine jeunesse.

A vrai dire, cet hommage courageux fit un peu l'effet d’un rébus. Burger affecte de ne pouvoir distinguer sans l’aide du livret Chassériau de Jason et Médée de la Mort. Faut-il avoir la rage de l’Idéal, s’écrie-t-il, pour mettre toutnuet charger de brimborions symboliques un peintre qu’on n’aconnu qu’en paletot et en chapeau rond] Et M. dd. Claretie ajoute : « On a tant répêté à M. Moreau qu’il était un peintre philosophe que, ma foi, il s’est DrISAUMAOL. LE JEUNE HOMME ressemble à un pastiche de Mantegna fait par un étudiant allemand quise reposerait de la peinture en lisant Schopenhauer ».

32 = nn prneme ne — L'ART DE NOTRE TEMPS

Les Primitifs étaient simples et touchants, dit Paul Mantz. Leur disciple au contraire « est tellement compliqué, érudit, surchargé, qu'on se fatigue à chercher ses origines, à déméêler sa pensée, à compter ses puérilités savantes. LE JEUNE HOMME ET LA MoRrT est une allégorie à la fois très banale et très raffinée... Au point de vue des colorations, une anarchie singulière règne dans l’œuvre de M. Moreau. La figure humaine, qui devrait occuper le premier rang, s’y subordonne à mille détails pour la plupart inutiles... Ces accessoires Wisont td'ailleunsMdtrme exécution fort inégale ; tantôt le pinceau s'y montre adroit et fin; et tantôt il est maigre et d’une parfaite gaucherie ).

« Mettez un collier ciselé par B. Cellini au cou de la Vénus de Milo — dit à ce même propos Maxime du Camp — et vous lui Ôtez immédiatement son ampleur et sa majesté. )

La conclusion de Privat exprime plus de sympathie : « LE JEUNE HOMME est une œuvre d’une suavité, d’un sentiment vrai et profond... d'’ai fini par y découvrir l’œuvre d’un artiste sérieux, d’un dessinateur, d’un coloriste, "d'un “poëtel surtout. "A'h\I j'insiste sur ce mot, car nous n’en avons plus : avec Delacroix s’est éteint le dernier).

Le tableau est dans la collection de Me Cahen d'Anvers. Le Luxembourg en possède une réduction à l’aquarelle, provenant du don Hayem.

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