‹ Gustave Nadaud et la chanson françaiseChapitre 16 sur 31 · ON NE PARLE PAS POLITIQUE · texte numérisé non relu

ON NE PARLE PAS POLITIQUE

VA comme il a raison, le bon Nadaud,de rechercher d'abord, pour le bonheur, l'humble village, loin des ambitions et des fumées delà ville, loin de la vie Apre, et des promesses fallacieuses des cités, ce coin paisible où l'on peut vivre !

Croyons -en le chansonnier, dont l'esprit est avisé : vivons loin du bruit, et suivons sagement l'avis qu'il nous donne.

Viennent ensuite Les Chansons à jouer, au nombre de vingt.

Dans cette série nous choisissons Carcassonne. Cette chanson fut un des grands succès de G. Nadaud. Un excellent et vieil ami de ma famille, le commandant Eugène Dubois (qui disait aussi, et avec talent, le monologue), m'a lui-même raconté combien le chansonnier-poète jouait et disait à ravir cette chanson (1).

Nous avons sous les yeux la brillante conférence que fit sur Nadaud l'érudit et distingué normalien, M. Léo Claretiey lequel donna lecture, en cette classique matinée, d'une lettre du délicat poète, Eugène Manuel, où. il est justement question de cette œuvre de Nadaud :

« C'était cette chanson — écrivait M. Manuel — qu'on lui redemandait toujours et qu'il disait incomparablement: Il mettait dans son histoire tous les regrets de la vie, tous les désirs non satisfaits ! toute la philosophie mélancolique des mécomptes ! lin a jamais vu Carcassonne ! est devenu proverbe, car chacun a son Carcassonne fuyant et insaisissable o (2).

(1) Le commandant E. Dubois fut Vice-Président de la Sociélé historique d'Auteuil et de l'assy- où il s'était retiré.

2) Conférence sur G. Nadaud, par Léo Claretie, voir le supplément au Bulletin de la Société Historique, Archéologique d'Auteuil et de Pussy, de décembre 1894.

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