CONCLUSION
En écrivant ces études, nous avons obéi à un sentiment de légitime justice, en ce qui concerne ces immortels auteurs.
Une nouvelle génération littéraire, désireuse de conquérir, sans beaucoup d'efforts, les lauriers de la renommée, a cherché systématiquement, et dans un but vénal, à répandre dans le public, que les œuvres de ces chansonniers étaient démodées, vieux jeu, de vieille forme, qu'enfin, elles ne devaient survivre à leurs auteurs !
C'est là une hérésie contre la vérité et le bon sens.
Il nous a donc plu, à nous, qui pensons autrement, et qui sommes respectueux de nos maîtres, de publier à nouveau, et de réveiller aujourd'hui des chants toujours vibrants, toujours jeunes de nos chansonniers Pierre Dupont et Gustave Nadaml principalement.
Après cette dernière étude, à laquelle nous avons apporté de l'inédit, nous sommes persuadés que le lecteur éclairé ratifiera notre opinion.
Mais le public est oublieux ! aussi avons-nous mis en relief des œuvres prouvant surabondamment que la poétique de Gustave Nadaud, par exemple, demeure toujours fraîche et accessible à tous; chez le poète, point de mots alambiqués, ni de rimes convulsives.
Pour juger l'œuvre d'un chansonnier, ou d'un poète, il ne suffit pas de lire une pièce ou deux, il faut lire l'ensemble de leurs œuvres et s'en inspirer, vivre, en un mot, dans V ambiance de leurs rêves, si non, l'on risque de faire une Critique systématique, sur un choix personnel.
En ce qui concerne G. Nadaud, le chansonnier et sa Muse sont précis, le vers est clair, élégant et classique dans la forme, jamais vulgaire.
La popularité d'hier, comme la gloire d'aujourd'hui, qui s'attachent aux noms de Dupont et Nadaud, viennent de ce qu'ils furent humains, et qu'ils firent vibrer leur lyre aux accents de leurs cœurs !
La Muse de Dupont est fille de la nature et de l'humanité !
Celle de Nadaud est lille de la grâce, de l'esprit et de La bonté !
11 est donc un devoir de ne pas penneltre que leurs nimcs soient Oubliées OU délaissées, car, où sonl doue leurs Pairs ?
Depuis plusieurs années, nous avons entrepris la croisade contre les pourvoyeurs d'insanités, qui sèment dans l'esprit d'un public trop indulgent — et pour la joie du cosmopolite — le virus malsain d'un erotique délirium, ou d'un argot indécent.
Il faut endiguer le flux des chansons corruptrices.
Parmi les talents, qui ne cessent de se dévouer à la bonne renommée de la chanson française el auxquels nous sommes heureux de rendre hommage, nous devons mettre au premier rang : MM. Ernest Chebroux, Théodore Botrel, Teulet, Maurice Boukay, Xavier Privas, Yan Nibor, Léon Durocher, Octave Pradels, Eug. Lemercier, pour ne citer que ceux- là, associant aussi dans ce salut au drapeau de la bonne chanson, les Présidents dévoués, autant que désintéressés, des filiales de X Œuvre de la Chanson Française de Lyon, Rouen et Toulouse, ainsi que ceux des sociétés poétiques et littéraires de : Roubaix, Amiens (Rosati), Rouen (Violelti), Cherbourg (Jeux Floraux de la fTanche), Lyon, {Saint-Etienne et les présidents des sociétés du Languedoc el de la Provence, moralement unis.
Enfin, comme les derniers sont ici les premiers : Honneur! aux vaillantes sociétés dn Caveau, de la Lice chansonnière et de la Pomme de Paris, qui secondent si bien les efforts de l'apôtre trop tôt
disparu de la Chanson Française, Ernest Chebroux.
Et maintenant, Chanson Française : toi qui es l'aine de la nation :
Charme, élève et console Et vole, vole, vole, vole Chanson !
Et nous ajoutons cette devise pour terminer : a Chanson ! Sois Athénienne par la pensée et Française par le cœur ! »