‹ Gustave Nadaud et la chanson françaiseChapitre 28 sur 31 · A NADAUD · texte numérisé non relu

A NADAUD

Quand l'aïeul disparaît toute la maison pleure, II tenait une si large place au foyer ! Si vite, à l'écouter parler, s'enfuyait l'heure ! Son sourire savait si bien tout égayer I

Les petits-fils, surpris devant le grand mystère, Pour la première fois sentent leurs cœurs meurtris; Et quand leur œil voilé, quitte un instant la terre, Ils semblent dire au ciel : Pourquoi nous l'avoir pris?

Tels nous sommes devant ta tombe, Nadaud, maître ! Nous sentons qu'avec toi meurt le meilleur de nous ; Et nous nous demandons, quel Dieu jaloux peut être Celui qui prend d'abord les plut aimés de tous.

C'est que tu fus pour nous l'âme de la jeunesse, Que nos frêles berceaux connurent tes chansons Et qu'à notre ignorance et qu'à notre faiblesse Ce fut toi qui donnas les plus hautes leçons.

C'est que, sans te soustraire à nul devoir civique, Tu ne sacrifias jamais à cet autel De haine et de discorde, ou pour la politique, On vient communier sous l'espèce du fiel.

Ta muse ne connut jamais l'hypocrisie, Ton cœur fut pitoyable à toute adversité, Tu fus le rire franc, tu fus la poésie, Mais avant tout tu fus l'honneur et la bonté.

Jusqu'au moment fatal qui ferma ta paupière, Tu vécus pour bien faire et chantas pour charmer ; Aussi nous garderons ton souvenir, Grand-Père, Qui jamais ne tus vieux et sus toujours aimer 1

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