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affaire, c’est la première fois que j'en entends parler ;
| Join ds lui dire d'ajouter foi aux rêves, j’essaierais de l'en
détourner, car notre Eglise le défend ; cependant une
personne peut quelquefois avoir un pressentiment. —Appelle ces chimères comme tu le voudras, reprit
M. Dumont, je suis décidé de partir ce matin, et nous
D partirons.
—Tu ne devrais pas ainsi contrarier nos enfants, dit madame Dumont, surtout après l'incident d’hier soir ; je crois qu’il serait bon de suivre leur avis.
—Vastu prêter attention à ces folies, toi aussi, et ajouter foi à un rêve?
—]Je n'ajoute pas foi aux rêves, dit madame Dumont un peu blessée, mais, comme l’a dit Gustave, je crois que l'on '‘peut avoir un pressentiment. D'ailleurs, ne seraitce que pour faire plaisir à nos entants, je suivrai leur avis. Pars ce matin, si tu le veux, moi j’attendrai avec eux le train de cet après-midi ; ainsi, n’en parlons plus.
Force fut donc pour M. Dumont d’attendre.
Sur les quatre heures de l’après-midi, le ministre et sa famille se rendirent à la gare, et ils se disposaient à entrer
M dans les compartiments, lorsqu'ils virent le vieillard de la
veille venir à leur rencontre. Après les avoir salués, il
"7 tendit la main à Gustave et à Alice et leur dit ;
— N'avez-vous pas peur, mes bons enfants, de voyager en chemin de fer, surtout après le terrible accident de
+ { ce matin ! vous en avez entendu parler, sans doute.
— Qu'est-ce donc ?... Comment ?... Qu'est-il arrivé ?
L } S'écrièrent ensemble M. Dumont et son épouse, serait-il …) possible ! parlez...
— Trois des wagons qui composaient l'arrière du train de dix heures sont tombés dans le canal près de Cincinnati, répondit le vieillard, et plusieurs voyageurs se sont
| noyés.
— Ah ! Grand Dieu! s’écria madame Dumont en
À pressant Alice contre son cœur ; cette chère petite nous } a prévenus du malheur qui nous menaçait. Qui ! j'y vois
la main de Dieu ; et se tournant du côté de son époux
Lelle ajouta : Croiras-tu à présent aux pressentiments ? Ne
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devons-nous pas nos plus grands remerciements à Dieu ln oui s’est servi de notre fille, pour nous faire éviter un si À grand malheur, comme il s’est servi de Gustave, hier #
soir, pour sauver la vie à ce monsieur qui, le premier ’
nous avertit de ce terrible accident.
M. Dumont, immobile et n’osant lever les yeux, ne ls
répondit point.
— Oui. madame, et remerciez Dieu de ce bienfait, reprit le bon vieillard ; mais voici la cloche qui sonne, embrassez-moi, chers enfants ; j’ai voulu assister à votre départ et vous téroigner encore une fois ma réconnais- M sance pour la noble action que vous avez accomplie hier ; veuillez accepter ces petits souvenirs, et, soyez assurés, que je ne vous oublierai jamais ; adieu, chers enfants ; bon voyage et que Dieu vous-bénisse. En disant ces
mois d’une voix émue, il léur présentait deux petites PM
boîtes soigneusement enveloppées, et s’inclinant respec- M tueusement devant M. et madame Dumont, il sortit de la gare.
—— C'est un homme d’une éducation parfaite que ce vieillard, dit M. Dumont, il est pénible de penser qu | soit catholique.
-— Assez de tes sottises, répliqua madame Dumont in- M dignée, je n’en veux plus entendre ; je commence à A m'apercevoir que les catholiques sont autant que nous ! sous tous rapports et j'espère qu’à l’avenir, tu t’abstiendras M de parler ainsi en ma présence. S'ils sont dans l'erreur, essaie de les convertir en prenant les moyens que l’Evangile te donne, mais ne les insulte pas par tes moqueries,
et prenant Alice par la main, elle entra dans le char, .#
suivie de Gustave, M. Dumont, confus et humilié, formait l’arrière-garde.
Gu:tave et Alice, anxieux de savoir ce que contenaient leurs boîtes, les rernirent à leur mère, madame Dumont
ouvrit celle d'Alice la première. La charmante enfant
poussa un cri de joie en apercevant une belle chaîne d'or, au bout de laquelle était attachée une superbe croix de même métal.
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— Ce souvenir est magnifique, dit madame Dumont 2 en souriant ; voyons quel est le présent de Gustave.
Elle ouvre la boîte et aperçoit une belle montre suspendue à une chaîne longue et très belle, le tout de l’or le plus pur.
— Voici, dit-elle à Gustave, un souvenir d’un grand prix, ce monsieur a été trés généreux ; tiens prends-le } mon enfant.
Gustave, joyeux, s’empressa d'ouvrir le boitier d2 sa # montre, e. aperçoit les lignes suivantes gravées artistement er. dedans du couvercle :