‹ Gustave ou Un héros canadien [microforme]Chapitre 44 sur 70 · CHAPITRE VINGTUNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGTUNIÈME

LES SAUVAGES ATHAQUENT LA CARAVANE, SPECTACLE TÉRRIFIANT,. GUSTAYVE EST NOMMÉ. CAPITAINE DE L'AVANT GARDE QUI Doir PRÉCÉDE AVANE. —

MOYEN DONT- IL SE SERT POUR el LES SAUVAGES, CACHÉS DANS LES HAUTES HERBES DE LA PXAÏRIE.

Le lendemain la caravane parbit, un peu, plus târd. qu’à l'ordinaire, Gustave s'était levé: gai €t joyeux, l’évènement de la veille, dens léquel 1 voyait la puissante. protection de Dieu, le remplissait 6 joie, et son cœur reconnaissant s'élevait souvent pour le rémércier dé. sa bonté et.le prier de lui continuër ses faveurs êt dt protéction. Nos ! trois amis ayaient, comme d'habitud laissé la caravane en arriére d’eux, et tout en Jaissant trôtter leurs chevaux, Gustave Éégayait : ses compagnons par sés réparties joyeuses et spirituelles, .

Arrivés sur une hauteur, ils aperçoivent à une petite distance plusieurs , rochers as de manière à ressembler à une ville en régle ; cés, rochers, tous plus hauts les uns que les autres, prenaient les formes de dômés, de clochers, de châteaux et de 1 maisons de toutes les grandeurs, et le tout, séparé par des espaces, dé la largeur des rues ordinaires, formait et ‘donnait une ressemblance complète ; celui qui les \ voit pour, une première fois surtout, se croit en face d’ une ville r fau

—Ha,! une. de S écria, Cnstae ne serait- ce pas, par hasard, Ja puvelle J érusa lem des Mormons ?

clats Fe rire de. pe amis, Fe

g riez pas, Gontinxa Gustave, elle a té bâtie. pour eux pt nuit, et dire que lés oups Vobsnts nous ‘empècher de nous y rendre.

Nouveaux éclats dé rire.

—Je crois vraiment que vous voulez .ire de moi, cependant c’est la vérité que je dis, car pourquoi cette ville dans ce désert, si elle n'est pas pour les saints du

€, petite | Fessemjants les ms, de s, grangéur des mblance surtout,

Pas, par

de moi, 10i cette aints du

GUSTAVE 245 dernier, jou mais hâtons-nous d'y arriver les premiers ; sinon, il n’y aura plus de Hait nt de miel, si les saints arrivent avant nous; vénèz vite, j’ai hâte de boire du lait surtout. "7" FL , dore

Ils lancent leurs chevaux au galop et s’aperçoivent que le chemin passe directement dans une aë ces rues apparentes. ,. rs viens ro aude dun

—] n’y à pas de De dit Gustave en souriant, nous allons avoir, une Chance, Mais oui, eh Yoilà un, en montrant à'ses armis un énorme serpent à sonnéttes étendu tout son long én travers la route. Ah! le gourmand, il a sucé tout IE Taït avant notre arrivée et dort pour avoir trop bu, vilain, je vais t’apprendre à voler ainsi, ét l’ajustant avec son pistolét, il lur coupa la tête Qui alla tomber à plusieurs pieds plus loin. Aü même instant, ahe centaine de flèches, parties de derrière. les rochers, sifflèrent au-dessus de leurs têtes. à |

—Ah ! reprit Gustave toujours souriant, les gens sont bien mauvais dans cette nouvelle Jérusalem, ont-ils peur que nous ne mañgions tout le miel, une nouvelle nuée de flèches, passant cette fois plus près d'eux, l’arrêta court dans ses observations. ,

—Gardez-donc tout, cria Gustave en tournant bride, et tous trois prennent à toute vitesse 14 direction de la caravane ; arrivés au capitaine, ils lui racontent leur aventure. De suite ce dernier fait arrêter les wagons et commande de préparer les armes, il appelle les hommes qui ont des chevaux à leur disposition et les place en avant pour servir d'avant garde, les fémmes et les enfants Se cachent dans les voitures, et la tardVane avance avec précaution jusqu’au dernier côteau qui la sépafait des rochers; à mesure que les wagons arrivent, le capitaine les fait placer en forme de muraille, il commandé aux hommes de se couchér à rt) dessous cette: fortification ümprovisée, carabine en mains, et de se tenir prêts de faire feu au prefmier signal. Puis laissaht là ‘caravane ‘sous les ordres du second capitaine, il ordonne a l’ävant garde de le suivre jusqu'aux rochers. On avance avec la plus grande précaution, ordre est donné de garder le silence

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et surtout de ne pas se séparer. Le capitaine, qui chevauchait à côté de M. Dumont, s’occupait de la situation.

Savez-vous, dit-il, que votre fils nous a rendu un grand

service en se rendant à ces rochers avant nous, nous ne

nous serions doutés de rien, et ces sauvages embusqués

nous auraient surpris et massacrés.

—Ce n’est pas la première fois, répondit M. Dumont, que mon fils nous a avertis des dangers qui nous menaçaient ; j'admire ses qualités remarquables. Que je serais heureux de le voir converti à l'Eglise des saints.

—Ne vous découragez pas, reprit l’apôtre-capitaine, il n’en sera que meilleur lorsqu'il se convertira,

—C'est pourquoi je ne l’arrête pas dans ses folies et ses superstitions, j’ai l’espérance qu’il s’en dépouillera bientôt.

—C'est mieux, reprit le capitaine, je suis certain que votre désir s’accomplira lorsque nous serons rendus à la ville sainte, et...

—Baissez-vous, vite, cria Gustave, voici des flèches.

On se hâta d’obéir et une nuée de flèches passa audessus d’eux.

—Ne ferions-nous pas mieux de mettre pied à terre, dit Gustave, nous leur servons trop de point de mire sur nos chevaux... |

Aussitôt dit, aussitôt fait, et à l'instant. même une nouvelle nuée de flèches passent en sifflant et blessent plusieurs chevaux. |

—]Je crois, capitaine, reprit Gustave; que vous feriez bien de renvoyer quatre ou cinq d’entre nous à la caravane avec nos chevaux, car il est certain que nous en perdrons plusieurs.si nous les laissons ici.

—Fort bien, dit le capitaine, cet avis est mis à exécution ; puis il ajouta, que faire pour déloger ces sauvages.

Les uns voulaient retourner à la caravane et attendre que les sauvages vinssent les attaquer, d’autres, plus hardis, tenaient à les déloger de suite et ainsi ne pas perdre de temps... Le capitaine et M. Dumont étaient de cet avis.

—Il me semble, capitaine, dit Gustave, que nous

hevaudation.

grand ous ne Jusqués

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menae serais aine, il

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à exécu- SAUVALES.

attendre res, plus ji. ne pas taient de

que nous

ferions mieux de monter sur ce rocher à notre gauche, là, nous pourrons protéger le passage de la caravane avec nos carabinés et nos pistolets.

—Vous avez raison, jéune homme, dit le capitaine souriant, allons, usons de vigilance et de précaution.

Alors l'avant-garde se rend au pas de course à l’endroit indiqué qu’elle commence à gravir ; comme læ montéé était très difficile, les sauvages crurent en profiter pour courir sur eux et leur lancer des flèches, et sortant de leurs cachettes leurs arcs en mains, ils avancent em poussant des hurleménts terribles.

Les hommes de l'avant-garde, redoublèrent d'activité en les voyant venir. Ne vous pressez pas, cria le capttaine, laissez les approcher, nous aurons plus de chance de faire valoir nos pistolets.

—Et de leur faire manger du plomb, ajouta Gustave; ce qui leur sera moins agréable que le miel qu'ils nous refusent.

Malgré le danger menaçant, on ne put s’empècher de sourire tout en continuant de monter. Une centaine de sauvages arrivent au pied du rocher et lancent leurs flèches ; Gustave voit son chapeau emporté par l’une d'elles et le capitaine reçoit uné égratignure au bras. Voilte face, s’écria-t-il et faites feu. Déjà trois sauvages: mordent la poussière et plusieurs sont blessés. Les autres, effrayés, se sauvent en poussant de nouveaux hurlements et s’abritent derrière leurs rochers.

—Vous faites mieux, leur cria Gustave, cachez vous derrière vos rochers, c’est plus prudent. î

Un éclat de rire suivit cette remarque ; puis conti nuant la marche on arriva au sommet du rocher ; là, couché à terre, on attendit une nouvelle attaque.

—Au moins ici et situés cumme nous le sommes, dit Gustave, ces sauvages devront tirer juste, s’ils veulent: nous ôter nos chapeaux.

On attendit encore un quart d’heure, et les sauvages: ne se. montrant pas, le capitaine donna le signal à læ caravane d'avancer. Elle se remet en marche, les femmes et les enfants, blottis au fond des wagons, osent à peine

souffler ; les hommes marchent.à côté des wagons sans proférer une parole, l’anxiété.se lit.sur leurs figures ; les yeux constamment fixés sur, les, rochers, ils croient à chaque instant. que les sauvages vonten sortir et se ruer sur eux ; les animaux semblent.éprouver la même crainte, ils dressent :es oreilles comme. pour.écouter, le moindre bruit leur fait peur et les hommes; doivent. se servir du fouet pour les faire avancer.! Enfin, le premier wagon s'engage dans le passage, alors les. hommes. saisissent leurs carabines et leurs pistolets d’une, main nerveuse, le temps le plus critique est arrivé, à chaque instant la caravane peut être attaquée par des:ennemis dont on ne connait, pas le nombre, et nul moyen,.de-rétraiter ;, pas le moindre bruit se fait entendre,.sauf, celui, du, roulement des rouessur le sable.

—Attention, dit le capitaine àses hommes qui veillaient sur le côteau, ayez l’œil toujours fixé sur ces rochers et si un seul de ces sauvages ôse.se montrer, visez le bien pour montrer aux autres ce qu'ils ont. de mieux à faire.

Pendant une demie, heure, la caravane continue sa marche lente et solennelle, les wagons passent tour à tour et châcun pousse un soupir de satisfaction aussitôt qu’il est sorti de ce :. byrinthe. Le dernier wagon à franchi le passage, alors le second. capitaine les fait arrêter tous et les range en un,camp de règle afin de, protéger la descente de ceux qui étaient sur le rocher. Soit par crainte, soit à désseir. de renouveler l'attaque en meilleures circonstances, les sauvages ne se montrèrent pas et restèrent blottis derrière leurs rochers.

La caravane se remit en marche et alla camper à un demi mille de là,le capitaine n'osant s’aventurer plus loin pour. cette journée, Après le soupér, l’apôtre fit rassembler tout. le monde et leur dit : chers frères et sœurs, à partir dé ce jour, nous, devrons faire bonne garde, car nous venons d'entrer parmi des tribus sauvages “qui nous sont très, hostiles ; ce pays est peuplé par les Crows (corneilles) les Black.feet (pieds noirs) les Snakes (serpents) et d'autres dont j'ignore le nom, et quoique ces diverses tribus se fassent continuellement la guerre

s sans s ; les ient à se ruer rainte, oindre ryir du wagon isissent use, le la caraon ne pas le lement

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inue sa r à tour 5t qu'il franchi er tous r la descrainte,

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sauvages par les s Snakes quoique a guërre

entre elles, elles s'unissent toujours pour attaquer les visages-pâles. La garde sera doublée tous les soirs, et le jour, uné avant et une arrière garde que je vais former marcheront, l’une à deux cents pas en avant de la caravanc et l’autre à la même distancien arrière. M. Dumont se tiendra avec moi entre l'avant-garde et la caravane, pour vous donner les signaux nécessaires. Le chémin d'ici à la ville sainte, est bordé en plusieurs endroits de précipices et de rochers sans nombre qu’il nous faudra contourner sous les flèches des Sauvages qui s’y forment en embuscade pour nous attaquer. Vos carabines et vos pistolets devront être toujours placés de manière à pouvoir les saïsir au signal donné, et dans ce cas, les femmes et les enfants montront dans les wigons au plus vite afin de né pas nous embärrasser. Si vous me voyez lever la carabine, arrêtez les wagons ; si M. Dumont revient sur ses pas, formez le Camp de règle en cas d'attaque, et obéisséz aux ‘ordres qu’il vous’ lonnera, tenez vous toujours prêts à toute éventualité afin que rien ne nous surprenne et surtout ne vous éloïgnez pas des wagons. ‘Si vous suivez tous’ces avis, nous n’avons rien à craindre, êt étant nombreux, nous pourrons défier, les attaques de toutes ces tribus “réunies. Mais prenons un sujet plus consolant. Lé reste de la route d’ici à la ville sainte est très pittoresque, des Curiosités sans nombre sé présentéront à vos regards, le #* Chimney Rock ’” (la cheminée), The Devil’s Gate (la barrière du Diable), Hells Cove, (la cavérne de }’Enfer), le Saleratus Läke, (Lac au Soda), les Sulphur Springs (sources de souffre), les FRA Rocheuses. Les précipices que nous allons longer et dans lesquelles il faudra descendre, les ravins profonds qu’il faudra traverser, tout, en un mot, sera propre à nous Causer des émotions et vous intéressera à un bien haut degré. Un cantique. maintenant pour chanter les louanges du Seigneur, nous le remercierons ensuite de nous avoir délivrés des dangers qui nous ont menacés toute cette jour- . née, Le cantique choisi pour la circonstance, qui était très beau, fut entonné et poursuivi par au delà de quatre cents voix, un concert des plus harmonieux s’éleva dans les airs

et l’écho alla frapper sur ces mêmes rochers, témoins des périls st des dangers courus par ceux qui en ce momet chautaient les louanges de Celui qui les en avait délivrés. Une fervente prière, pleine d'émotions, suivit cé beau concert, et fut terminée par un ‘ Amen” qui dft se faire entenére à plusieurs milles de distance.

.-—Avant de nous séparer,; dit Papôtre, je voudrais voir Gustave.

Les deux-amis s ‘empressèrent d'aller le chercher dans sa tente, où il s'était retiré pour faire sa prière seul avéc son Dieu,

.—-Jeune homme, po l'apètre, je, dois vous féliciter ét vous remercier devant toute la caravane, du zèle et du «courage dont vous avez fait preuve.p pendant cette journée ; sans vous, et vos deux-amis nous. aurions été pillés et assassinés. Je vous remercié; au nom, de tous, et plus tard nous. essaierons de: vous. prouver notre . reconnaissance, comme première preuve de la confiance que j'ai en vous, je..vous, nomme capitaine de l'avant garde, à vous de choisir les . douze, hommes que vous. voudrez et qui seront sous vos ordres, c ‘est vous qui : donnerez dorénavant le signal du départ, c’est le. poste ‘le plus important et le plus difficile: à remplir d'ici à. la fin de notre route, j'aime à vous. le confier, vous êtes. brave et prudent, nous avons eu app fle preuves pour placer notre <onfance en. vous.

‘Qui, oui; Hourra. pour Gustave, s 'écrièrent bzmmes, #emmes.et enfants.

—Vive notre bon ami, ajoutérent Cétres et Arthur.

“Gustave ne s’attendant pas à une pareille félicitation, baissait la vue et ne savait trop que répondre,

7 Vous acceptez, n'est-ce pas ? reprit l’apôtre en lui tendant la main,

—Oui monsieur, répondit Gustave d’un air timide, ei, Dieu aidant, je m'acquitterai de la charge honorable que vous voulez bien me confer, d’une manière aussi digne que possible,

—Bien, reprit l’apôtre, je savais que vous ne reculeriez pas devant le devoir, allez et choisissez vos hommes.

Le second. capitaine fut chargé de former l'arrière ins des garde, et quelques minutes plus. tard tout le monde, était 10mE \ couché; mais le repos ne fut pasde longue durée, car deux élivrés. heures n'étaient pas. écoulées que. tous furent réveillés en

e. beau sursaut par des cris.et des hurlements venant de la direc- .dft se tion des rochers. , On. court .aux armes et on s'empresse NU, de se préparer. pour la défense, alors tous les yeux seais voir fixent sur un spectacle des plus terrifiants.. Un grand F ‘ feu avait été allumé dans 1'espace où était passé la’ cara-

er dans vane, une lueur sinistre se répandait sur les hauts rochers eu avéc d’alentour et les faisait paraître comme autant de spectres VAE monstres surgis, du seîn de la tèrre ; autour de ce feu, féliciter sautaient, dansaient, hurlaient et menaçaient avec leurs le et du bras des êtres qui, par leurs'chevelures longues et hérisjournée ; rées, leurs corps nus et bariolés de mille couleurs, leurs pillés et figurés hideuses, leurs cris. et ‘hurlements. féroces, des et, plus êtres, dis-je, qui paraissaient ressembler plutôt -à des econnals- démons qu'à des hommes. . Tous les yeux restent fixés que jai à sur ce spectacle, chacun est comme pétrifié par la frayeur, garde, à tous se croient en face des, régions. infernales, l'Enfer et oudrez et ses démons, se dit-on de toutes parts ; à la frayeur sucrez doré- | cède un désir de vengeance ; au moindre signal, tous simpor- À seraient prèts à se îeter sur les auteurs. de ce drame terde notre rible pour les extertainer'et en finir avec eux, mais une re et pru- pensée (venue de Dieu sans doute) éloigne cette pensée icer notre et fait comprendre que ces êtres difformes et avides de- | carnage sont. des hommes possédant une âme créée à

bzmmes, l’image de Dieu ét qui, dans leur ignorance ne connaïissent pas mieux, alors un sentiment de pitié succède à la

Arthur. frayeur et à la vengeance. Pauvres gens, se disait-on..

licitation, Qu'ils sont à plaindre !.. see

—Oui, iis sont bien à plaindre, dit l’Apôtre-capitaine assez haut pour être entendu:de tous ; mais ces cris, ces. hurlements et ces menaces nous montrent qu'ils veulent se venger, et qu’ils ne nous tiendront pas quittes de:sitôt. parcèque nous .avons tué trois des leurs. Nous avons besoin de les veiller de près, : ::

Ce spectacle dura. toute la nuit, et ces Sauvages ne: s’éloignèrent que vers l'aurore ; alors la caravane se pré-

tre en lui

orable que ussi digne

reculeriez mmes.

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para à se remettre en marche. Gustave sé hâta de choisir re les douze hommes ayant les meilleurs chevaux pour for- di mer son avant-garde, George et Arthur furent les pre. | miers appelés ; chérs amis, léur dit-il, je ne saurais me de passer de votre compagnie. Dès que ses hommes eurent cr pris leur rang, il les disposa en quatre groupés, trois d’éntr'eux devaient se tenir une centaine de piéds en ta avant d' second groupe, ces dèux groupés devant garder er le chemin, les deux autres devaient se tenir de chaque Æ h côté du chemin à une certaine distance, et un peu en to avant du second groupe autant que possible. Si l’un des en groupes s’apercevait de quelque chose de nature à l’alar- ci mer, il devait donner le signal en levant les carabines et G sé replier sur le sécond groupe ;, alors les autres groupes ha dévarent én faire autant, et tous, une fois réunis, pour- 1 G: raient discutér et délibérer sur ce qu’il y avait de mieux da à faire. ht | | —Très bien, dit le capitaine, un général d'armée ne L co

férait pas mieux. € ‘—Au moins, dit Gustave, nous ne tisquerons pas tous de pérdre nos chapeaux. | —Le second capitaine qui devait commander l'arrière ‘Sarde, imita Gustavé en disposant ses hommes de la même manière. | | R —Lorsque tout fut prêt, Gustave donna lé signal du “départ'en disant : En ävant messieurs, avec un tel aplomb qu'il fit souriré tout lé monde, qui admirait lé courage de ce jeune homme et la précision avec laquelle il donnait sés ordres. res Malgré les derniers événements, notre héros conservait toujours son humeur gaie et tenait toujours ses amis dans l’hilarité et le plaisir. EE —Qui aurait pensé que je me Serais trompé ainsi hier, dit-il, cat au lieu d’avoir trouvé la re Go TEE nous avons vu l'Enfer avec ses habitants ; ‘j'aurais dû compréndre qu'il fallait passer par lès tribulations avant d'arriver à la gloire promise aux saints du dernier jour et. mais il n’eut pasle temps de finir, le premier groupe “vénait d'arrêter et les deux autres commençaient à se

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Ils arrivent à lui et l'ün deux lui dit: noùs avons vu des obstaules placés en travers du chémin et nous avons crû qu’il sérait mieux d'arrêtér, |

—C'est peut-être une ruse pour nous retarder, dit Gustave aprés avoir réfléchi quelques instants. Avançons encore un peu, et prenant le devant, it fait marcher ses hommes avec ‘toute la précaution ‘possible ; ‘on scrute tous les alentours mais rien’ n’indique ‘qu'il ÿ'ait là des ennemis à craindre, on atrive aux obstacles et quatre ou cinq d’entr'eux ‘commericent à lés déplacer, lorsque George croit remarquer un certain mouvement dans les hautes herbes de chaque côté du chémin..Regatdezdonc, Gustave, dit-il, ne dirait-on pas” qu il y. a quviqas chose dans ces hérbes ?

Oui, én effet, répondit Gustave, ce sont des Sauvages coûchés à plat-véntre, leur but, èn s£ cachant ainsi, est de nôus attaquer. Levez vos carabines, ajoutait-il et replions nous sur la caravane ; en voyant cé signal, le capitaine et M. Dumont en firent autant, la caravane arrêta, êt chacun prépara ses armes.

—Qu’y at-il? demanda le capitaine à Gustave aussitôt que ce dérnier fut arrivé.

—T1 y à des Sauvages cachés dans ces hérbes, et leur but ést dé nous attaquer si nous nous aventütons plus loin, vous feriez bién de former lé cämp dé règle.

Aussitôt les femmes et lés enfants entrent dans les wagons, et le: hommes s'assemblent pour tenir-conseil ; les uns, conse: ‘ant encore la rage de la veille, voulaient se ruer sur ces : 1uvages et les exterrhinér coûte qüe coûte, d’autres, plus sagés, vouldiènt ‘attendre l'attaque et se tenirsur la défensive ; quelques-uns, plustimidés, croyaient qu'il sérait mieux d'essayer à parlemenñter avec eux.

Et quel est votre avis, Crustave ? demanda l’apôtre capitaine.

—]Je crois avoir trouvé un moyen bien simple et qui sera très efficace pour déloger ces Sauvages, répondit Gustave, et ia Caravané ne courra aucun danger si vous

voulez l’adopter, Voici ma proposition, Que quatre ou cinq d’entre nous aillent mettre le feu à unecentaine de pieds chaque côté du chemin, les heroes sont-hautes et sèches, le vent quiest du bon côté, poussera ce feu en avant de nous et atteindra ces Sauvagés qui devront déguerpir au-plus vite s’ik ne veulent.pas servir de jambons, et de cette manière, nous atteindrons notre but sans effusion de sang de part et d'autre.

—Bravo !'bravo.! s’écria l'assemblée. Et.une douzaine

d'hommes se, munissent. d’allumettes et. de poignées d’herbes et se:rendent, en se:baissant pour ne pas laisser voir aux sauvages leur dessein, à une certaine distance, tel que Gustave l'avait demandé. . À un signal donné, douze feux s'élévent en une seconde, puis gros£issant tout-à-coup, ils. se réunissent et se dirigent sur les sauvages avec la rapidité de l’éclair. De grands cris se font entendre, et des centaines de sauvages.se lèvent et se sauvent du côté de la rivière, dans laquelle ils se jettent épouvantés ;. il était temps, PHIIEUES avaient les cheveux brûlés.

Vous faites bien, dit Gustave en souriant ; .après une telle chaleur, il est bon. deprendre un bain pout. se rafraîchir.

—Quel génie que ce jeune homme, disait-on en riant de cette remarque ;, il garde toujours son sang-froid et trouve moyen chaque fois de nous tirer d’embarras.

Quelques minutes plus tard, sauvages, herbes et obstacles étaient disparus, et le: feu alla s’éteindre sur des rochers, .à deux milles. plus loin.

Gustave et ses hommes.reprirent leur place, et la caravane se remit en marche.

—En avant, Messieurs, dit Gustave, je pense que ces sauvages vont nous laisser, tranquilles au, moins, pour quelques jours... Voyez-vous, l’eau a pour effet de.calmer les nerfs, et ce. bain forcé qu'ils.ont pris a dû amortir leur ardeur. Qu’en pensez-vous ?

George et Arthur, étounés de le voir aussi. jovial, lui dirent :

—Vous nous étonnez, vraiment, Comment se. fait:il

ue quatre centaine hautes et ce feu en devront ir de jamnotre but

douzaine poignées as laisser distance, al donné, prossissant ir les sauds cris se lèvent et slle ils se vaient les

nt:;-après in pour. se n en riant ig-froid et rras.

set obstare sur des

et la carase que ces noins, pour de. calmer 1û amortir

-jovial, lui

| se. fait-il

que vous puissiez Constrver une humeur aussi gaie eh face des dangers auxquels nous venons d'échapper et qui nous menacent encore. Pendant que tout le monde craint et tremble, vous souriez toujours comme si rien n’était.

—Avoir peur ou trembler ne me servirait de rien, répondit Gustave en chängéant de fon. Je vous ai enseigné Ie bon remède l’autre'soir; chers amis, lorsque, seuls et ‘écartés dans cette prairie, nous né savions que faire ; ; je vous ai dit qu'il fallait toujours mettre notre confiancé en Dieu, le prier ‘chaque matin! dé nous accorder sa sainte protection ; adresser’ ensuite ‘une petite prière à votre ange gardien, et il se fera un plaisir de vous écouter et de vous prèservér des dangers qui pourraient vous menacer. Faites cela, et ne vous inquiétez pas du reste, pas un chéveu dé votre - tète ne tombera sans'la permission de Dieu. -

— Vous nous donnez là un bon conseil, ditént George et Arthur, et noùs essaiérons de le suivre.

— Bien, mes bons amis, reprit Gustave, ce remède ne manque jamais de produire un bon effet.

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