‹ Gustave ou Un héros canadien [microforme]Chapitre 43 sur 70 · SONT POURSUIVIS PAR LES LOUPS.—LUMIÈRE MYSTÈRIEUSE · texte numérisé non relu

SONT POURSUIVIS PAR LES LOUPS.—LUMIÈRE MYSTÈRIEUSE

Gustave se retira l’âme pleine de tristesse à la suite de l'entretien qu’il venait d’avoir avec son père ; en entrant dans sa. tente, il tombe à genoux et fait une fervente : prière pour demander à Dieu la force dont il a besoin et aussi-le retour de son père à de meilleurs sentiments. Il se couche, maïs le sommeil, qui aurait pu lui faire oublier les pensées amères dont son cerveau était rempli, fuyait ses paupières inondées de larmes. Son père, sa mère et sa sœur lui apparaissent tour à tour ; il voit ces dernières tristes et abandonnées ; les incidents qui s’étaiet passés depuis le commencement de ce voyage viennent assiéger son esprit déjà trop surchargé, il se souvient que plusieurs fois son père ne l’avait pas regardé d’un bon œil lorsqu'il lé voyait en compagnie d’Emily ; il pût alors comprendre l'attention que ce dernier portait à cette demoiselle si jeune ; son cœur pur n'avait rien vu ou voulu voir jusqu’à présent, mais les paroles que son père avait prononcées durant ce dernier entretien avaient déchiré le voile et mis au jour des choses capables de lui causer de uouveaux chagrins. Ah ! mon Dieu, se dit-il, veuil'ez éloigner de moi ces pensées, je vous en conjure, ne permettez pas que papa s'oublie ainsi,

Minuit sonne et Gustave n’a pas fermé l'œil ; il se lève

et se hâte d’ajuster:sa ceinture où pendaient ses pistolets, puis, jetant sa carahine sur son épaule, sort; ; son n père; qui l’attendait, lui dit d’une:voix émue :

—Nous sommes menacés » d’une vase) couvre:toi en conséquence, y"

—Notre jeune homme se : revêt de son costume et se dirige vers le poste qui ui avait été assigné. Ce poste était le plus dangereux et le plus éloigné, mais Gustave ne fit pas de remarques.

—$Si t crains de rester seul, ‘lui dit son père, je vais avertir l’autre garde de rester près de toi. Ê

—Ce n’est pas nécessaire mon/père, répondit Gustave, Dieu saura me protéger contre les dangers, comme il a fait jusqu'ici ; je ne crains pas.la mort et je suis habitué à la souffrance. Ne vous inquiétez pas de moi.

Il commence la ronde qu’il avait a faire, et tout en marchant il priait avec-ferveur:; tout-à-coup un bruit semblable au roulement du tonnerre se fait entendre, il regarde dans la direction-d’où venait ce bruit, mais la ‘auit étant très sombre, il ne peut rien distinguer ; Sont-ce des Sauvages qui viennent nous attaquer, se dit-il, il arrête...prête l'oreille... etle. bruit approche toujours... On dirait vraiment qu'une troupe dé cent mille cavaliers accourt dans cette direction .£n faisant trembler la terre sous les pieds de leurs chevaux, se dit-il ;:son cœur bat avec force; il se penche pour mieux entenäre...et.le bruit approche toujours... Il s aperçoit que les chevaux et les bœufs se: lèvent, -dressent::les oreilles: et, tremblent de peur... ét.le bruit, approche toujours en augmentant de force—Que faire ? serait-il. .possible que. Dieu voulut nous exterminer ? Ne verrai-je donc:plus ma mère et ma sœur ? :si telle est, votre volonté, mon Dieu, veuillez les prendre sous votre sainte protection... et le bruit approche-toujours..… Enfin il est temps d'agir, dans un instant tout sera fini pour nous, pense:t-il, et croyant sa dernière ‘heure arrivée, i} donne son âme à Dieu, épaule sa. carabine et fait, feu, .le bruit arrête aussitôt, mais une reconde seulement pour reprendre toutefois une autre direction ; un éclair passe au même instant,

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et Gustave -peut voir un! troupeau : innombrable-de buffles fuyant avec une. grande rapidité :à, quelques centaines de: pieds de, lui, seulement. Ce premier danger passé, une rafale:le reñverse :à terre,; Gustave ,s'empresse de se reléver; et jetant: la vue au-ciel, il:voit le spectacle le plus grandiose: et le plus terrible à la fois, La tempête approche, les :élements paraissent se, livrer une bataille de géants entre eux, le firmament;au-dessus est tout en feu ; aussi loin que sa vue pouvait s'étendre dans cette inmense prairie, il ne. voit que de gros nuages ressemblant à des spectres monstres et horribles, qui approchent ;avec une rapidité-effrayante ; dans leur course

effrénée ils se croisent, se rouient.et se bousculent les uns

et les autres ; les plus petits, forcés de livrer passage aux plus gros, s'élèvent ous’abaissent pourse réunir à d’autres et s’élancent de nouv:°4. contre léurs adversaires pour renouveler la bataille ; les éclairs. qui ne cessent de tra-

verser les airs en serpentant et frappant la prairie dans

toutes les, directions, lui paraissent comme. autant. de

projectiles dont. se servent Jes ennemis les plus élevés

pour anéantir ceux qui sont au-dessous d'eux, Voulant

arrêter cette bataille inutile, la grande voix du tonnene se fait entendre, alors le vent s’agite avec plus de fureur. et véut tout renverser sur son passage, les nuages, effrayés,

redoublent de: vitesse; irritée, cette voix résonne plus

fort comme pour leur dire. ‘‘ Vous ne faites pas ce que je

veux,” les nuages obéissent, ils se crèvent it l’eau tombe

par torrents, mais le vent,toujours déchaîné, s’enfuit-et

va recommencer ses dégats plus loin.

Gustave, appuyé sur sa carabine, ne pouvait détacher la vue de ce spectacle; mon Dieu, dit-il, que vos-œuvres sont admirables et grandioses let je ne peux com)rendre comment l’homme si, petit, ôse se révolt.r contre vous. Quelle majesté et quelle puissance vous déployez dans ces élements qui vous obéissent. Absorbé dans ses réflexions qu'il interrompait de ternps à autre par la prière, iln’avait pas entendu les »cris de peur que lancèrent les femmes et les enfants dé la,caravane effrayés et snsevelis sous les tentes que le vent avait jetées à bas, et le capitaine arriva à lui sans qu’il s’en aperçut.

— Jeune homme, lui dit ce dernier, tu viens de nous sauvertous d'une destruction complète; ces buffles, dans leur panique, tenaient la direction du camp, et nous auraient tous écrasés si tu ne les avais effrayés par le coup de feu que tu as tiré, nous te devons une éternelle reconnaissance.

—Ne parlez pas de reconnaissance à moi, dit Gustave, vous devez tout à Dieu, car je ne pouvais présumer l’effet que devait produire un coup de feu sur ces animaux effrayés.

- —Tu n’en fus pas moins son instrument, reprit le capitaine. Ces buffles sont toujours guidés; dans leurs courses effrénées, par un seul des leurs qui se tient toujours à une petite distance en avant, et ils le suivent partout où il va. Dieu à permis que tu fusses sur le passage de leur guide qui, effrayé par ton coup de feu, changea de direction et fut imité par les autre: qui le suivaient. Mais tu dois être fatigué. l'émotion que tu as dû éprouver a épuisé tes forces, viens prendre du repos.

Le léndemaiïn, étant un dimanche, et la prière devant être plus longue qu'à l'ordinaire, nos trois amis sortirent

du camp et se dirigèrent vers les animaux ; en arrivant

près d’eux, Gustav: frappé de leur tranquillité, se mit à dire :

— Comme nos animaux sont tranquilles; ils ne bougent pas et se tiennent le nez contre terre comme s'ils flairaient quelque chose à distance, ce n’est pas leur coutume surtout le matin.

—C'est peut-être l'effet de. la fatigue qu ils ont subie hier en traversant cette montagne de sable, dit George.

—]e ne pénse pas comme vous, reprit Gustave, si ces :

animaux étaient. fatigués, ils chercheraient plutôt. à se couchèr qu’à rester debout et ils ne dresseraient pas les “oreilles comme ils le font ; leurs manières ne me paraissent pas être de bonne augure.

Une heure plus tard, le son de la trompette les avertit qu’ils dévaient ramener les bœufs au camp pour les atteler ; ces animaux s'y en allèrent d'eux mêmes, ce qui étonna nos trois amis davantage. On va donner le signal du départ. Gustave à cheval attendait ses deux amis.

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Tout à coup un mugissement sourd et sauvage se fait entendre, des cris perçants fendent les airs, et bœufs, chevaux et voitures partent comme un coup de foudre, Gustave se sent soulever et emporter comme par le vent ; gardant toujours son sang froid, il parvient à maîtriser son cheval! furieux et le fait revenir à l'endroit d’où il était parti. Alors il s'aperçoit de ce qui est arrivé ; un seul wagon est resté au camp, c'est celui de son père, tous les autrés sont emportés dans toutes les directions par les animaux avec la rapidité des chevaux de course. Grañd Dieu ! s’écrie-t-il, quel malheur ! Voyant que tout le monde est comme stupéfait ét ne bouge pas, il crie plus'fort : Ne voyez-vous pas ce qui vient d’arriver ? nos animaux, nos wagons et'nos provisions sont tous partis. Ce cri ramène les hommes à eux-mêmes, et ils s’empressent de courir ou de monter sur les quelques chevaux qui n'avaient pû partir, pour donner la chasse aux bœufs et aux wagons qui s’éloignaient toujours ; les cris des blessés attirent l’attention du capitaine et de Gustave, et l’on s'empresse de les sécourir, ce dernier regardant du côté de la rivièré, aperçoit le cheval d’Emily sur la rive opposée et s’enfuyant à travers la prairie. Mais je ne vois pas Emily. Une pensée le saisit et le fait pâlir. Grand Dieu ! s’écrie-t:il, serait-il possible qu’elle soit tombée à l'eau. Vite, George, vite, Arthur, venez Emily se noie.

George et Arthur, épouvantés en entendant le.nom de leur sœur, piquent leurs chevaux pour rejoindre Gustave, qui s'était jeté à l’eau avec si monture sans s'occuper du péril qui le menaçait lui-même. Deux où trois autres cavaliers les suivent dé près. Piquéz vos chevaux et suivez la rive, leur crie Gustave, rnademoiselle Emily doit être emportée par le courant. Rendons-nous vers le milieu de la riviére et laissons-nous aller à la dérive, ajouta-t-il en s'adressant à ses deûx amis ; mais, hélas ! je crains qu’il ne soit trop tard. Lés gens de notre caravane étaient tous accourus sur. le rivagé et ätténdaient avec anxiété le résultat dé cette recherche. Peines inutiles, une heure... deux héures s’écoulent, et rien ne vient troubler la surface unie de ce courant, sauf les bouilion-

nemens causés par les chevaux de mos trois amis qui, pâles .et défaits; fouillent. partout. , Le capitaine, voyant quelles recherches ne ‘pouvaient se: continuer sans danger; ordonna: à nos: trois amis de revenir sur le rivage. D'autres. cavaliers . prennent leur place. George : et ‘Arthur, découragés, se laissent tomber sur l'herbe, et pleurent amèrement.

Ne. vous affligez- pas ainsi, mes : ‘bons amis, leur dit Gustave, il faut :savoir se résigner à la volonté de Dieu. Espérons, cependant.

—Deux heures. s’écoulent encore, Les deux rives sont fouillées à une grande distance, mais tout fut inutile, Alors Je capitaine fit remettre la recherche à plus tard. Il faut s'occuper, dit-il, de notre salut-à tous, la demoiselle Emily est noyée, il n’y a pas à en douter, nous nous remettrons à la recherche de son corps aussitôt que nous aurons ramené nos WagOns et nos bœufs dispersés. Ainsi, chers frères, que chacun d’entre nous fasse tout en son pouvoir, il y va de notre vie à tous;

Gustave s'aperçoit de la peine qu'éprouve son père ; il voit des larmes couler le long de ses joues pâlies.

Le capitaine, s'adressant à ceux qui l’entouraient, leur dit: Quel dommage que cette demoiselle soit morte ! car son père et moi. nous l’avions destinée pour être une des femmes du prophète, qui aurait certainement été épris de sa beauté et en aurait fait une deses femmes choisies.

—Infâme, dit Gustave en lui lançant un regard de mépris,. dites-donc plutôt qu’elle était. une belle fleur qui, ayant plû à Dieu, l’a cueillie et emportée pour la planter. dans son jardin céleste, de peur que dés mains ét. ne la touchassent pour lui enlever tout son éclat, —L/ a ôtre-capitaine, connaissaut Jes tendances de notre héros, ne répondit point et s'éloigna pour voir aux autres blessés qui demandaient-.du secours ; dans une des voitures renversées, on-trouva une femme tenant un tout petit enfant sur-son sein, ils étaient morts tous les deux ; un peu plus loin, deux enfants enlacés dans les bras de

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revenir ir place.

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leur dit le. Dieu.

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l'un et l’autre, rendaient le dernier soupir en demandant leur mère, morte avant eux. On s’empréssa de couvrir leurs corps avec des draps sortis des bagages de M. Dumont ; ce premier devoir rempli, il fallut s'occuper d’aller chercher les animaux et les wagons, dont quelques-uns étaient à une grande distance. Gustave ne perdait pas un seul instant, et aidé de quelques voyageurs courageux, il réussit à retrouvér toutes les voitures intactes et brisées, ét en quelques heures, tout était ramené au camp, à l’exception d’une quarantaine de bœufs que personne ne put jamais revoir.

On se remit à la recherche d’Emily ; elle se continua le reste de là journée et pendant deux jours encore, sans aucun résultat. Mais si nôtre caravane eût connu les secrets de cètte prairie, elle aurait pu voir un homre au teint basané s'enfuir à travers les hautes herbes avec toute la rapidité dont son coursier était capable ; elle aurait remarqué qué ce cavalier tenait dans sès bras une jeune fille inanimée. En regardant de plus prés, elle aurait vu en ce cavalier un jeune guerrier indien au port noble, au regard fier et intelligent, et en cette jeune fille, celle dont on déplorait la perte en ce moment. Qu'estelle devenue ? A plus tard la réponse.

Avec les débris des voitures, on fit des cercueils et sur le soir on enterra les morts dans une grande fosse creusée à cette fin, Et quelles tristes funérailles, loin de toute habitation et dans un grand désert. Il me serait impossible de dépeindre la tristeste er la mélancolie qui s'était emparé de toute la caravane. Que de pleur; et de gémissements de la patt des parents et amis de ceux qui avaient trouvé la mort. Mais jetons le voile sur ce triste tableau et revenons à notre récit.

Le lendemain à bonne heure, la caravane se remit en marche, mais, Contrairement à l'habitude, on entéridait plus les conversations habituelles, les chants joyeux ou les cris de joie des enfants courant à travers la prairie pour s’amuser, tout le monde était silencieux, Géorge et Arthur, surtout étaient inconsolables de la perte de leur sœur chérie. (Gustave, voyant que ses deux amis se lais-

saient aller à la tristesse et au désespoir, résolût de les égayer autant qué.possible et cherchait tous les moyens de les distraire.

La caravane venait de laisser le Fort Laramée à sa gauche et s’engageait dans les côtés noires, (Black Hills) remarquables par leur hauteur et leur déclivité; là il fallut quadrupler le nombre des bœufs pour monter chaque wagon, De ce point, la nature change, la surface de la terre nous semble com 2 bouleversée, des secousses et des tremblements ont dû l’élever en certains endroits et effaisser en d’autres ; des ravins très profonds nous paraissent avoir été creusés en une seconde ; on croit distinguer l’existence de volcans éteints au pied desquels on aperçoit des précipices qui doivent avoir été formés par la lave, les pierres calcinées et rougies qui les bordent, nous portent à penser que le feu les a rongées, et plus nous. approchons des Montagnes-Rocheuses, plus ces ravins et ces précipices sont profonds e‘ fréquents ; et confirment la logique de nos pensées et otre théorie,

Par une belle matinée, Gustave et 5 eux amis, en avant de la caravane comme d’habitude, aperçurent au loin des buffles qui paisaient dans la prairie.

——Allons en tuer un, dit George, il nous procurera de la viande fraîche.

—Oui, allons, dit Arthur. Qu’en dites-vous ? Gustave,

—Je le veux bien, répondit ce dernier, mais ces animaux étant très difficiles à approcher, il nous faudra user de beaucoup de précautions ; vous allez marcher directement sur eux, moi, je vais passer à droite ; si vous arrivez les premiers, visez le plus petit, la viande est plus tendre, mais prenez garde de tirer avant d’être certains de votre coup, car ces animaux, une fois blessés, sont très dangéreux.

—Ne craignez rien pour nous, dit George, mais pourquoi nous séparer ainsi ?

-—En nous séparant nous aurons plus de chance, répondit Gustave, ces animaux ont l’odorat très fin et nous flaireront à une grande distance ; .s’ils m’aperçoivent le premier, il est tout probable qu’ils se. rapprocheront de

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vous, et vous donneront ainsi plus de facilité de tirer sur eux avec avantage, et s’ils vous voient les premiers, à moi la chance.

—Compris, dirent George et Arthur, et ils se réparèrent.

Gustave passe à droite et descend dans un ravin afin d'approcher plus près de ces animaux ; rendu où il pensait être vis-à-vis d’eux, il monte sur le côteau et aperçoit George s’apprêtant à tirer ; il arrête son cheval et voit le coup partir ; soudain un des plus gros buffles pousse un gémissement sourd, se retourne du côté de George et s'élance vers lui. Gustave voit que son ami a été jeté à terre par son cheval effrayé, et qu'Arthur est emporté à travers la prairie ne pouvant maîtriser sa monture. Calculant la distance et le danger, notre jeune homme pique son cheval et s’élance à la rencontre de l’animal furieux ; le buffle dévore l’espace sans ralentir sa course et n’est plus qu’à quelques pas de Ge rge qui n'avait pas encore eu le temps de se relever ; dans un instant ce dernier va se faire broyer et tout sera fini pour lui, Gustave pique plus fort, son cheval, hennissant de douleur, vole plutôt qu’il ne court, il arrive en poussant nn grand cri, le buffle, surpris, s'arrête. hésite et regarde son nouvel agresseur, Gustave profite de cette hésitation, épaule sa carabine. ajuste et lâche la détente, le buffle, foudroyé, tente un dernier effort et vient tomber à deux pas de George pâle de frayeur.

— Vous l’avez paru belle, lui dit Gustave en sautant à terre.

—Oui, cher ami, répondit George, je ne pourrai jamais vous témoigner assez de reconnaissance, c'en était fait de moi si vous n’étiez venu à, mon secours.

—Ne parlez pas de cela, reprit Gustave, vous en auriez fait autant pour moi, mais voici Arthur qui ramène votre cheval. Eh bien ! Arthur, ajouta-t-il en s'adressant à ce dernier, il paraît: que votre cheval n’aime pas là société

‘ des buffles.

—L'animal stupide, dit Arthur, tout l'effraie. — I] faut à présent s'occuper de ce méchant bufñle,

reprit Gustave, maïs nous avons besoin d’aide pour le dépécer, couréz donc à la caravare, Arthur, et demande de j’aide.

"Les hommes, joyeux de pouvoir se procurér de la viande fraîche, se hâtèrent de venir avec des sacs et des couteaux, et quelques minutes plus tard, il ne restait plus que la carcasse de cet animal furieux. George, rendu à la caravane, raconta comment Gustave lui avait sauvé la vie, tout en vantant sa bravoure et son adresse, mais ce dernier voulant échapper aux égards, se hâta de s'éloigner.

Quelqués jours après cet évènement, Gustave et ses deux amis rernarquèrert en avant d'eux un immense rocher ressemblant à un château.

—Ne dirait-on pas un château avec ses, tours et murailles, dit George ; allons graver notre nom sur le sommet de ce rocher.

—Allons-y, il n’est pas éloigné, dit Arthur, dans une heure, tout au plus, nous y serons rendus; ïe brûle du désir de monter sur vêtte éminence, où nous devons jouir d’un spectacle magnifique.

—Crcyez-moi, ne perdons pas notre temps, dit Gustave, ce rocher est tro éloigné.

—Jene pense pas qu'il soit éloigné de plus de cinq à six milles, dit Ge5rge.

—Vous vous faites illusion sur la distance, reprit Gustave ; vous savez que la grande pureté et la rarification de l’air rapprochent les objets, c’est-à-diré que tout nous paraît beaucoup plus près qu’il né l’est réellement ; il doit en être ainsi pour ce rocher. Je le crois à trente milles d'ici.

—Ceja nr se péut pas, dit Arthur.

—Et d’ailleufs, dit George, il se trouvé dans la direction du chemin que nous suivons, si nous n’y sommes pas rendus dans une heuré, nous rebrousserons chemin êt repréndrons là route.

—A cette condition, je vous suivrai, dit Gustave, et tous trois lancérent leurs chevaux au galop. Dans leur ardeur, il$ ne s'apérçoivent pas que le temps s'écoule vite; obligés de faire dé grands détous pour éviter des

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ravins Où leurs.chevaux n'auraient pu passer, ils ne regardent pas en arrière pour, remarquer .où ils ont, passé et par où ils devront revenir ; ils,.ne ralentissent pas: leur rourse.€t marchent, marchent toujours. Gustave, qui avait sulyl.ses amis pour ieur faire plaisir, fut le. premier à s’apercevoir que le soleil commençait la dernière partie de sa arrière... l'arrête, tire sa montre, et voyant qu'il est deux heures, il.fait arrêter. ses amis et leur dit:

—Je crois que nous ferions mieux de retourner sur nos pas: voilà près de cinq heures: que nous chevauchons vers ce point; qui semble reculer devant nous, car il me paraît encore aussi éloigné que ce matin. |

— Nous y arrivons, dirent ensemble George et Arthur, avançons:-donc encore un peu ; regardez, il est tout près.

—Je le répète, il est aussi près qu'il était ce matin, reprit Gustave en souriant, et nous ferions mieux de nous eu retourner. É:

Mrs encore un peu, dit Arthur, il n’est pas tard.

-—Il est deux heures, dit Gustave.

—Pourquoi ne pas nous rendre, dit George, nous aurons bien le temps de revenir.

—Non, mes bons amis, reprit Gustave, j'aimerais bien à vous faire plaisir, mais dans deux heures d'ici nous n’y serons pas encore rendus; prenez mon avis, et ne nous aventurons pas plus Join, nous ne sommes pas notabreux, et il pourrait.nous arriver malheur. R

George et Arthur, qui avaient appris à respecter l’opinion .de Gustave, lui obéirent, et on tourna le dos au, rocher.

Je vous disais bien que, vous vous faisiez, illusion sur la proximité de, ce rocher, dit Gustave ; pourvu que nous TNT ARE nos, traces gt le chemin que nous avons quitté, ça ira bien. ; |

—C'est bien simple, dit George, uous venons de cette direction, retournons# et il nous sera aisé de retrouver notre chemin... Dub

—Pas aussi aisé que vous le pensez, dit Gustave,

si

prenons toujours cette direction, on viendra bien à bout

Chi « a“

de se retrouver,

Gustave ne fut pas longtemps sans s’apercevoir qu'ils ne suivaient pas la bonne direction, maïs laquelle prendre, il ne le savait pas lui-même. Ne voulant pas inquiéter ses amis, il ne fit pas de remarques ; une heure, deux heures se passent, et la route ne parait pas encore. Nos amis pressent leurs chevaux, trois et quatre heures se passent..." et la route ne paraît pas encore. Ils arrivent enfin au bord d’une petite rivière à six heures du soir.

Mais nous n'avons pas passé par ici, dirent George et Arthur inquiets depuis lorigtemps.

—I1 n’était pas nécéssaire de passer par le même chemin, dit Gustave'en souriañt et voulant rassurer ses amis ; il est six heures, nos pauvres chevaux doivent avoir faim, je propose de les laisser se reposer et mangér ici pendant une demie-heure, nous pourrons ensuite reprendre notre marche avec plus de célérité ; le soleil est encore haut de deux heures, de sorte que nous n'avons rien à craindre.

——Oui, oui, répondirent George et Arthur plus rassurés, mais quelle direction allons-nous prendre ?

—]Je ne vois rien de mieux à faire que de suivre cette rivière, dit Gustave, elle doit se déboucher dans la Platte, et comme le chemin ne peut être bien loin de cette dernière, il nous sera facile de le retrouver.

—C'est cela, dirent George et Arthur en descendant de leurs chevaux. |

—N'avez-vous pas faim, vous autres, dit Gustave en souriant ; quant à moi, mon estomac commence à se

. révolter. N’ai-je pas eu une bonne idée cé matin d’avoir rempli de biscuits et de fromage le sac que vous voyez suspendu à ma selle ; nous avons de l’eau à boire ici, et si nous sommes seuls et écartés dans cette prairie, nous aurons au moins le plaisir de faire encore un bon repas. Et ouvrant le sac, il sortit les biscuits et le fromage, et tous trois, assis sur l'herbe, se girent à manger avec appétit.

—Vous devez avoir un ange qui vous protége, dit tt car touiours vous êtes prêt à toute éventualité. —C'est ce que notre religion enseigne, dit Gustave ;

ir qu'ils lle preninquiéter ire, deux re. Nos ieures se > arrivent u soir.

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ême cheses amis ; roir faim, | pendant dre notre core haut js rien à

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: Gustave;

Dieu a donné à chacun de nous un ange. pour le guider et le protéger, et cet ange, noûs, catholiques, i’appelons ‘“ Ange Gardien.” Avec un ami comme lui, on ne peut périr.. Ah!.chers amis, si vous saviez combien cette pensée et cette croyance sont douces et consolantes pour moi, surtout en ce moment où, seuls et délaissés dans ces immenses prairies, nous ne savons que faire pour retrouver nos pas. J'ai beau regarder de tous côtés pour trouver quelqu'un qui pourrait nous indiquer où est notre route, personne ne se présente ; j’ai beau chercher des points saillants pour nous guider, je n’en vois aucun, pas un ami pour nous tendre la main, pas une voix qui nous appelle pour nous diriger, rien... rien qu’une immense prairie qui semble se moquer de nous et augmenter notre perplexité. Que faire? me dis-je, et une voix intérieure me répond : ‘Regarde là-haut.” Alors, mes regards s'élèvent vers les régions célestes, une pensée qui me donneespérance me saisit et je me dis : ‘* Monte, ma prière, va, et demande à Dieu d'envoyer son ange à mon secours”: Mon âme prend son élan et se dirige vers les nuages ; monté, monte encore, tu n'es pas assez haut ; ét mon âme, saisie de crainte, monte encore, et d'une voix suppliante, s’écrie: ‘‘ Dieu tout-puissant, envoyez cet ange que vous m'avez donné pour me protéger moi et le corps que j'habite...’ Monte plus haut... plus haut encore, là tu trouveras notre fidèle ami ; mon âme obéit et arrive aux pieds de l'Eternel, ses yeux immortels voient le trône de Dieu; elle se prosterne et supplie ce Dieu,:qui exauce sa prière. Heureuse, elle revient accompagné de son ange et reprend sa place ; alors l’inquiétude et la crainte disparaissent et font place à l'espérance. Vous prendrez peut-être tout ceci pour de l'imagination, c’est le mot que les hommes tout matériels donnent à ces pensées, à ces aspirations ou élévations de l’âme vers sôn Dieu ; maissoyez assurés qu’il n’en est pas ‘ainsi pour celui qui croit et met en Dieu toute sa confiance, pour celui-là, c'est une réalité. : J'ai éprouvé plusieurs fois, cette après-midi même, de ces élévations de mon âme, et chaque fois j'étais plus assuré ;

comme vous, j’aiiété inquiet et la ‘crainte a commenté à s'emparer de moi, mais l'inquiétude et la crainte disparurent aussitôt que mon ême eut rempli sa missioh Aÿez confiance, chers amis; et espérons-qué Dieu, par le moyen de: l'ange qui nous protége, nous” fera retrouvér notre chemin et nos parents.

:Cherami, dirent George et Atthut émus; vous ne sauriez apprécier combien vos bonnes paroles hous ot remplis d'espoir ; il y a longtemps que la crainte et l'inquiétude se sont emparés de nous, mais ce’ que vous venez de dire a appaisé nos alarmes.

Après avoir laissé manger leurs chevaux :e temps voulu, ils sé remettent en marche en suivant le cours de cette rivière. Une heure...deux heures s’écoulent, et la rivière Platte ne paraît pas encore... ils montent sur des hauteurs, regardent de tous côtés, mais point d'indices de cette rivière; des prairies à l'Est comme’à l'Ouest, des prairies au Nord comme au Sud, des prairies dans toutes les directions. L’inquiétude et ‘la crainte s'emparent de nouveau de George et Arthur qui, pâles et défaits, n’ôsent faire connaître leurs pensées à leur ami ; la nuit commence à répandre ses ombres sur la ‘terre, ‘et la rivière Platte ne paraît pas encore ; l’obscurité s’emparé de tous les environs, la nuit devient très/noire, nos amis pressent leurs chevaux et peuvent à peine se voir, et rien n'indique qu’il y a une rivière de ce nom sur la surface du Globe ; ils marchent...marchent toujours, et la rivière Platte ne paraît pas encore. Enfin George et Arthur, découragés communiquent leurs pensées à leur ami :

—Avançons toujours, mes bons amis, leur répond Gustave, ne vous découragez pas, Dieu, en nous :éprouvant ainsi, veut nous faire comprendre que nous dépendons de Lui, soyez certains, qu'il viendra à notre secours ; remercions-le de ne pas être tombé encore:entre les mains des Sauvagès qui doivent être nombreux dans ces: parages. Avançons sans crainte. Ils pressent leurs chevaux et continuent leur recherche pendant deux heures encore, et la rivière Platté semble fuir devant eux. : Les chevaux ont: besoin de repos, ils ne veulent plus trottér, Gustave

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ond Gussprouvant ndons de s > remermains des | parages.

hevaux et

s encore, s chevaux y Gustave

prend une allumette et regarde à sa montre : Dix heures et demie, dit-il, arrêtons ici dans ce bas-fonds, et laissons reposer, nOS chevaux: qui-n'en-peuvent. plus: :, : :, Nos amis se laissent tomber .sur l'herbe harassés et tremblants de fatigue... Nous sommes : perdûs, dirent George et Arthur-avec désespoir; Non, ne craignez pas, dit-Gustave, encore.un peu de courage et nous-allons-trouver la caravane ; voyez la rivière commence à s’élargir.et le courant est, moins fort, c’est un bon signe, la Platte ne peut pas être, éloignée ; laissons manger nos chevaux. une vingtaine de minutes et nous partirons ensuite ; puis s'éloignant. à une petite distance, il se met à genoux et fait une prière.

George et Arthur le voyants 'éloigner le suivent, l'imitent et prient avec ardeur. Tout.à coup, des hurlements terribles apprachant avec une grande rapidité, se font entendre par tous les côtés.

—À.: cheval, vite; sauvons nous, s’écria | Gustave, nous sommes poursuivis par des:loups affamés, leurs hurlements indiquent -assez qu'ils sont en grand nombre, et. qu'ils veulent nous dévorer; . Vite, mes amis, traversons la rivière, de ce côté nous! n ‘entendons riens;

Les chevaux effrayés, n’eurent : pas besoin, d’ être commandés pour.se jeter à la nage ; ils traversent la rivière ; rendus de l’autre ;côté, il. leur faut gravir un coteau, les chevaux s’élancent et arrivent au, sommet, mais les loups approchent de pius en plus. Courage, courage, chers amis, criait Gustave, dont le cheval était plus vigoureux qua les autres. Ah ! ! voilà-une lumière, s'écria-t-il, tenons cette direction, c’est là: où.est notre caravane. $

Les loups diminuent toujours la distance qui les sépare de leur proie, ils ne sont plus qu'à quelques pas, dans quelques secondes nos:amis vont être cernés, Piquez, piquez vos chevaux, criait plus fort Gustave, et tirez vos pistolets ;, au même instant Arthur pousse un cri de douleur ; Gustave, arrête, tourne “bride sans s'occuper des loups qui le menacent lui-même ; il arrive à son ami et voit un loup énorme sur la croupe de son cheval prêt à le dévorer, il l’ajuste.et l’énvoie ‘rouler sur l’herbe. Alors

les autres loups se: D sur son cadavre et: s'en disputent les débris.

—Ah ! dit Gustave, ces LoupéBe dévorent: entre a, tuons en, ils serviront! de pâture aux aûtres, 1°":

Tous trois, lâchanti leurs brides, ‘tirent :leurs- pistolets dns le groupé, et chaque fois des Ibups! mordent la possière ; 4 autrés se jettent:sur ces nouvelles -proïés ;-une bataille générale s'engage'entre:ces carnassiérs avides de sang, leur’ fdit oublier nos ‘amis qui ‘en profitent pour s'éloignér dû plus vite et sont bientôt hors’ d'atteinte. Voyant qu’ils ne sont plus: poursuivis, : ils ralentissent leür course ; üne ligne blanche se dessine au ‘loin, c'est la rivière Platte, des points blancs en forme de cercle au milieu desquels est -un grand feu apparaissent à leurs yeux, ce’soht des wagons et des! tentés.

—Dieu soit loué, voilà notre pote. dirent George et Arthur.

——Je/vous disais bien qu'il ne fallait. pas. déseépérer, dit Gustave, ét dire qué ce sont ces! loups, ajouta-t-il en souriaïit, qui nüus: y ont conduits, Un peù vite il est vrai, maïs il né faut pas leur en. vouloir pour cela.’

Quelques minutes plus tard, ils’ entrént au camp qu'ils trouvent tout en émoi : Voici nos jeunes gens, s’écrie-ton avec! joie. M. Dumont en apercevant son’ fils, le serre dans ses bras et lui dit avec émotion ; |

Te Voilà donc, cher enfant, je te croyais perdu, pourquoi-m'as-tu causé autant d'inquiétude ? Depuis cinq heures, ’je te cherche ; di de nos hommes, partis à votre rencontre il y'a! audelä de deux heurës, ne sont pas encore révenus: : Ne'pars: plus ainsi, jé t'en prie:

Ne blâmez pas votre fils, dit : George, {c'est nous qui sommes! les coupables ; et il raconta commentils s'étaient écartés, le cale ét l’âssurance dont Ghüstave avait fait preuve, la : poursuite parles loups; le stratagème de Gustave: pour -assouvir léur re et la lumière qui les avait conduit à la caravane.

Maïs où est donc cette’ lumière ? dit Arthur, je ne ia

vois plus.

—Quelle lurnière ? ‘demandättion de tous. pi nous

ï dispu-

dtre eux, " FA L]

pistolets läpousés ; une vides de ent pour atteinte.

entissent bin, c'est ercle au à léurs

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imp qu’ils js écrie-ton - fils, le

ais perdu, epuis cinq es, ‘partis $, ne sont n'prie.

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avait fait agème de re qui les

ur; je ne ia

côtés, nous

n'avons pas allumé d’autre feu que celui-ci, en montrant celui qui brulait au centre du camp.

—Comment, dit George, n'avez-vous pas fait de feu

sur une hauteur ?

—Non, non, répondirent plusieurs, nous vous avons cherché à uné assez grande distance, mais nous n'avons pas pèns À llümes de feug Sur aucune hauteur.

—Mais, dirent George et Arthur, nous avoñs vu une grande lumière sur uné montagne et c'est" cetté lumière qui noûs a Conduits ici. |

— C'est certainement une illusion, dit l’apôtre-capitaine. —Non pas, dit Gustave, quelqu'un a peut être établi son Camp Sur ce ‘haut rocher que, nous voyons dé l’autre côté de la rivière, êt aurait fait du feu pour le souper, ou, qui sait, né sérait-Ce pas ün signe ou un'avis que.se font ordinairement les sauvages, pour avértir que noûs sommes entrés sur leur territoire? et souhaitant le bonsoïr à tous, il sé rendit à sa tente oû bientôt il dormait d’un profond sommeil après avoir rémercié Dieu ; mais il n’én était pas ainsi pour plusieurs autres qui né-savaiént pas'à quoi attribuer cette lumière mystérieuse. | ÿ

—Toût ceci est très exact, et il n’est pas rare que des phénomèhés aussi étranges se produisent dans ces prairies, surtout un peu avant lé léver du soleil ; j’ai vu moi-même et plusieurs avéc moi, les Montagnes Rocheuses, et les ravins aux alentours se réfletér au firmament; nous distinguions les plus hauts pics, les vallées et les petites rivières entre ces montagnes, la néigé, les pierres et les arbres étaient parfaitement dessinés dans leurs couleurs respectives. . À quoi attribuer ce reflet ? d’autres, plus savants que moi, poutrront vous en instrnire ; tant qu'à cette lumière, vue par nos trois amis, le grand feu allumé au centredu camp, aurait pû se reflèter sur ce haut rocher de l’autre côté. de la rivière, et paraître comme un vrai feu aux yeux de nos amis. Nous ne pouvons nier toutefois que cette lumière les a sauvés en les conduisant à la caravane.

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