ACTE 111, SCÈNE
S'éloignant.
Adieu.
ALUO, le rappelant cl plus bas.
J'ai le Traité que le docteur Subtil A fait de la magie, et, pour les sortilèges, De quoi fournir Satan avec tous ses collèges.
Voyant Ciappci plus allcnlif.
Parmi les moins connus, raviorum rari^
Voyez ceci qu'un moine apostat des Frari
M'a copié. L'auteur est Anselme de Parme.
On y peut tout apprendre : évocation, charme,
Et quel jour de la lune, à quelle heure, en quel lieu,
On doit — après avoir d'abord renié Dieu
Et blasphémé sans peur tout ce qui fait son culte —
Voir le diable apparaître, et ce qu'il en résulte.
C/est terrible, dit-on, mais les profits sont grands ;
Le livre n'omet rien du détail.
CIAPPEI.
Je le prends.
Combien ?
Centscudi.
ALDO
CIAPPEI.
Mais ce prix-là...
ALDO
N'est qu'honnête, Messire; à ce commerce on hasarde sa tète. Puis son âme là-haut...
CIAPPEI.
Et je dois tout payer.
It met une bourse sur l'étal.
m GUTENBERG.
ALDO, montrant un autre livre.
Le prix de celui-ci va moins vous effrayer. . .
CIAPPEI.
Beau volume pourtant.
ALDO
Des autres il diffère.
CIAPPEI. " r
En quoi?
ALDO
Je ne sais, mais c'est sûr.
CIAPPEI.
Étrange affaire 1
ALDO
En effet. L'inconnu qui me le mit en main Fut muet sur son art... Je cherche...
CIAPPEI.
Et l'examen?
ALDO
Nul... « On vendra ce livre, — ainsi parla mon homme, — (( Dix fois moins cher qu'un autre, et je veux que la somme « Reste fixe. Mon but — j'ai moins encor compris — « Est, a-t-il ajouté, de vendre au plus bas prix. — « Mais le gain? dis-je. — Il est — ceci touche au délire — « Dans le profit que tous trouveront à le lire. » Sont-ce pas là raisons à crier casse-cou I Pour moi, je n'y vois goutte, et crois pour le moins fou Qui va chercher son gain hors de l'argent qu'il gagne.
CIAPPEI, qui écoute avec la plus grande attention.
Quel air a-t-il ?
ALUO.
Grand air.