ACTE III, SCÈNE IV
Pour lui dire à plein cœur ce que je me reproche : Mon départ avec vous, qui fut un abandon. Yiendra-t-il?
ENNA
Croycz-le.
PIERRE
S'il vient, c'est le pardon.
ENNA
Il tiendra.
PIERRE
C'est ici que j'ai promis d'attendre...
Dès l'abord, parlez-lui des pièges qu'on peut tendre.
PIERRE
Encor !
ENNA
Plus que jamais. Qu'il se garde avec soin . Son mortel ennemi. . .
PIERRE
Ciappei?
ENNA
N'est pas bien loin.
PIERRE
Ce maudit, à Venise !
ENNA
A Venise 1
PIERRE
Folie !
ENNA
L'Allemagne a rendu le monstre à l'Italie. Je l'ai vu, là.
CHRISTINE
C'est vrai.
Soit !
ENNA
D'ailleurs avant peu, Comme un embrasement nous révèle le feu, Et l'herbe, autour sécbée, un serpent sous la roche, ■Quelque soudain péril nous dira son approche.
PIERRE
On vient...
ENNA, vivement.
A part.
C'est Gutenberg! Qui me dira pourquoi?
Le bruit de son pas même a des échos en moi. Ah ! lui parler ! — Plus tard ; car d'abord je dois être Où je puis devancer les menaces du traître.
Elle sort avec Christine.