‹ Gutenberg; drame en cinq actes et en versChapitre 71 sur 88 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

PIERRE, puis GUTENBERG.

PIERRE

Non, non, je ne serai pas lâche.

Jusqu'au bout vaillamment j'accomplirai ma tâche Envers le maître. Il faut enlîn l'aire bien voir Qu'on peut concilier l'amour et le devoir.

Voyant Gutenberg entrer.

Le voici qui vient trisie, abattu. Lui dirai-je...? Non, ce serait cruel! Il faut briser le piège D'abord. J'y parviendrai.

Si l'âme est dans les yeux, Fûst m'a dit en passant ce qu'il couve le mieux. Son regard!... Je le gêne, il faut qu'il se délivre. C'est un malheur de plus. Un autre est là...

PIERRE, prenant le livre qu'il lui montre.

Ce livre?

De ceux que fait Ciappei.

PIERRE, l'ayant feuilleté.

Dangereux !

C'était sûr :

Il me rend corrompu l'art que je rêve pur. Et j'ai l'âpre douleur de savoir qu'il peut nuire, Même avant d'avoir vu le bien qu'il peut produire. Et moi, ne trouver rien ! m'épuiser à chercher ! Ah! Sisyphe, c'est nous qui roulons ton rocher! Cette inutilité de mes efforts me pèse ! Les métaux tour à tour passent dans ma fournaise... Ce n'est que pour s'y perdre; et j'en reste toujours, Embourbé dans mon œuvre, à ces types trop lourds, Triste enfance et retard du progrès qui s'y brise.

PIERRE

La lettre en sort pesante et l'empreinte est trop grise.

Plus de bois ! un métal !

PIERRE

Lequel?

Problème obscur!

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