ACTE IV, SCENE V. a
PIERRE
Le cuivre?
Il est cassant.
PIERRE
Le plomb?
Mou.
PIERRE
PIERRE
Le fer?
Dur.
L'étain?
Il vaudrait mieux, mais sous la presse il plie.
PIERRE
L'argent? l'or?
Jusque là j'ai poussé la folie De l'épreuve! Ils seraient la ruine. Ils sont lenis A se fondre d'ailleurs aux feux les plus brûlants.
PIERRE
Le moule est prêt...
Le métal manque. Ab! si de France Ce message apportait au moins une espérance. Non.
PIERRE
Et chez ce savant?
Rien ! Que peut obtenir D'un tel fou du passé, le fou de l'avenir! Il n'a pas compris même un seul mot de l'idée.
PIERRE
Pas un seul?
Sur du sable on eût dit une ondée.
PIERRE
Il dut répondre entin. . .
Ceci : Que les anciens Dans leur raisonnements n'ayant eu rien des miens, Il serait tout d'abord peu sage de m'y suivre ; Que les Romains savaient mieux fabriquer un livre. « Les Romains, dis-je alors, qui comme un fief à bail Tenaient le monde, avec les peuples pour bétail, S'ils avaient eu l'idée, ils n'auraient su qu'en faire. Esclave elle fût morte en leur étroite sphère. ^ Elle vint les tenter, et leur glissa des doigts, Il lui fallait le monde, allégé de leur poids. Le monde, où tout bientôt prendra son équilibre ! Le monde, où l'homme sent enfin qu'il sera libre ! »
Et le savant?
Riait très-dédaigneusement, Et je n'eus pour adieu que son ricanement.
PIERRE
On s'en amuserait si ce n'était funeste
Ce qui semble bouffon attriste encor le reste.
Mais vois comme partout l'ignorance et le mal
M'envahissent ! Quel cercle inflexible et fatal
Se rive sur l'idée, et sans pitié l'enserre :
L'un, qui veut m'en chasser, s'y fait déjà corsaire;