SCÈNE PREMIÈRE
JENSON, ENNA, CHRISTINE.
JENSON, sortant de la boutique de Pierre Schœffer.
Pierre, à bientôt.
ENNA
Pendant qu'il retourne au travail, Dites-nous sur Drizen le funèbre dét;vil. Je partais quand j'appris sa mort. Fut-elle?...
JENSON.
Digne.
Lorsque le cœur enfin s'éclaire, il se résigne.
ENNA
Ainsi son repentir?
JENSON.
Fut sincère, fervent.
VCTK V. SCKNK I. 121
KNNA.
Gulenberg, dites-moi, revenait-il souvent Dans ses remords?
JKNSON.
Souvent, et quand partil son ànie.
Ce nom seul se mêlait à celui de sa l'eunne...
EINÎ^A.
Merci... Lorsque l'on sent que Dieu vint y j)arler, La mort porte avec soi ce qui peut consoler. Adieu.
JKISSON.
Déjà î
ENNA
Les coups dont je suis assaillie Font que je ne me plais que seule et recueillie.
JENSON.
Mais je suis curieux. D'ordinaire on consent A tout dire à l'ami qui fut longtemps absent. Achevez de m'apprendre enfin dans quelle crise Gutenberg a si vite abdiqué l'entreprise. Je sais ton! jusqu'à l' heure où le père arriva.
« La trouvaille est toujours, dit-il, à qui trouva. a Or, puisque Pierre trouve, à lui la découverte ! »
JE^•so^.
Oui, mais à Fûst le gain, à Gutenberg la perte 1
ENNA
Comme vous devinez !
JENSON.
J'ai connu Fiist là-bas, Et je le sais par cœur.
ENNA
Pierre n'acceptait pas.
CHRISTINE
Il me sacrifiait.
ENNA
Lorsqu'intervint le maître.
JENSON.
Avait-il entendu ?
ENNA
Tout.
JENSON.
Je le vois paraître Alors : terrible et grand, aux regards absolus, Noble et, comme toujours, fier...
ENNA
Oh! mille fois plus.
A Fûst, qui persistait, il enjoint par un geste D'achever ; ce qu'il fit...
CHRISTINE
Quelle scène funeste !
JENSON.
Fust?
Avide, cruel.
JENSON. >
Lui?
ENNA
Superbe, écrasant I « Soit, dit-il ; je n'ai plus qu'à partir» à présent. « Jamais je ne voulus d'un droit qu'on me discute, (( Et la fatigue vient des dégoûts de la lutte. » Il déchire l'écrit qui pouvait les lier,