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résultât rapprocha toujours les événements; enfin le même mois et te même jour du mois Sêmblèreht assignés comme la période dan-» gereuse pour l'un comme pour l'autre.
On croira facilement qu'en rapportant cette circonstance ,• nou$ ne voulons pas donner de poids à cette science prétendue ; mais il arrive souvent , tant est grand notre amour naturel pour le merveilleux , que nous contribuons nous-mêmes par nos efforts à tromper notre jugement. Soit que cette coïncidence que j'ai citée fût réellement un de ces singuliers hasards qui arrivent quelquefois contre les calculs ordinaires, ou soit que Mannering, égaré dans le labyrinthe des calculs arithmétiques et du jargon technique de l'astrologie ; eût , sans s'en apercevoir , suivi deux fois le même peloton pour sortir de ses détours, soit enfin que son imagination ; séduite par quelques points d'une ressemblance apparente, l'eût porté à trouver entre ses deux opérations une simultitude plus exacte qu'elle ne l'aurait été autrement (c'est ce qu'il est impossible de deviner), toujours est-il que ces résultats constamment cor* respondants entre eux firent sur son esprit une vive et forte impression.
Il ne pouvait s'empêcher de s'étonner d'une coïncidence aussi singulière qu'inattendue. « Le diable s'en mèle-t-il, pour nous punir de badiner avec un art qu'on dit d'une origine magique? Ou bien est-il possible, comme Bacon et sir Thomas Browne l'admettent 1 , qu'il y ait quelque vérité dans l'astrologie sagement et régulièrement pratiquée, et ne peut-on nier l'influence des astres, quoique l'application qu'en font les fripons qui prétendent exercer cet art * doive être grandement soupçonnée? » Un moment de réflexion le porta à rejeter cette opinion comme chimérique, et seulement sanctionnée par ces hommes instruits , soit parce qu'ils n'osaient pas secouer à la fois tous les préjugés de leur siècle , soit parce qu'ils n'étaient pas exempts eux-mêmes de l'influence contagieuse d'une superstition dominante. Cependant le résultat de ses calculs , en ces deux occasions, laissa dans son esprit une impression si désagréable que, comme Prospero 8 , il abandonna intérieurement son art, et résolut de ne plus jamais pratiquer l'astrologie judiciaire, soit en plaisantant * soit sérieusement.
Il hésita long-temps s'il découvrirait au laird d'EUangcrwan l'horoscope de son premier-né. A là fin , il résolut de lui dire fran-
1. Bacon et Browne , quoique sceptiques , payèrent tribut aux préjugés Àe ièut tefia>k A. il. — 2. Pérsopiiage: M W Tempête, do ShaJcipeare. a. m.
chement le résultat qu'il avait trouvé , et de lui faire connaître en même temps la futilité des règles de Fart d'après lesquelles il avait opéré : c'est dans cette résolution qu'il sortit pour se promener sur la terrasse.
Si la vue des environs d'Ellangowan lui avait paru magnifique au clair de la lune , elle ne perdait rien de sa beauté aux rayons d'un soleil du matin ; et quoiqu'on fût au mois de novembre , la terre même souriait à son influence. Une montée rapide mais régulière conduisit Mannering de la terrasse sur une éminence voisine et en face du vieux château. Il consistait en deux tours rondes, massives , sombres et obscures , en saillie aux deux angles extrêmes d'une courtine , ou mur simple qui les unissait, et protégeait ainsi la principale entrée , qui donnait sous une voûte élevée au centre de la courtine dans la cour intérieure du château. Les armoiries de la famille , sculptées dans la pierre de taille , se voyaient sur la grande porte , et le portique montrait les espaces arrangés par l'architecte pour baisser la herse et lever le pont-levis. Une grande porte de ferme, grossièrement' faite de planches déjeunes sapins clouées ensemble , formait la seule défense de cette entrée autrefois formidable. L'esplanade devant le château commandait un beau point de vue.
L'horrible route et la scène de désolation que Mannering avait traversées le soir précédent, étaient dérobées à "sa vue par quelques monticules; le paysage présentait une charmante alternative de collines et de vallées, traversées par une rivière qu'on apercevait en quelques endroits et cachée dans d'autres où elle roulait ses eaux entre deux rivages escarpés et couverts de bois. Le clocher d'une église et l'apparence de quelques maisons indiquaient la situation d'un village, à l'endroit où elle se jetait dans l'Océan. Les vallons paraissaient bien cultivés , les enclos qui les partageaient bordaient les pieds des collines , et les haies-vives qui les entouraient montaient quelquefois sur la pente. Au delà étaient de verts pâturages , couverts surtout par des troupeaux d'un bétail noir , puis le marché public du pays dont la vue à quelque distance animait encore le paysage. Les collines plus éloignées avaient un aspect plus sévère , et à une plus grande distance encore elles devenaient des montagnes couvertes d'une sombre bruyère , offrant à l'horizon une barrière qui formait les limites naturelles et fixes de la contrée cultivée, et faisait concevoir en même temps l'idée charmante que c'était un lieu solitaire et] retiré. Le rivage de la mer ,