‹ GUY MANNERING OU L'ASTROLOGUEChapitre 166 sur 215 · CHAPITRE XLY. ttl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLY. ttl

posant véridique l'avis donné à Dimqont, il avait à çraifld^e ui^ danger plus réel et plus imminent que celui qui pouvait résulter de quelques jours de prison. En même temps il n'était pas moins manifeste que quelque ami inconnu travaillait pour lui.' « Ne m'ayez-^ vous pas dit , demanda-t-il à Dfnmont , que ce Gabriel était de race égyptienne? — On Fa toujours cru , répondit le fermier t et je croîs' qu'on n'a pas tort, car ces gçns-Ià savent toujours où trouver le* monde , et quand ils le veulent, }ts peuvent lancer une nouvelle <ftm bout du pays à l'autre corpmeon lance une balle. Majsi'pu-* bliais de vous dire , on fait de sévères perquisitions contre la vieille femme que nous avons vue i Bewcastfe. Le shérif a posté ses ho m-* mes en haut de Limestane, en bas de r ermitage et ^ Liddel; de tous côtés enfin. On lui offre une récompense de cinquante livres/ rien de moins, si elle veut se montrer. Le juge de J>aix Forcer ,! dans le Cumberland, a lancé un mandat d'arrêt contre elle, à ce' qu'on m'a dit; ses espions la cherchent partout et peuvent même' visiter les maisons. Mais malgré tout, ils ne t'auront que fi elle veut se laisser prendre. — Et pourquoi ces perquisitions? — Ma foi, je n'en sais rien ; j'ose dire que c'est une sottise ; mais on prétend qu'elle a ramassé de la graine de fougère , et qu'elle peut se transporter partout où elle veut, comme Jacques Iç tpeur de géants dans la ballade, avec son habit qui le rend invisible et ses bottes de sept lieues' : au reste, elle est comme la reine de tous les' Egyptiens; elle a, dit-on, plus (le cent ans, et on croit qu'elle est venue dans ce pays avee ces bandes qui l'Inondèrent à l'époque de la chute des S tu arts. Si elle ne peut pas se cacher elle-même, elle' connaît des gens qui la cacheront bien , vous pouvez çn être sûr. Ah ! si j'avais su que c'était Meg Merrilies quand je l'ai trouvée ' chez fibb Mumps , j'aurais eu soin de lui parler plus poliment. »

Bertram écouta avec beaucoup d'attention ce récit dont plusieurs circonstances cadraient si bien avec ce qu'il avait vu Iui-mèiqé de cette sibylle égyptienne ; après un moment de réflexion , il pensa ' qu'il pouvait, sans violer sa parole; révéler ce qu'il avait vu ^ ' Derncleugb à une personne qui paraissait avoir de la vieille Meg' une opinion toute particulière. Il conta donc toute cette histoire au * bon fermier, qui l'interrompit souvent par ces exclamations : c Éh : bien, trouvez donc sa pareille!... —Du diable sH n'y a rien là-des- ' sous! » et qui, après l'avoir entendue dhm bout S l'autre, dit çn 1 secouant sa grosse tête noire : < Oui, je soutiendrai qulj y a du

'• Xo franç^U dins le tçxU.

bon et du mauvais dans ces Egyptiens. S'ils ont commerce avec le diable , c'est leur affaire et non la nôtre.. . Quant à sa manière d'arranger un cadavre , je connais bien cela. Ces diables de contrebandiers, quand l'un d'eux est tué dans une affaire, envoient chercher une femme comme Meg pour ensevelir le corps , c'est là toute la pompe funèbre. Puis ils le jettent dans un trou, sans plus de cérémonie qu'on n'y jetterait un chien. Mais ils tiennent beaucoup à cette coutume. Quand ils sont près de mourir, il faut encore qu'une vieille femme vienne leur chanter des prières, des ballades et des charmes, comme ils disent, préférableoaent à un ministre.». C'est une ancienne coutume parmi eux, Je croirais assez que l'homme qui mourut devant vous avait été blessé quand ils brûlèrent Woodbourne. — Mais , mon ami, Woodbourne n'est pas brûlé. — Eh bien! tant mieux pour les maîtres. Le bruit avait couru chez nous qu'il n'y restait pas deux pierres l'une sur l'autre. Quoi qu'il en soit on s'y est battu, et joliment encore. Tous pouvez donc m'en croire, votre homme» comme je disais , avait été blessé dans le combat , et ce sont les Egyptiens qui ont pris votre porte-manteau quand ils ont trouvé la chaise de poste arrêtée sur la neige. .. Ils ne pouvaient passer sans le prendre... cela allait à leur main comme un goulot de bouteille. — Mais si cette femme est une reine chez eux, pourquoi n'a-t-elle pas pu me protéger ouvertement et me faire rendre ce qu'on m'avait pris? — Ah! qui sait? Si elle a le droit de leur commander, ils ont, eux, celui de faire ce qui leur plaît, quand la tentation est grande; peut-être aussi que quand il y a des contrebandiers avec eux , elle a moins d'autorité ; et il y en a presque toujours... J'ai entendu dire que les Egyptiens savent quand les contrebandiers doivent arriver , où ils doivent débarquer , mieux que ceux à qui ils vendent leurs marchandises. D'ailleurs, après tout} elle est un peu folle, elle a quelque chose d'extraordinaire dans la cervelle. Que ses prophéties , ses prédictions soient vraies ou fausses, pour sûr elle y. croit elle-même , et dans sa conduite elle obéit toujours à quelque singulière inspiration. Elle ne prendra jamais le chemin le plus court pour aller à un puits , croyez-le bien... Mais quelle diable d'histoire que la vôtre , avec des ruines, des morts, des mourants! Je n'en ai jamais lu de pareille dans nos livres de contes !... Mais chut! j'entends venir le geôlier. •

En effet leur conversation fut interrompue par le bruit peu harmonieux des serrures et des verroux, et Mac-Guffbg montrant sa grosse figure à la porte : « Allons , monsieur Dinmont , dit-il, pour

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