L'ÉGYPTIENNE
Ditee-voi de qui T0U3 tene* cet étrange avis? à quoi bon nous arrêter sur ces ruines pour nom saluer d'un fargoa prophétique ? Parlé*, je rmta Forieane.
Le soir du jour où l'interrogatoire de Bertram avait eu lieu , le colonel Mannering arriva d'Edimbourg à Woodbourne. Il y trouva sa famille comme il l'avait laissée , ce qui probablement n'aurait pas été , du moins en ce qui concernait Julia , si elfe eût appris l'arrestation de Bertram. Mais comme, pendant l'absence du colonel, les deux jeunes demoiselles vivaient fort retirées, le bruit de cet événement n'était pas venu jusqu'au château. Une lettre avait déjà instruit miss Pertram que les espérances conçues au sujet de la succession de sa parente étaient évanouies. Si cette nouvelle détruisit en elle un secret espoir , elle n'en fut pas moins empressée de se joindre à son amie pour faire au colonel le plus cordial accueil, voulant lui prouver ainsi combien elle était sensible à ses bontés paternelles ; elle lui témoigna aussi son regret qu'il eût , dans une telle saison , et pour elle seule ? entrepris un voyage tout-à-fait inutile.
t Inutile pour vous , ma chère , dit le colonel , et j'en suis vivement affligé, mais non pour moi; j'ai fait à Edimbourg la connaissance de plusieurs personnes du plus grand mérite, et te temps s'y est écoulé pour moi d'une manière si agréable, que je n'ai rien à regretter.. Notre ami Dominie lui-même en revient trois fois plus savant, car jl a aiguisé son esprit dans les controverses avec les
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«40*4* la fttfate 4u*tar<L ~- Il etf ^ f MJi*w*m#im complaisance marquée , j'ai combattu saut u* laisser V4MP*t» W*&n que mou adversaire fût vraiment redoutable. — Je prétune, vofim* sieur Saqppaon > dit miss Mannering, que cette lutt* w«? * W Pfflft fatigué? — Oui, beaucoup» ma jeune des^oiselle... Majs j'avai* ceint mes reins, et j'ai résisté bravement. — Je puis assurer , dit Ift colonel » que je n'ai jamais vu d'affaire plu* chaud^. Sepittable h la cavalerie maratte , l'ennemi attaquait de tau* les côtés et ne doifc* oait pas prise à l'artillerie. Mais M. Sampson tenait ferm? & *«i canons , et tirait toujours y tantôt sur l'ennemi, tantôt sur la pou** sière qu'il, avait élevée. Mais nous n'avons pas le temp* de. v«m conter nos batailles ce soir... Demain nous en parlerons à déjeuner, t Mais le lendemain Dominie ne parut point au déjeuner* Il était t dit un domestique, sorti de très bonne heure dans la matinée* U lui arrivait si souvent d'oublier l'heure des repas , que jamaitson absence n'inquiétait personne. La femme de charge , vieille dame fort honnête et presbytérienne dans lame, qui, par cela même, av^it la plus haute idée de la science théologique de Sampson, avait soin en pareil cas que ses distractions ne lui portassent aucun pr^udice, et de lui rappeler , à son retour , ses besoins terrestres ; eUe pourvoyait à ce qu'il pût les satisfaire. Mais rarement s'absentait-il peudant deux repas de suite, comme il arriva en cette occasion. Noua, devons expliquer la cause de cet événement extraordinaire- La conversation que M. PleydeU avait eue avec Mannering , au sujet de la disparition d'Henri Bertram, avait revente toutes le* émotions pénibles dont ce malheur avait frappé Sampson. Le cœur aimant du pauvre Dominie lui avait toujours reproché que sa, négligence , en confiant r enfant à Frank Kennedy, avait été la cause première du meurtre de cet officier, de la perte d'Henri, de la mort de mistress Bertram , et de la ruine de la famille de son patrou, C'était un sujet sur lequel il ne conversait jamais... si sa, manière de parler pouvait s'appeler conversation... mais qui était toiyour* présent à son esprit. L'espèce de convictiou , si claireruent ^primée dans le testament de mistress Bertram , avait excité dan& le cœur de Sampson une dpuce espérance ; mais quand il vit PleydeU ne pas, la partager, à cette espérance déçue succéda une inquiétude qui allait presque au délire. « Assurément, pensait Sampson, M. PleydeU est Un homme érudit, très versé dans les graves matières de la jurisprudence; mais c'est aussi un homme d'iu^ caractère léger, qui parle sans réflexion. Pourquoi d'ailleurs,
SW GUY MÀNNEMRG.
s'avisent-!! de prononcer comme ex cathedra sur l'espoir manifesté par la digne mistress Marguerite Bertram de Singleside ?. . . > Tout cela, comme je rai dit, Sampson le pensait; car s'il eût seulement prononcé la moitié de cette phrase, la fatigue extraordinaire d'un si long exercice aurait rendu ses mâchoires malades pour un mois.
Ces réflexions le conduisirent h désirer de revoir les lieux témoins du crime, ïa pointe de Warroch où il n'était pas allé depuis long-temps , c'est-à-dire depuis cet accident fatal. La promenade était longue, car la pointe de Warroch était à l'extrémité des domaines d'Ellangowati , situés entre ce lieu et le château de Woodbourne. De plus, Dominie s'égara plus d'une fois en faisant des détours nécessités par les ruisseaux que la fonte des neiges avait changés en torrents , et qu'il croyait n'être , comme en été, que de simples filets d'eau.
Enfin il atteignit les bois qui taisaient le but de son excursion, et les visita avec soin, faisant de vains efforts et mettant son esprit à la torture pour se rappeler chaque circonstance de la catastrophe. On croira facilement que la vue même des lieux , avec toutes les idées qui s'y associaient , ne put lui foire adopter des conclusions différentes de celles qu'il avait prises au moment même de l'événement. Ce fut donc en poussant plus d'un profond soupir et plus d'un gémissement que le pauvre Dominie termina son pèlerinage infructueux et reprit le chemin de Woodbourne , pendant que son estomac déchiré par le besoin le ramenait souvent à se demander
s'il avait ou non déjeuné le matin Ainsi, tantôt songeant à la
perte de l'enfant , tantôt forcément distrait par son appétit qui lui offrait pour sujet de méditation des tranches de bœuf, du pain et du beurre, il prit une route diffierente.de celle qu'il avait suivie le matin, et passa en vue d'une petite tour en ruine, ou plutôt des restes d'une tour appelée par les gens du pays la tour de Derncleugh.
Le lecteur peut se rappeler la description que nous avons faite de ces ruines dans un des précédents chapitres ; car c'est là que le jeune Bertram, sous la protection de Meg Merrilies, fut témoin de la mort du lieutenant d'Hatteraick. La tradition populaire ajoutait des terreurs imaginaires à l'épouvante naturelle qu'inspirait la solitude du lieu, et ces absurdités avaient probablement été inventées ou du moins accréditées par les Égyptiens qui avaient long-temps demeuré dans le voisinage, afin de les exploiter à leur profit. On disait