‹ GUY MANNERING OU L'ASTROLOGUEChapitre 174 sur 215 · CHAPITRE JLLVU. Ht · texte numérisé non relu

CHAPITRE JLLVU. Ht

Je puis suspendre le coure du suc dan* les veinas de estai qui fit dans l'opulence après avoir dépouillé l'orphelin , après avoir voulu l'écraser dans son berceau... Écouter-moi.,. Par ordre de votre père, ou a retiré les troupes qui étaient à la douane de Portas* ferry, et elles sont venues au château d'Hazlewood, parce qu'il craint que sa maison ne soit attaquée cette nuit par des contrebandier»* Personne ne songe à toucher à sa maison : son sang est bon, son sang est noble... Je ne parle pas de lui particulièrement; mais, encore une fois > on n'a nul dessein de lui nuire* Renvoyés prompte* ment les cavaliers à leur poste* Ils peuvent avoir de la besogné cette nuit... Oui, ils en auront , les coups de fdsil vont retentir, les sabres vont briller au clair de la lune* ~ Bon Dieu ! que roulezvous dire? Vos paroles et vos manière» me feraient croire que von* êtes folle f et cependant il 7 a quelque sens caché dans vos discourt. — Je ne suis pas folle! s'écria l'Égyptienne; on m'a emprisonné* coinam folle, fouettée comme folle , bannie comme folle ; mais je ne suis pas folle* Écoutez, Charles Hazlewood d'Hazlewood : gardeztous rancune è celui qui vous a blessé? — Non, femme, Dlen m'en préserve ! Mon bras est guéri , et j'ai toujours dit que le coup était parti par accident. Je voudrais pouvoir le dire à oc jeune homme kuHpéme* — Alors suivez mes conseils» et voua loi ferez plus de bien qu'il ne vous a fait de mal; car si on l'abandonne à ses ennemi*, ee sera demain matin un cadavre sanglant, eu 1» homme* banni* Maie il y a quelqu'un là-baut. Faites ce que )e vous conseille, renvoyez les soldats & Portanferry . U n'y a pas ptos à entartre pont* le château d'Hazlewood que pour celui de Cnrfd-FeB, * Et elle disparut avec sa vitesse ordinaire.

Il semble que la vnede cette femme , que le mélange de Kiaarrerie et d'enthousiasme de toutes ses actions, manquaient ra rement de produire la pk* forte impression sur cou à qui elfe **air*ss*ft . Ses paroles, quoique singulières , étaient trop efarire* et trop taMljgiblet pour qu'on, la crût folle, mais ans* trop véàémentes, trop hûarras, pour être dictées par un esprit sain. EBe semblait agir par Y influence d'une imagination fortement agitée plutôt que dérangée f et il est étonnant combien , dans ces deux cas, était grand Fdfet qu'elle produisait sur ses auditeurs. On peut expliquer ainsi coin* ment on prêtait attention à ses demi-mots bizarres et mystérieux , comment même on suivait ses conseils. Il est certain, de morne, que le jeune Haziewood fut profondément ému de son appatitidn suîite et dcaou ton impératif ; il hâta le pas de s» cheval. D fatsfcitdéft

nuifcquand il arriva à Hazlewood. Ce qu'il vit en y entrant confirma pleinement les paroles de la sibylle.

Trente chevaux de dragons étaient sous un hangar près des cuisines, encore tout bridés ; trois ou quatre soldats montaient la garde , tandis que les autres se promenaient en long et en large devant la maison avec leurs grands sabres et leurs grosses bottes. Hazlewood demanda à l'officier qui les commandait d'où ils venaient. . « De Por tan ferry. — Y avez-vous laissé une garde ? —Non ; nous sommes venus tous ici par ordre de sir Robert Hazlewood , pour défendre sa maison contre une attaque dont le menacent les contrebandiers. •

Charles Hazlewood alla sur-le-champ trouver son père. Après lui •avoir présenté ses respects , il s'enquit du motif pour lequel il avait envoyé chercher la force année : sir Robert l'assura que , d'après des renseignements, des avis, des nouvelles , qui lui avaient été communiqués, exposés, il avait les meilleures raisons de penser, de croire, d'être convaincu qu'une attaque serait tentée, exécutée cette nuit contre le château d'Hazlewood par une bande de contreban- . diers , d'Égyptiens et d'autres bandits.

c Et pourquoi , mon cher père, la fureur de ces gens-là se dirigerait-elle plutôt sur notre maison que sur toute autre du voisinage ? -s- Mais je pense , monsieur , je suppose , je présume , avec tous les égards dus à votre sagesse , à votre expérience , que la vengeance de ces gens-là s'exerce , se dirige particulièrement contre les personnes, les plus importantes , les plus distinguées par le rang, les lumières, la naissance et la fortune, qui ont arrêté, réprimé, puni leurs forfaits , leurs tentatives illégitimes , illégales et criminelles. • Le jeune Hazlewood , qui connaissait le faible de son père , répondit,que sa surprise venait d'un motif autre que celui que sir Robert supposait , mais qu'il s'étonnait seulement qu'on songeât à attaquer une maison où il y avait tant de domestiques , et où une foule de voisins viendraient , au moindre signal , apporter du secours. II ajouta qu'il craignait que la réputation de sa famille ne souffrit un peu de ce qu'on appelait pour la protéger les soldats qui devaient garder la douane , comme sf les Hazlewood n'étaient pas en état de se défendre eux-mêmes. Il donna même à entendre que leurs envieux feraient un sujet d'éternelles plaisanteries d'une précaution qui aurait été inutile.

Sir Robert fnt surtout frappé de cette dernière objection ; car, comme tous les esprits étroits , il ne craignait rien tant que le ridî-

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cule. Il se recueillit, et, laissant paraître son embarras sons une apparence de fierté, il affecta de dédaigner l'opinion publique , devant laquelle cependant ii reculait presque toujours.

c En vérité, j'aurais cru , dit-il , que l'injure qui a déjà été Me à ma maiton en votre personne , comme héritier et représentant de la maison d'Hazlewood après ma mort j j'aurais cru et pensé , dis-je, que cette injure aurait suffisamment justifié aux yeux des gens les plus respectables, aux yeux du plus grand nombre , des mesures qui ne sont prises que pour prévenir et empêcher un nouvel outrage: — En vérité , mon père , je dois vous répéter ce que j'ai déjà dit bien des fois : je suis sûr que le coup de fusil n'est parti que par accident. — Non , monsieur , ce n'est point par accident ; mais vous voulez être plus capable de juger que ceux qui sont plus âgés que vous. — Mais , mon père, une circonstance qui me concerne si personnellement. ... — Monsieur, elle ne vous concerne que bien secondairement; c'est-à-dire qu'elle ne vous concerne pas , en tant que' vous êtes un jeune éeervelé qui prend plaisir à contrarier son père; mais elle concerne le pays , monsieur, tout le public, monsieur, le royaume d'Ecosse, monsieur, en tant que l'intérêt de la fatftflle d'Hazlewood est compromis, menacé , exposé en vous, par vous, à cause de vous , monsieur. Au surplus , le coupable est en lieu sûr , etM.Glossinpense... —M. Glossin! mon père? — Oui, monsieur; le gentilhomme qui a acheté Ellangowan... Vous le connaissez , je suppose?... — Oui j mon père; mais je ne m'attendais guère à vous entendre citer une pareille autorité. Gomment ! ce drôle... que tout le monde connaît si sordide , si bas , si fourbe , et que je soupçonne d'être plus encore que cela !... Et depuis quand , mon cher père, donnez-vous le nom de gentilhomme à un pareil coquin? — Mais, Charles , je ne dis pas gentilhomme dans le sens précis , dans la signification rigoureuse du mot ; je n'emploie pas ce terme dans l'acception qu'on doit. proprement et légitimement lui donner; mais je m'en sers d'une manière relative , comme pour désigner le rang auquel il s'est élevé, poussé..... comme pour marquer, en un mot, une sorte d'homme honnête , riche , estimable. — Permettez-moi de vous demander si c'est par ses ordres que la garde a été retirée de Portanferry. — Monsieur, je ne présume pas que M. Glossin puisse avoir l'audace de donner des ordres , ou même son atis , dans une affaire où le château d'Hazlewood et la maison d'Hazlewood (j'ci* tpkb par la première expression l'édifice où demeure ma ferai aïe; et par lai monde * figorément, métaphoriquement et paaraboliqu^meat

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la fcuaiUe elle-même); dans mie affaire, dis-je, où le château et la maison d'Hailewood courent de ti grand» risques. — Je eroit pour* tant , mon pèi e , que Gloasin a approuvé cette mesure. — Mon* sieur , j'ai jugé boa , juste et convenable de le consulter , comme le magistrat le plus voisin, dès que le bruit de l'attaque prqjetée est venu à mes oreilles ; et quoiqu'il ait refusé , par égard, par respect pour mon rang f de placer sa signature à côté de la mienne, il a hautement approuvé l'ordre que j'ai donné. »

En ce moment on entendit un cheval arrivant au galop dans l'avelue. Bientôt la porte s'ouvrit, et M. Mac-Morlan entra* * Je voua prie de m'exouser, wrRobert,&iie vous importune, mais...— Monsieur Mae-Morlan , dit sir Robert en le saluant d'une manière gracieuse, vous n'êtes nullement importun; car obligé, par votre place de substitut du shérif, de veiller à la paix du comté , et vous proposant sans doute de défendre avant tout la maison d'Hazftewood , vous avez le droit reconnu , admis et incontestable d'entrer sans in» fitation chez le premier genthilbomme d'Ecosse.*, en supposant tnujeurt que vous y venez à l'occasion de vos fonctions*.. — Cestle désir de remplir met fonctions, dit Mac-Morlan impatient de prendre lg parole, qui m'oblige à vous importuner. -~ Vous n'êtes pat importun, » répéta le baronnet en lui présentant gracieusement la main. , « Permettez-moi de vous dire, sir Robert, que je no viens pas avec l'intention de m'arrèter ici, mais de ramener oee soldata à Fortanferry ; je réponds que votre maison n'est aucunement ma* naeée. — Qterau château d'Hazlewood les troupes qui doivent le défendre! » s'écria le baronnet avec autant d'indignation que de surprise; • et vous répondez que ma maison n'est aucunement me* naeée! Qui êtes- vous, je vous prie, monsieur, peur que je reçtoe votre assurance, votre caution , votre garantie otteldle ou parsonnette* peur la sûreté du château d'Hazlewood? Je pense, dm* sieur.,, je crois, monsieur, j'imagine, monsieur, que» si un serf de *es portrait* de fa miU* était lacéré, détruit, inanité, H vous serait dittetlc de réparer une teUe perte, malgré la garantie que vous M'offres si obligeamment.-— Si la chose arrivait, j'en serais désolé, *âr Robert; mais je me flatte que je n'aurai pas à me reprocher d'avoir été la cause d'un tel malheur; car je puis vont ascnrsr qu'aucune attaque ne sera tentée contre ca château : j'ai reçu des avis qui me portent à croire que ce broit sans fondement a été répanda dana le dessein défaire éloigner les soldats de Pertanferry. Ccat éqne dspèa «Ma Mima conviction, qu l en m qudfté de

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