CHAPITRE LIV
l'ancien feu s'éteindrait, qu'il n'en resterait qu'une étincelle ; mais qu'il se rallumerait ensuite?] — Oui , mère , oui , tous m'ayez dit tout cela , répondit Hatteraick d'une voix qui avait quelque chose de désespéré; et, mille tonnerres ! je vois que vous m'avez dit la vérité. Ce jeune Ellangowan a été pour moi, pendant toute ma vie, une pierre d'achoppement. Aujourd'hui , par les maudites in» mentions de Glossin , mon équipage est taillé en pièces , mes barques détruites , et sans doute mon lougre pris. II n'était pas resté assez d'hommes à bord pour manœuvrer , à plus forte raison pour se battre; un bateau dragueur l'aurait forcé de se rendre. Enfer et tempête ! je n'oserai jamais retourner à Flessingue ! — Vous n'en aurez pas besoin. — Eh qui vous fait dire cela ? »
Pendant ce dialogue , Meg Merrilies avait rassemblé quelques bouts de cordes , et les avait arrosés d'une liqueur spiritueuse ; elle les jeta sur le brasier, une brillante pyramide de flamme s'élança jusqu'à la voûte de la caverne. Répondant alors d'une voix ferme et rassurée à la question du contrebandier , « C'est que , dit-elle 3 t heure et F homme sont arrivés. >
A ce signal , Bertram et Dinmont se précipitèrent sur Hatteraick. Hazlewood, qui ne connaissait pas le plan d'attaque , les suivit presque aussitôt. Le scélérat voyant qu'il était trahi, tourna d'abord sa vengeance contre Meg Merrilies , sur laquelle il déchargea un de ses pistolets. Elle tomba en poussant un cri perçant et effroyable, qui tenait le milieu entre une exclamation de désespoir et un rire forcé et comme suffocant. « Je savais, dit-elle, que cela finirait ainsi. »
Bertram, dans sa précipitation, se heurta contre une inégalité du roc qui formait le sol de la caverne ; ce fut pour lui un grand bonheur, car Hatteraick lui adressait un coup de pistolet si bien ajusté, qu'il lui aurait brisé la tète si ce mouvement ne la lui avait fait baisser. Avant qu'il eût le temps de saisir un troisième pistolet ; Dinmont se jeta sur lui, et tâcha de le saisir à bras-le-corps ; mais telle était la vigueur du scélérat, et tels furent les efforts de son désespoir, que malgré la force extraordinaire avec laquelle Dinmont le serrait, il renversa celui-ci sur le foyer, réussit à se dégager, et porta la main à sa ceinture pour saisir de nouveau un de ses pistolets. C'en était fait de l'honnête fermier si Bertram et Hazlewood n'étaient venus à son secours. Réunissant leurs forces, ils renversèrent Hatteraick à terre , le désarmèrent et le garrottèrent. Cette lutte dura moins de temps qu'il ne nous en a fallu pour la re-
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tracer. Ainsi garrotté , le brigand fit encore [un pu genx efÇorU pcrçwtfsifc et désespérés , puis il resta immobile et en silence.
« Le voilà pris comme un renard; je l'aime mieux comme cela,* dit l'honnête Dinmont, tout en secouant les flammèches de cbapy$ qui s'étaient attachées à sa grosse redingote et à ses cheveux, {tant j)lu$ d'une mèche avait été brûlée dans la lutte. ^ ;
« Il est trauquille maintenant , dit Bertram j restez auprès # lui» et ne lui permettez pas de faire im mouvement, pendant^ jey^is m'assurer si cette pauvre femme est morte ou vivante..; ^vea l'aide d'Hazlewood , il releva Meg Merrilies.
« Je «avais que cela finirait ainsi, murmurât-elle, et c'est que cela devait finir. * r.^ ,
ht hjlle !*Yait pénétré dans la poitrine au dessous du gosier i feu 4e sang sprtait de la plaie ; mais Bertranj , accoutumé à voir 1^ blessures faites par les armes à feu, ne l'ep jugea que plus (tyifgreusp, ,^[
i Bon Dieu ! que pourrons-nous faire pour cette pauvre femqie ] j 'dit Hazlewood , qui ne pensait pas , dans une telle circonstance offrir ou à demander des explications à Bertram. « Moncbeial, continua- Wl, est attaché dans le bois ; je vous ai suivis jerçfert deux heures... Je vais le prendre et aller chercher du secours. Yo défendrez l'entrée de la caverne contre peux qui voudraient } itérer , jusqu'à ce que je sois revenu. > <,
Pertrapi, après avoir pansé la blessure de Meg Merrilies du mm qu'il lui fut possible, se mit en faction à l'entrée de la cavenm, à pistolet à la main , prêt à foire feu. Dinmont continua de veplef sût le eaptif , gênant sur sa poitrine une main forte comme celle circule. Up profond silence régnait dans la caverne, interrompu^- }ement pair les gémissements sourds et étouffés de la malheu^e^e ^leg , et par la respiration pénible du prisonnier. (, -
CBAHTPP liY. .403