‹ GUY MANNERING OU L'ASTROLOGUEChapitre 22 sur 215 · CHAPITRE Y. U · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y. U

aujourd'hui. Il n'y a du reste qu'une petite différence entre la vieille maison de Kittleeourt et le château d'EUangowan : je doute qu'elle^ ait une façade de quatre pieds. Mais vous ne déjeunez pas, mon-; sieur Mannering , vous ne mangez point ce qui vous est servi; permettez-moi de vous recommander ce saumon fumé , c'est John Hay qui Ta attrapé, il y aura samedi trois semaines, dans la rivière au dessus du gué d'Hempseed , etc. , etc. , etc. •

Le laird, que son indignation avait retenu pendant quelque temps sur le même sujet, se lança de nouveau dans ses phrases vagues et sans suite , qui donnèrent à Mannering le temps de réfléchir sur les désagréments de cette position qu'il regardait une heure auparavant comme digne d'exciter l'envie. Il voyait un gentilhomme campagnard dont le bon naturel semblait être la qualité la plus estima-. ble, se tourmentant lui-même, et murmurant contre les autres, pour des motifs qui , pesés avec les maux réels de la vie , auraient paru bien légers dans la balance. Mais telle est la juste distribution de la Providence, elle assigne à ceux qui sont exempts de grandes afflictions , de petites vexations qui suffisent pour troubler la séré- '. nité de leur vie, et chaque lecteur peut avoir observé que ni l'apathie naturelle , ni la philosophie acquise, ne peuvent rendre les gentilshommes de campagne insensibles aux désagréments qu'ils éprouvent dans les élections , les sessions trimestrielles et les assemblées d'arbitres.

Curieux de connaître les usages du pays , Mannering profita d'un moment de silence du bon M. Bertram, pour demander pourquoi, le capitaine Hatteraick semblait avoir un si pressant besoin de cette Egyptienne.

< Oh ! c'était pour bénir son vaisseau , je suppose. Vous devez savoir, monsieur Mannering, que ces négociants sans patente, que. la loi appelle contrebandiers , et qui n'ont aucune religion, ont en revanche de grandes superstitions, et qu'ils croient aux charmes f aux sortilèges et à d'autres absurdités semblables. — Vanité et pire 1 encore! dit Dominie; c'est un trafic avec le mauvais esprit. Les sortilèges , les charmes , les talismans sont de son invention ; ce sont des flèches choisies dans le carquois d' Apollyon. — Tenez-vous en paix, Dominie, vous parlez toujours (disons en passant que c'étaient les premières paroles , excepté le benedicite et les grâces , que le pauvre homme eût prononcées pendant la matinée) , monsieur Mannering ne peut dire un mot avec vous ! Et ainsi donc , monsieur Mannering , puisque nous parlons d'astronomie , de char-

M GUY MAftNÉlMNC.

iftes* et d'àUtrea cfcôsea semblables , âves-vons eu là bonté d'obêerfer e* dont nous parlions hier *ôir?*-> Je commence â pehser, monsieur Bertra», de mette qne Votre dlgbe ami iei présent , que j'ai Joué àveé lin tiHtrttftïeht trànehant ; et Quoique ni f Ottê ni tùôi , iil aucuh hômmè ràiéonnàble , ne puisse ajouter foi aux prédictions âbYastràkgùt, cependant il est âititré Qttel^ùeftrfe que ses recherches dans l'avenir , entreprises par plaisanterie , Oht souvent par leuri frêètotatè produit des effets sérieux et désagréables sur les afetionsét les earàetêre* ; je désirerais doue , vraiment, que tous me dispensassiez de répondre à votre question. » * On doit bellement penser que cette réponse évâsive ne fit qu'Irriter la curiosité du lâtrd. Mannering , cependant , avait résolu

dtos son esprit de ne pas exposer l'enfant au* inconvénients que pouvait entraîner pour lui la connaissance d'une mauvaise prédtetfen. En conséquence il remit le papier entre les mains de M; Ber* tfam, et l'invita l le garder pendant cinq ans sans briser lé eftehtt , jfàqtfS &e que lé mofe de novembre fût et pi ré. Lorsque eette date serait arrivée, il lui laissait >* liberté d'examiner l'horosoope, certain qtte si tett'é époque *fe passait heureusement Où n'aurait aucune cfoyà/iee dans les antres prédictions qu'il contenait. M. Bertram ttt obligé de se eontenter de faire eette promesse, et Mannering» pour aVsshrer de sa fidélité à la garder, le menaça des pins grandi malheurs s il négligeait ses avis. Le reste du jour que Ma&nering $ sttr ttntHalion de M. Bcrtrata, passa an cftàteâtt d'EllangoWah , nftflMt Hèâ et remarquable ; et le lendemain au matin le voy àgettr riMrite M m chevâî, It séè adiétt* *vee politesse an làird hospitalier et à son ami le maître d'école , souhaita toutes sortes de prospérités I sa toWille ; pnft , tournant la tête de San cheval fers l'Angleterre , tl disparut aux yeux des habitants d'Eftmgowart, Nous le ftfrfig âispârattfc aussi à ecux de nos lecteurs Jusqu'à une époque ptni àtanôée de Sa tie , où & reparaîtra dans cette histoire.

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