‹ GUY MANNERING OU L'ASTROLOGUEChapitre 39 sur 215 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

duquel il était pour le moment, pouvait avoir succombé en ebevn chant à le défendre. En outre , on se rappelait que Kennedy avait pris une part active, deux ou trois jours auparavant, à l'expulsion violente des Égyptiens de Derncleugh , et que des paroles dures et menaçantes avaient été échangées entre kti et quelques uns des patriarches égyptiens dans cette mémorable occasion.

Le shérif reçut aussi toutes les dépositions du malheureux père et de son domestique , concernant ce qui s'était passé lors de la rencontre de la caravane égyptienne , au moment où elle quittait le territoire éPEllangowan.

Les paroles de Meg faisaient surtout concevoir des soupçons; c'était , comme le magistrat l'observa dans son langage judiciaire , damnum minatum, une menace de dommage, et malum secutum, le malheur prédit avait bientôt suivi la prédiction. Une jeune femme qui avait été cueillir des noisettes dans le bois de Warroch le jour du fetal événement, croyait bien, mais elle refusa de l'affirmer par serment, qu'elle avait vu Meg Merrilies, ou du moins nne femme remarquable comme elle par sa taille et son extérieur, sortir brusquement d'un taillis ; elle disait qu'elle l'avait appelée par son nom, mais que , comme la figure lui avait tourné le dos sans lui répondre , elle ne savait pas si c'était réellement l'Égyptienne ou son esprit , et qu'elle avait eu peur de s'approcher d'une personne qui était reconnue, dans le langage vulgaire , pour n'être pas grand'chose.

Ce récit vague obtint quelque crédit par la circonstance du feu trouvé le soir dans la chaumière déserte de l'Egyptienne. Ce fait fut attesté par EUangotaii et son jardinier. D'un autre côté , il semblait extravagant de supposer que si cette femme avait trempé dans ce crime horrible , elle fût retournée le soir même de l'assassinat dans uo endroit où on devait vraisemblablement commencer à la chercher.

Meg Merrilies fut pourtant arrêtée et interrogée; elle nia fortement avoir été soit à Derncleugh , soit dans le bois de Warroch, le jour de la mort de Kennedy ; et plusieurs personnes de sa tribu prêtèrent serment qu'elle n'avait pas quitté leur campement situé dans un vallon à dix milles d'EUangowan. A la vérité on n'ajoutait pas grand'foi à leurs serments ; mais quelle autre preuve , dans cette circonstance? L'enquête mit au jour un fiait remarquable , mais un seul &it : elle avait au bras une légère blessure qui semblait avoir été faite avec un instrument tranchant ; elle était handép avee un

mouchoir d'Henri Bertram ; mais le chef de la horde avoua qu'il Fayait corrigée ce jour avec son whinger (poignard) $ elle expliqua de même sa blessure ainsi que d'autres personnes ; et quant au mouchoir, la quantité de linge volé à Ellangowan par les Egyptiens dans les derniers mois de leur séjour à Derncleugh , expliquait facilement comment Meg possédait ce mouchoir, sans la charger d'un crime plus atroce.

On observa, dans son interrogatoire, qu'elle répondait avec indifférence aux questions sur la mort de Kennedy ou du jaageur, comme elle l'appelait, mais qu'elle montrait un grand mépris et une grande indignation en se voyant soupçonnée d'avoir pu nuire au petit Bertram.

On la retint long-temps en prison , dans l'espoir qu'on pourrait faire des découvertes propres à jeter quelque lumière sur cet événement tragique. Rien cependant ne transpira ; et Meg fut à la fin mise en liberté , mais condamnée en même temps à quitter le pays, comme vagabonde , voleuse , et personne de mœurs déréglées. On ne découvrit aucune trace de l'enfant ; et à la fin cette histoire , qui avait fiait tant de bruit, fut regardée comme inexplicable , et seulement conservée sous le nom de Saut du jaugeur, qui Ait généralement donné au rocher du haut duquel était tombé ou avait été précipité l'infortuné Kennedy.

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