‹ GUY MANNERING OU L'ASTROLOGUEChapitre 41 sur 215 · CHAPITRE :XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE :XL

C'était donê au mois de novembre, environ dix- sept ans après la catastrophe racontée dans le dernier chapitre , que pendant une soirée froide et orageuse une société s'était groupée autour du feu de la cuisine des Armes de Gordon , à Kippletringan, petite mais confortable auberge tenue par mistress Mac-Candlish.

La conversation de ceux qui la composaient m'évitera la peine de raconter le petit nombre d'événements arrivés pendant cette longue période , et qu'il est nécessaire que le lecteur connaisse.

Mistress Mac-Candlish , comme une reine sur son trône , siégeait dans un fauteuil doublé de cuir noir ; elle se régalait avec quelques commères d'une tasse d'un thé délicieux et avait en même temps l'œil sur ses domestiques , qui allaient et venaient pour «'acquitter de leur devoir et de leur service. A quelque distance , le clerc et le maître-chantre de la paroisse fumaient avec délices leur pipe du samedi soir, et aidaient à cette douce occupation en avalant de temps en temps des gorgées d'eau-de-vie et d'eau; le diacre Bearcliff , homme d'une grande importance dans le village , partageait les douceurs des deux sociétés , où il avait sa pipe et sa tasse de thé , cette dernière relevée avec un peu d'eau-de-vie. Un ou deux paysans , assis à quelque distance , buvaient leur aie à deux penny. ,

« Êtes- vous sûre que le parloir est prêt pour eux , que le feu brûle bien , que la cheminée ne fume point? > dit l'hôtesse à une servante.

Oa lui répondit affirmativement.

< Personne ne doit être malhonnête envers eux , surtout dans leur détresse, dit-elle en se tournant vers le diacre. — Assurément non, mistress Mac-Candlish , assurément non. Je vous réponds que s'ils avaient besoin, dans ma boutique., d'un petit article au dessous de sept, huit ou dix livres, je leur livrerais à crédit aussi bien qu'aux plus riches de la contrée. Viennent-ils dans la vieille chaise de poste? — J'oserai dire non, dit le maitre-chantre , car miss Bertram vient sur le poney blanc quand elle se rend à l'église , et elle y vient régulièrement, et c'est un plaisir de l'entendre chanter les psaumes; c'est une jeune et belle créature. — Oui , et le jeune laird d'Hazlewood chevauche à côté d'elle et la reconduit la moitié du chemin après le sermon , dit un des compères de la compagnie ; je m'étonne comment le vieil Hazlewood aime cela. — Je ne sais pas s'il l'aime à présent , monsieur, répondit un des buveurs de thé, Nais il fut un temps où Ellangpwan n'aurait pas été plus content

de voir sa fille foire le chemin avec le fils d'Hazlevo&d. — Oui , il fat un temps i répondit le premier avec emphase. —Je suis sûre, voisin Ovens, dit l'hôtesse, que les Hazlewood de Hazlewood> quoiqu'ils soient une bonne et aiicienbe Camille du pays , n'auraient jamais songé avant ces derniers quarante ans à s'élever jusqu'aux Ellangowan. Les Bertram d'EUangowan sont les Dingawaies de l'ancien temps; il y a une ballade sur l'un d'eux qui épousa la fille d'un roi de l'Ile de Man* elle commence ainsi :

Le gai tteftràm à traversé les flots Pour aller chercher nue épouse.

Je réponds que M. Skrelgh pourrait taôus la chafttef . — Bonne femme j répondit Stareigh en se pinçant tes lèvres et avalant son tmnch 4 petites gorgées avec hne grande solennité, iute talents bous ont été donnés pour un autre Usage que pour chanter de vieilles chansons profanes si prés du jour du sàbbàt. — Oh fi, monsieur Skreigh, je gagerai» que je vous ai entendu bhanter déjà de jùyeuses chansons le samedi soir. Mais pour là chaise , taotisfeur le fliàcne, elle n'est pas Sortie de là remise depuis la ttibrt de mistriss Bertram : il y a de cela seiie à dix-$fept ans. Jatek Jabos est allé les Chercher aveb une dis mes chaises ; je m'étonne qu'il ne soit pai encore revenu. Il fait tout-à-fait obscur, mais il n'y a que deux foàti- Vàis coudes sur là route , et le pont qtii tràtei-sè le ruisseau de Warrbch est en assez boh état lorsqu'un prend le bôté drbit; cependant il y a la montée d'Heavieside qui est la mort des chevatii, mais Jack connaît bien la route. »

En ce moment on entendit frapper violetnment à là porte.

c Ce h'est pas eux , je n'ai pas eiitfcrtdu le bruit des roues. Crizzel! allons, faiiiéàhte, aljez S la porte. — C'est simplement tih gentleman, dit Grizzel; le ferai-je entrer dans le parloir? — Malheur à tous ! c'est quelque AhglaiS Qui voyagé & cheval : Venir la nUit sans domestique à cette heure de la hiiit ! le garçon d'écuHe a-t-il pris le ëhetal? Vous allumerez quelques broussailles Bans la cheminée de la chàiiibre rouge.-— Permettez-moi, madame, dit le vbtageur en entrant dans la cuisine, de me chauffer ici, car la nuit est très froide. >

Son extérieur, sa toi*, ses manières produisirent Un eftet subit en sa faveur. C'était Un homme grand, bien fait, quoique maigre, têtii de noir , comme on le vit lorsqu'il eut Quitté son ttlanteau de ioyage ; il paraissait être ehtre quarante et cinquante ans ; ses traits étaient graves et intéressants , w tournure avait quelque chose de

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