‹ GUY MANNERING OU L'ASTROLOGUEChapitre 42 sur 215 · CHAPITRE XI. M · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. M

militaire. Tout dans «on extérieur et dans ses manières annonçait le gentleman. Une longue habitude avait donné à mistress Mac-Candlish un tact exquis pour connaître la qualité de ses hôtes , et pour y proportionner la réception qu'elle leur faisait :

Chacaii selon ton rang était reçu chei elle;

SUe était indolente on bien pleine de sèle,

Maussade, malhonnête et douce tour à tour :

a Milord, yotre serrante, » et « Maître Smith, bonjour. »

En cette circonstance elle fut humble dans sa politesse et prolixe dans ses exeuses. L'étranger demanda qu'on prît soin de son eh* ▼al$ die sortit elle-même pour donner les ordres au garçd» d'écurie.

« Jamais plus belle bète n'est entrée dans l'écurie des Armes de Gordon , » répondit le domestique ; et ces paroles augmentèrent le respect de l'hôtesse pour le voyageur. A son retour» comme l'étran- (fer refusait de passer dans l'autre appartement, qui > comme elle l'avouait, serait froid et plein de fumée jusqu'à ce que le feu fût bien en train , en hôtesse hospitalière elle l'installa au coin du feu* et lai offrit les rafraîchissements qu'il pouvait désirer.

« Une tasse de votre thé, madame, si vous voulez bien. »

Mistress Mac-Candlish s'empressa de remettre de l'hyson dans sa théière , et fit les honneurs avec toutes ses grâces.

« Nous avons un joli parloir , monsieur , et tout ce qui peut être agréable à des gens comme il fout ; mais il est retenu cette nuit par un gentleman et sa fille qui sont sur le point de quitter cette partie du pays) une de mes chaises est partie pour les aller chercher; elle Ta arriver dans un instant ; ils ne sont pas aussi bien dans le monde qu'ils l'ont été, mais nous sommes sujets à des hauts et à des bas dans eette vie , comme Votre Honneur doit savoir. La fumée de la pipe n'incommode-t-elle point Votre Honneur? — Nullétnertt, madame! je suis un vieux militaire, et j'y suis parfaitement aceou* tttraé. Permettez-moi de vous faire quelques demandes sur une famille du voisinage. >

On entendit un bruit de roues, et mistress Mac-Candlish se pré* eipita à la porte pour recevoir les hôtes qu'elle attendait-? mais die revint tout de suite, suivie par le postillon qui disait : « Non, ils ne peuvent venir } le laird est trop mal. — Dieu leur soit en aide! dit mistress Mac-Candlish ; demain matin est le terme fixé , c'est le dernier jour qu'ils peuvent rester dass la maison , tout doit ètrt veudat — Oui > mm ik ne pfcutMtjrcnir * je voât dis qtie.M. Sefe

tram ne peut être transporté. — Quel M. Bertram? dit l'étranger : ce n'est pas M. Bertram d'EUangowan, j'espère?— C'est lui-même, monsieur $ et si vous êtes son ami , vous arrivez à temps , car il est bien dans le malheur. —J'ai été absent pendant bon nombre d'années ; sa santé est-elle donc si dérangée? — Hélas ! et ses affaires aussi , et tout , dit le diacre ; les créanciers sont entrés en possession de ses biens , et c'est pour les vendre ; et quelques gens qui lui doivent tout, je ne nomme personne, mais mistress Mac-Candlish sait bien qui je veux dire (l'hôtesse fit un signe de tête affirmatif ) , sont les plus acharnés aujourd'hui contre lui . On me doit bien quelque petite chose à moi aussi , mais j'aimerais mieux le perdre que de chasser le vieillard de sa maison , et surtout lorsqu'il est mourant. — Oui, dit le clerc de la paroisse ; mais M. Glossin s'empresse de chasser le vieux Ellangowan et de pousser à la vente , de peur que l'héritier mâle ne vienne réclamer ce domaine ; car j'ai entendu dire que s'il y avait un héritier mâle , on ne pourrait vendre le domaine pour acquitter les dettes du vieux ^Ellangowan. — Il avait un fils qui naquit il y a des années , dit l'étranger ; est-il donc mort? — Personne ne peut parler de cela , dit le clerc d'un air mystérieux. — Mort! dit le diacre, je réponds qu'il est mort il y a long-temps ; on n'en a pas entendu parler depuis vingt ans ou environ. — Je sais bien qu'il n'y a pas vingt ans , dit l'hôtesse ; il n'y a pas plus de dixsept ans ce mois-ci , et cela a fait beaucoup de bruit dans le pays ; l'enfant disparut le même jour que l'inspecteur Kennedy fut tué. Si vous êtes venu dans cette contrée anciennement, Votre Honneur a pu connaître l'inspecteur Frank Kennedy : c'était un homme de cœur, agréable, et la compagnie des meilleurs gentlemen du comté, et il a fait plusieurs parties joyeuses dans cette maison. J'étais jeune alors , monsieur , et nouvellement mariée au bailli Mac-Candlish, aujourd'hui défunt (ici un soupir), et j'ai beaucoup ri avec l'inspecteur. C'était un chien d'entêté : oh ! s'il ne s'était mêlé des affaires des contrebandiers ! mais il cherchait toujours les aventures. Et aussi, voyez, monsieur, il y avait un sloop royal mouillé dans la baie à Wigton , et Frank Kennedy l'en fit sortir pour donner la chasse au lougre d'Hatteraick. Vous vous rappelez Dirk Hatteraick , diacre ? j'ose dire que vous avez fait plus d'une affaire avec lui (le diacre, en forme d'acquiescement , donna un Signe de tête et fit entendre un humph). C'était un garçon hardi, et il combattit jusqu'à ce que son vaisseau sautât comme une pelure d'ognon. Frank Kennedy» qui avait été le premier à aborder, fut

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