‹ GUY MANNERING OU L'ASTROLOGUEChapitre 50 sur 215 · CHAPITRE X1T · texte numérisé non relu

CHAPITRE X1T

ne permettrai à personne d'user d'une telle liberté avec moi. •

Mannering était naturellement d'un caractère bouillant; ses yeux brillèrent d'un feu sombre ; il comprima sa lèvre inférieure avec tant de violence que le sang en jaillit , et s'approchant de Glossin : • Vous ne me connaissez pas, monsieur, dit-il; peu importe, moi je vous connais; et si vous ne descendez à l'instant cette colline sans proférer une parole , par le ciel qui est au dessus de nous , vous ne ferez qu'un saut du sommet jusqu'en bas. »

Ce ton impératif d'une juste colère imposa tout-à-coup silence aux fanfaronnades de Glossin. Il hésita, tourna sur ses talons, et, murmurant entre ses dents qu'il ne voulait point effrayer miss Bertram, il les délivra de son odieuse présence.

Le postillon de mistress Mac-Candlish , qui était arrivé assez à temps pour entendre ce qui s'était passé ,dit tout haut : « S'il s'était trouvé sur mon chemin, le vil coquin, je l'aurais fait .sauter d'aussi bon cœur que j'aurais ramassé un bodle \ •

11 s'avança alors pour annoncer que ses chevaux étaient prêts pour emmener le vieillard et sa fille. Mais ils n'étaient plus nécessaires. Le corps affaibli de M. Bertram avait été épuisé par le dernier effort de la colère et de l'indignation , et lorsqu'il retomba sur sa chaise il expira presque sans agonie et sans pousser un gémissement. La mort produisit si peu d'altération dans ses traits, que les cris poussés par sa fille , quand elle vit ses yeux fixes et qu'elle sentit son pouls sans mouvement , annoncèrent seuls sa mort aux spectateurs.

Page 1