CORRESPONDANCE DE JULIA
Le ciel le premier, dans sa bonté, enseigna aux mortels Part épistolaire pour les dames en prison , les amants'dans les fers , ou quelque auteur qui pût , en plaçant ses personnages devant tous > les laisser écrire leur histoire sans se fatiguer lui-même.
Pops. Imité.
A son arrivée en Angleterre , Mannering avait placé sa fille dans une excellente pension pour achever son éducation ; mais voyant qu'elle n'y acquérait pas au gré de son impatience tous les talents dont il désirait la voir ornée, il l'en avait retirée à la fin du premier quartier. Elle n'avait donc eu que le temps de former une amitié éternelle avec miss Mathilde Marchmont , jeune demoiselle de son âge, c'est-à-dire d'environ dix-huit ans. C'était à l'œil fidèle de cette amie qu'étaient adressées ces formidables mains de papier qui partaient de Mervyn-Hall sur les ailes de la poste tandis que miss Mannering habitait ce château. La lecture de quelques courts extraits de ces lettres peut être nécessaire pour l'intelligence de cette histoire.