Il s'agit ici du neveu de l'ennemi personnel de Patin
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SI PERST1TI0NS. LKS JESUITES. LE JANSÉNISME l3()
<=$=, Du 12 au ij août i65o. — Je relirois volontiers Ovide s'il m'étoit permis, j'entends si j'en avois le temps, car, pour la dispense du pape, j'en suis bien guéri aussi bien que de toutes les autres fanfreluches romaines et papalines, quibus muliercularum detinentur et irretiuntur ingénia.
^ 24 janvier i65i. —Je ne sçay si quelque ancien a touché cette controverse que les en fans qui naissent au défaut de la Lune deviennent épileptiques. Si cela étoit vrai, le nombre en seroit plus grand.
Ce sont les Arabes qui ont formé dans la médecine ces scrupuleuses et superstitieuses observations tant lunaires que svdérales, que d'autre nature. Ainsi je ne vous conseille pas de rien craindre pour le petit garçon qui vous est né en un tel temps.
«=f~ 22 décembre i65i. — Un nommé Laubardemont condamna à mort en 1 6 3 3 le pauvre curé de Loudun, Urbain Grandier, et le fit brûler tout vif sous ombre qu'il avoit envoyé le diable dans le corps des religieuses de Loudun que l'on faisoit apprendre à danser afin de persuader aux sots qu'elles étaient démoniaques1.
1. La Bibliothèque de la Faculté contient dans le Ms. 5414 la copie de libelles relatifs aux reli,^ieu>es de Loudun. Le copiste a sans doute été encouragé par l'extrême rareté de ces plaquettes.
i° Lettre escrite à Monseigneur l'Evesque de Poictiers pur un des pères Jésuites qui exorcisent à Loudun, antenani un brief récit de la sortie de Leniatan, chef de
l'A juin /(>J2. — Mais tout cela n'est rien auprès de la dévotion qu'on a pour sainte Geneviève. On porta sa chasse le 10 de ce mois par les rues. Si la paix se fait ensuite, la bonne sainte ne manquera pas d'en avoir l'honneur.
Je ne vis jamais tant d'affluence par les rues qu'à celte procession. Je ne sçais s'il s'y est fait quelque miracle, mais je tiens que c'en est un s'il n'y a eu plusieurs personnes d'étoulïées.
^o îG septembre i653. — Je ne doute point que les Jésuites n'ayent contribué à ce nouveau désordre du Yivarets ; ils ne peuvent s'empêcher
cinquante dénions qui possèdent les filles tant religieuses que séculières. A Paris, chez Jean Martin, demeurant sur le Pont Saint-Michel, [635.
2" Relation de la sortie du démon Balam du corps de la mère% prieure des Urcelines de Loudun. A Paris, chez Jean Martin. i635.
3° Les miraculeux effects de la Vierge, de saint .loseph et S. François dans le soulagement et délivrance des filles Urcelines possédées à Loudun contre tous les efforts du diable et démon. A Pans, chez Jean Brunet, rue Nve St Louys, à la Crosse d'Or, 16^7.
4 Les interrogatoires et exorcismes nouvellement faites à un démon sur le sujet de la possession des filles Ursellines de la ville de Loudun avec les réponses du démon au R. P. Mathieu de Luché, capucin exorciste, sur le même su/et. au grand estonnement du peuple. A Paris, chez Jean Brunet, rueN'eufveSt Louys, à la Crosse d'Or, 1 636.
La première de ces brochures n'existe pas à la Bibl. Nationale. Les trois autres sont cataloguées : L'!,ib 3028 — L36b l-tj-iy et L:;,;b 3o3i ^Renseignement dû à M. Delalain).
La crainte de trop dilater ce volume nous empêche de transcrire ici des extraits de ces plaquettes, véritable monument des aberrations auxquelles conduit la superstition, surtout quand elle est maniée par dés coquins.
de se mêler partout; ce sont des francs hypocrites, qui font les saintes Ni touches pour pénétrer partout et pour en attraper. Ils font comme les Turcs, les courtisans et les partisans. Vario modo grassantur, sed una mens est perdere humanum genus.
6 janvier 1654. — Les Jésuites et leurs sectaires ont voulu faire acroire que Jansenius. Episcopus Yprensis, étoit l'auteur du Mars Gallicus,el pour le persuader aux autres, pro malignitate Ma quà tument, ils tont semblant de le croire, mais ce n'est qu'en intention de rendre odieux en France ce bon évoque qui étoit un homme sage et doux, qui, ôté le service de Dieu, ne songeoit qu'à faire son livre de Gratta en lisant attentivement saint Augustin. Quiconque a fait le Mars Gallicus est un catholique romain fort zélé, Gallus, et pulo forsan jesuita.
20 mars it'>5+. — Quoique le feu du purgatoire soit bien chaud et bien grand, tout saint et sacré qu'il est. néanmoins tous ceux qui s'y chauffent n'en mangent pas les chapons.
g juin 1654. — Il n'v a point de pires démons que les princes qui nous font du mal et qui nous empêchent de vivre à notre aise.
Les ministres, les jésuites et les moines se servent de ce mot de démon comme d'un épouvantail de chenevière pour intimider le peuple. Les ministres et le Mazarin sont les démons de la
France ; le Turc l'est de la chrétienté; les chimistes, les apothicaires et les charlatans sont les démons du genre humain et le sont, principalement quand ils se servent d'antimoine.
<=§=> 16 juin 1654. — Le curé de Saint-Paul fait le petit Prélat. Il a carosse, maison aux champs où il traite les Dames à quatre services. Il a un alcôve en tapisserie de haute iice. Il reçoit des dames dans sa chambre à onze heures du soir, lorsqu'il est couché. Vos ministres' n'en sauroient tant faire, car le plus riche d'entre eux n'a pas quinze mille livres de rente comme ce curé.
Aussi n'avez -vous point de Purgatoire qui brûle toujours, et voilà le malheur de vos ministres qui ont abandonné le Nombre d'Or pour la Lettre Dominicale.
«§=> 21 janvier i655. — Hier au soir au bout du Pont-Neuf fut arrêté prisonnier un Moine Augustin qui fîloutoit et tiroit la laine. Un homme se defTendit contre lui, sur lequel il avoit tiré un coup de pistolet et qui en étoit blessé à la tête. Le Moine a été traîné dans le Chatelet.
On dit qu'il sera pendu, mais je ne le puis croire, car la superstition est trop grande dans le siècle et les Moines, pessimum hominum ge?ius, ont trop de crédit.
Dat veniam corvis, vexât censura columbas.