‹ Guy Patin [par] Pierre PicChapitre 61 sur 76 · MAXIMES LATIN · texte numérisé non relu

MAXIMES LATIN

— Ad populum phaleras !

— Juvenes mori possunt, senes diù vivere non possunt.

— Hic et alibi venditur piper.

— Ut faciant rem., si non rem quoeumque modo rem.

— Contra vim mortis, non est medicamen in hortis.

— DU meliora piis!

— O tempora, <> mores!

— Utinam convalescat !

— Tanlum religio potuit suadere malorum.

— Inde ira.' et lacrymœ.

— Mala merx. mala œtas.

— Mundus omnts agit histrioniam.

— Dai veniam corvis, vexât censura columbas.

— Scd sluitus est labor tôt ineptiarum.

— Politica est ars non tam regendi quamfallendi

humilies.

— Quod non capit Christus, rapit Jiscus.

XIX Lettres inédites

de Charles Spon à Guy Patin

TIREES Dl MANl SCRIT l1~ '

De Lyon, ce XXI Novembre- il Monsieur, mon cher Patron.

Ma longue absence hors de chez moyet de cette ville est cause que vous n'avez receu plutost de mes lettres en response de toutes les vostres, que j'ay icy devant mes yeux, asçavoir d'une en datte du 17 octobre, d'une autre du 24 dudict. et finalement d'une troisième du 7 du courant : pour toutes lesquelles je vous rends des actions de grâce à millions, et de toutes les belles choses qu'elles contienent.

1. L'écriture de Spon est un modèle de calligraphie. Nous avons scrupuleusement respecté l'archaïsme de son orthographe et de sa syntaxe, jusqu'en leurs menues défaillances.

J'ay été vivement touché, si jamais je le tus, de la funeste nouvelle du decedsde Mons' Moreau,pour avoir perdu un de mes meilleurs entreliens, et qui me faisoit l'honneur de me tesmoigner quelque affection. Mais enfin toutes choses sont subjettes a périr, jusques aux plus saintes amitiés. Mors etiam saxis nominibusque venit. Nous passerons par le même chemin à notre tour, quand il plaira au maistre des destins.

Pour sa bibliothèque, c'est dommage qu'elle se démembre, ayant été curieusement ramassée par le défunt. Je souhaitterois que le fils la put conserver toute entière pour sov-mesme. Il est vray qu'y ayant des en fan s de deux lits et une bellemère, je juge assez que la chose n'est gueres bien faisable. Je vous conseille de faire en sorte, si l'on se résout à la vendre en détail, d'achepter les Manuscrits tant grecs que latins qui y sont (à ce qu'on m'a dit) en assez bon nombre.

Il me souvient que je luy adressay, il v a neuf ou dix ans, un beau Actuarius(?i grec, manuscrit en parchemin, pour lequel il paya huit ou neuf pistolles.Cefutfeu Mons'de Barancvquile luy uendit, quoy que mondit Sr Moreau en eut desjà un autre, à ce qu'il me manda alors. Il auoit aussi un Aéce Grec manuscrit, beaucoup plus ample que ce que nous en auons d'imprimé et de traduit en Latin : lequel autneur il auoit pris à cœur, si je ne me trompe, pour le donner au public, Grec-Latin, auec des annotations comme il s'en est expliqué dans sa Préface au Lecteur sur les œuvres de Sylvius. Peut-estre prendra-t'on fantaisie de dresser

n de l'écriture de Charles Si

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m honorer . V»u.f cf-fer fficn btuf heureuse «. Xo-rtf/ 'pour y

1-CCou.u.rt-r^zr durer curituv^w. Huit/ ne /omm.e/ pa-f 'c7~ OS. utt -foure i ■ (jerm.a m Vouf en heu^ hLuf rouinir en. Au.lt- — " ■yo-u-rf t ait« Tout n.oT J-i«ra.t.rcj cn.Pe.Tn.ete n~c-/eroy*-n*/-sr> — a. u.H*-n-J- àa.n n^ef. "7 a.y u cu *.ui-refi>vr e" cexai- uxJ£e Le. LjuuC .

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lùjouf&' fu-r Pcl. An \ u.n -£r-*.u£' le. &? ■ ^u-ref. SeVer,n.u,f , cLu au-e^e <*-U./Aeu.v- je n <*.y en cor bu fca,uoi r , J ut eXto tr~ mal f~ oi^n-t La. dje-Lnuere^ heftéSo*. JVa^hLej , »u jf t/~ Vuvol/~ «" Corej . <fc. u-oZïrotj bien /ca^j.»v'y «-"^t", *uefi£-<UMjenu Le- -S- Th.oma.f <B*--Jh*.An , ÎC Ù S^McLlr H^nf^f. c^A~er, fcnTou b1e.m.ueri a. C\a.u/e dfc/ p"-n.a(a^n+e/ ovuurXeJ àc Lon joa.yf; SC <Je^ C «.uére. » A Ca.u/e au a. y a. n^- eAfz. a La. 7\t-y n-« «e i>U-&de-, <>C «•jjinA-yai/aïuûiit/ u*ya.oe/ h*-r f!on orire. > »c- "n-a-j hai-n* feeu. a. auoy LtL.ro uJ~- a. ccibo ury , oC L. il eP/f- tejfo u.r rue- Cn f*n f><*-*S na./cL-tf ou. fif e#£- encore- en Svlco e . J-e- " " uf le de -m cLfble-nàre. ce .au< Voit/ en KAiat^.Kwuj me felzïfa.

un Catalogue exact de lad. bibliothèque, pour en taire part au public, ce que je souhaiterois fort.

Je voudrois bien sçauoir aussi, s'il auoit point quelque ouvrage à donner au jour, parfait ou imparlait, entr'autres ses Comment, sur le Schola Salernit. augmentez, et sesVitae Illustrium Mcdd. Parisiensium. Je uous supplie me donner aduis de ce que vous en pourrez descouvrir à l'auenir. Cependant receuez ce petit témoignage de mes regrets que je viens de fabriquer tout à l'heure.

Mon. ri salve Vmbra mei, salve Vmbra beata!

Quasque offert lachrymas Sponius, accipito ! ILv vice lustralis l'ibi sinl asperginis, imd

Nostri mariantes pectoris c latebra.

Verùm,keu! quid satago lachrymarum effundere riras,

Quid placidos Maneis questibus ango mets! Luctus abi : melioresui nam parte superstes

MorjEus, eu jus nescia Fama mori!

Outre la perte de ce grand homme, Vous auez encore perdu, à ce que vousme mandez, MessrsGuillemeau, et le Clerc, vos Collègues de la faculté, et le Sr Morin, aussi vre Collègue en la Profession Royalle. Voilà bien d'habiles gens qui s'en sont allez cette année. Dieu veuille conserver le reste! Il ne nous est pas arrivé en ces quartiers tant d'esclandre. Il en est seulement arrivé un, tout de traische date, à nostre Lazare Meyssonnier, en la personne de sa femme, laquelle s'est laissé mourir hors de la maison de son mary, chez une de ses sœurs où elle s'estoit réfugiée, pour estre en mauvais ménage avec ledit pèlerin, qui ne Ta point

voulu voir ni assister dans sa dernière maladie, en laquelle j'apprèns que le Médecin qui l'a veue, luy avait fait prendre six onces de vin Emétique, dont elle est morte, et a été enterrée avec la seule croix de bois, comme sont les plus pauvres et nécessiteux de la ville.

11 est vray qu'elle n'en est pas plus malheureuse pour cela, si je ne me trompe ; mais son mary n'y a pas acquis grand honneur ne passant plus que pour un barbare, desnaturé, et triple vilain de n'avoir pas eu plus de tendresse pour sa compaigne ! le m'assure que cela sera cause qu'il aura gran peine à trouver une autre femme s'il songe à se remarier un jour.

Il est vray que plusieurs estiment qu'il aspirera bien plustost à quelque bon bénéfice de Stc mère Eglise, si l'on vouloit l'en gratifier, dequoy je ne serois pas marrv.

M. Ravaud a achepté à Paris les manuscrits de Cardan pour la somme de 2.000 livres. Je ne sçay si cela vaudra la peine d'estre mis au jour. Il faudra maintenant qu'ils ramassent aussi toutes les pièces du même autheur qui ont été imprimées. Je crois que le tout mis ensemble fera autant de volumes que le Theatrum Vitœ humanœ.

.Monsieur Gras vous baise les mains, et vous prie de lui recouvrer toutes les lettres dernières des Jansénistes parce qu'il en a veu quelques unes qui luy ont fort aggréees; aussi bien que l'histoire du père Cornu, Cordelier de Mantes, qui pourroit estre adjoustée à diverses autres recueillies par Henry Estienne, en son Apologie pour Hérodote.

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L'impression du Varandaeus va fort lentement,

de sorte qu'à peine pourra-t'elle estre achevée l'année prochaine. Les oeuvres de Gassendi seront sans doute expédiées aussi tost que cela. Il y a icy le Scribe du défunt, nomme La Poterie, qui vaque à la Correction, auec un autre Correcteur ordin. Je me réjouys du choix que vous avez fait de Mons' Merlet le fils, pour vôtre Doyen. Je me souviens d'auoir eu l'honneur d'estudier auec luy sous .Mons' son Père, pour lors Profess. des Escholes, es années 27 et 28 à cause de quoy je me sens obligé de le féliciter par uôtre moyen de sa nouvelle dignité '.

Ces jours passez reuint de Paris en cette uille un Parent de ma femme, qui a t'ailly à y laisser sa peau, pour s'estre imprudemment voulu purger d'une certaine poudre antimoniale, qu'un charlatan Apothic" luy avoit fort vantée. Il en alla du ventre jusqu'au sang, et a du depuis gardé une fascheuse diarrhée. Je trouve que tout ce que uous dit l'autre jour cet honneste homme de Languedoc, touchant les Médecins de Montpelier est assez probable. Jamais cette Eschole ne se uid plus mal à cheval, qu'elle est aujourdhuy.

Vn certain fat du Pont S1 Esprit, nommé Restaurant, qui a cy-devant esté l'un des Disputans, pour une des Chaires vacantes dudit Montpelier, fait presentem1 imprimer à Oranges un nouveau traicté qu'il a fait de la circulation,

1. Ch. Spon lit donc ses études médicales à Paris, Patin venant d'obtenir la régence (1627), ce qui explique la formule qu'il emploie: Mon cher patron.

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