‹ Gwendoline; opéra en trois actes [de] Catulle MendèsChapitre 13 sur 34 · SCÈNE IV iS · texte numérisé non relu

SCÈNE IV iS

IIARALD très doux.

Gwendoline ! Ce nom est doux comme le bruit De l'écume qui court sur la grève la nuit.

Violemment :

Le mien est rudement sonore

Gomme le choc De la vague qui bat le roc !

Harald 1 Harald !

Voyant que Gwendoline s'éloigne :

Hélas! Jeté fais peur encore?

Un peu...

HARALD

Qui donc es-tu? dis-le.

Tu le vois bien, Une femme.

HARALD

Oh! c'est donc ainsi que sont les femmes? Leurscheveux sont du miel et leurs yeux sontdesfiammes

Tu ne le savais pas?

r.WENDOLINE ItARALD

Femme, je ne sais rien!

Je vis clans la bourrasque amère, Je suis né sur le flot mouvant ; Mes compagnons m'ont dit souvent Que la tempête était ma mère Et que mon père était le vent !

Parfois nous abordons les côtes Pour piller la ferme et l'autel; Puis, Joyeux sous le sombre ciel, Dans la clameur des lames hautes, Je bois la bière et l'hydromel!

Quoi ! jamais tu n'as vu rire une jeune fille?

HARALD

Un jour, dans le fracas hurlant De la bataille qui fourmille, Je suis tombé, le front sanglant.

Peut-être l'heure était venue De prendre vers le beau Walhalla mon essor ! Et sur un blanc cheval m'apparut dans la nue La Walkyrie au casque d'or.

En voyant sa beauté vermeille Luire dans le soleil, tout mon cœur se troubla, Et j'ai rêvé longtemps une femme pareille A la vierge du Walhalla !

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