BRÈCHE
Pour conclusion de mes exercices , j’en indiquerai encore plusieurs extrêmement difficiles, mais d’une
(i) Deux fois, c’est la force moyenne.
très-grande ressource dans des situations désespérées.
On m’objectera peut-être que l’on se trouve rarement dans le cas de faire usage des exercices que je vais indiquer*, je répondrai, avec J.-J. Rousseau, qu’il faut armer l'homme contre les événemens imprévus , et lui procurer les moyens de surmonter tous les obstacles» L’exercice dont il est question consiste à faire, à la suite d’un fort élan, plusieurs pas à une muraille perpendiculaire *, à saisir un objet quelconque avec l’une des mains *, à se fixer , passer ou redescendre.
Pour accoutumer mes élèves à cet exercice , je les fais courir à une forte planche de trois pieds de largeur, non rabotée , bien sèche , et garnie de trous depuis la hauteur de neuf pieds jusqu’à quatorze. Ces trous sont dans le milieu de la planche , distans de trois pouces les uns des autres. Ils servent à recevoir une cheville , que les jeunes gens doivent saisir , et que l’on hausse à mesure qu’ils font des progrès. L’un des bouts de ladite planche est fixé contre une muraille , et l’autre bout à terre. Dans le premier exercice , la planche doit avoir quarante-cinq ou cinquante degrés de pente , que l’on diminue à mesure que les élèves font des progrès. A la huitième leçon , et quelquefois avant , la planche est presque perpendiculaire , et la cheville à dix pieds. On la hausse à proportion des progrès que Fon remarque. Dans la suite , quand les jeunes gens sont bien exercés , on substitue aux chevilles rondes des morceaux de bois de toutes les formes , même des chevilles dentelées. Eu courant au mur, plusieurs de mes élèves, de treize jusqu’à quinze ans , atteignent à la hauteur de onze pieds , s’y fixent, passent ou descendent. C’est ce qui eut lieu au dernier examen , où plusieurs jeunes gens , en courant au mur , passèrent par les fenêtres du manège , et
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revinrent par le même chemin , à la grande surprise des spectateurs.
Il faut surtout avoir l’attention de faire croiser aux jeunes gens qui manquent la cheville , c’est-à-dire , passer pendant la chute la jambe droite au-dessus de la gauche , les mains en avant. {JT. pl. 12 , fig. 90. )
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