TROISIEME OBSERVATION
Extraite du groupe des affections scrofuleuses,
AVEC DEUX DÉVIATIONS DE LA COLONNE ÉPINIÈRE, UNE LATÉRALE A DROITE , DANS LA PARTIE DORSALE, ET LWUTRE LATÉRALE A GAUCHE , DANS LA PARTIE LOMBAIRE»
Mlle Alexandrine B , brune, d’une
constitution lymphatique - sanguine , âgée de quinze ans j réglée en juin i836, pour la première fois, entre dans l’établissement le 18 juillet suivant, avec un engorgement scrofuleux considérable des glandes jugulaires , s’étendant de chaque côté du cou, depuis les régions mastoïdiennes jusques aux clavicules , et avec une double déviation de la colonne épinière,
Le médecin de Mlle Alexandrine , voyant que le traitement quil avait prescrit pour combattre cette maladie ne produisait pas feffet qu’il en attendait, parce que les soins hygiéniques étaient mal appliqués chez elle * fut le premier à décider les parens de cette jeune personne a la placer chez Mme Masson de la Malmaison, où il vient la visiter de temps en temps pour constater fétat de sa santé.
Aussitôt après son entrée, Mlle Alexandrine est soumise aux exercices gymnastiques parce qu aucune contre-indication ne se présente.
Les préparations diode, quelle prenait déjà chez elle, sont continuées avec soin, et combinées avec les ferrugineux. Pendant les trois premiers mois qui suivent son arrivée, on s’aperçoit d’un
développement assez rapide des forces tant physiques que morales, mais les règles ne paraissent pas. Les glandes engorgées commencent à diminuer ; cependant cette diminution est lente , et n’est pas en rapport du développement des forces ; c’est pourquoi nous nous déterminons à agir d’une manière plus active en combinant les cathartiques avec le traitement en usage. Nous augmentons aussi la force des frictions d’iode, et nous faisons appliquer en même temps des emplâtres fondans sur le cou, afin d’exciter les glandes et de réveiller la tonicité des vaisseaux absorbans de ces parties. Cette combinaison thérapeutique ne tarde pas à produire les effets que nous en attendions. La peau du cou s’anime , s’irrite et s’enflamme comme nous l’avions prévu. Lorsque la douleur
est forte, que le gonflement inflammatoire se manifeste bien, alors seulement nous suspendons le traitement tonique, et nous y substituons un traitement anti-phlogis tique jusqu’à ce que l’irritation disparaisse, ce qui a lieu au bout de huit jours. Ce temps écoulé, nous recommençons de nouveau , mais graduellement, le traitement primitif, que nous suspendons et reprenons alternativement jusqu’au mois d’avril dernier, oii il se manifeste , au creux de l’aisselle droite, un abcès aigu, énorme, que nous avons préféré ouvrir dans sa maturité, plutôt que d’en laisser le soin à la nature, pour éviter des souffrances à la malade.
Les menstrues, qui s’étaient montrées en novembre dernier, à la suite de l’application d’une douzaine de sang-
sues aux cuisses, avaient pris leur régularité ordinaire jusqu’au moment de l’apparition de l’abcès; elles la perdent alors jusqu’en mai. Depuis cette époque, elles sont très -abondantes , et reviennent tous les mois pendant près de huit jours consécutifs. Nous avons également repris le traitement tonique et anti-scrofuleux, en le combinant toujours avec la gymnastique. Nous avons tout lieu d’espérer que Mllc Àlexandrine, qui est aujourd’hui dans un bon état de santé, verra disparaître tout-a-fait l’engorgement de ses glandes , réduit a un dixième de ce qu’il était, si elle reste encore quelque temps dans l’établissement.
Quant a la double déviation de la colonne épinière, il n’en reste aucune trace, Mlle Alexandrine est parfaitement
droite, et sa taille a cru de deux pouces deux lignes dans l’espace de onze mois»