DES A CC II) ENS PRODUITS PAU L 'ONANISME
Milê V. Je P. , âgée de quinze ans et demi , assez l)ien constituée , entre , le Ier mars 1 836, dans l’établissement gymnastique , pour rétablir sa santé, délabrée par le vice delà masturbation.
Yoici l’état dans lequel nous bavons vue le lendemain de son entrée : figure pale , étiolée ; traits flétris , alongés ; yeux grands, mais caves et cernés; regard languissant et sombre ; front légèrement ridé; voh faible et rauque, lèvres décolorées , langue humide, lisse,
mince et tremblante; démarche pénible et molle ; peau d’un blanc terne, presque sans vie ; pouls faible , maigreur extrême , état languissant de 1 estomac, appétit bizarre, diarrhée presque continuelle, accompagnée de quelques douleurs intestinales ; membres grêles ; moral affaibli ; légère tendance à l’idiotisme; écoulement muqueux vaginal, parfois avec irritation des parties ; douleurs dans les reins; légère toux sèche par intervalle.
Cet état morbifique s’était manifesté lentement, et pour le combattre on avait employé beaucoup de moyens, mais sans succès. On se décide à l’envoyer chez Mme Masson de la Malmaison, parce qu’on perd tout espoir de la sauver.
La position critique de cette jeune
personne fixe toute notre attention j elle est donc surveillée a tout instant.
Mlle V. de P. , après sêtre habituée pendant dix jours au séjour de la maison , est soumise à un traitement légèrement tonique combiné avec un régime analeptique, malgré les légères douleurs intestinales qu’elle ressentait de temps en temps. Les exercices gymnastiques sont employés d’abord avec modération.
Les deux premiers mois se passent sans grande amélioration, mais la diarrhée diminue, les traits de la face se relèvent, l’appétit se régularise sans être fort.
Le troisième et le quatrième mois, l’état de cette jeune personne change visiblement, les habitudes vicieuses sont presque perdues, les forces se développent sensiblement , plus de diarrhées,
digestion facile, démarche soutenue et ferme, peau rosée, figure colorée et animée , regard bien moins languissant , embonpoint marqué ; signes de menstruation.
Le mois suivant les règles paraissent avec quelques légères souffrances. Dès ce moment tous les accidens de Fonanisme se dissipent, et la santé se consolide de plus en plus ; de sorte qu aujourd’hui cette demoiselle , qui est encore dans l’établissement, jouit d’une santé parfaite; son physique est on ne peut mieux, et son moral a pris un développement si grand, qu’il était impossible de le prévoir. Autant cette demoiselle était proche de l’idiotisme au moment de son entrée dans l’établissement, autant elle en est éloignée aujourd’hui*
Le 11 Septembre 1837,
(i) Voici, au sujet de l’établissement de la rue de Cléry , ce que M. le docteur Tanchou a rapporté dans la Gazette des Hôpitaux civils et militaires.
Il existe maintenant dans la capitale un nombre d’établissemens consacrés a la gymnastique et à l’orthopédie ; mais les uns ne font que de la gymnastique générale , sans considération pour le sexe , et dont les exercices né peuvent être bons qu’aux enfans à la santé robuste; les autres n’emploient l’orthopédie qu’avec des tortures qui ont, le plus souvent, un grave danger pour les malades.
Madame Masson de la Malmaison est, a Paris, la seule femme qui, par suite de vingt-huit ans d’études approfondies, et de succès obtenus dans les trois établissemens qu elle a créés, soit parvenue à perfectionner un système tout nouveau, dont les heureux effets sont restés un secret pour les imitateurs qui , sous divers prétextes , sont venus étudier dans les établissemens de Mme Masson de la Malmaison.
Cesystème consiste dans une gymnastique orthopédique toute spéciale, qui guérit par la méthode naturelle du mouvement, sans lit mécanique et sans béquilles, les déviations de la taille des pennes personnes et les maladies qui les produisent. « Outre tous les avantages » quon obtient dans les établissemens » gymnastiques de Mmc Masson de la
» Malmaison pour guérir les déviations » de la taille, dit M. le docteur Tan- » chou, ils ont encore le pouvoir d’être » utiles dans les maladies qui produi- » sent les déviations et dans beaucoup » d’autres encore; j’ai vu bon nombre » de jeunes personnes et même de jeu- » nés femmes, que les habitudes de leur » sexe tiennent beaucoup trop séden- » taires, guérir promptement de bron- » chites ou de catarrhes plus ou moins » chroniques qui avaient résisté aux » autres moyens de l’art. Les gastrites » légères ou sur-excitations gastro-intes- » tinales si fréquentes dans les maisons » d’éducation, j’ai vu, dis-je, dans les » établissemens de Mme Masson de la » Malmaison, ces sortes de maladies se » dissiper comme par enchantement. »
Enfin le docteur Tanchou, après avoir
énuméré tous les avantages qu’on obtient par les exercices bien dirigés et les moyens ingénieux et salutaires employés par M,ne Masson de la Maîmaison, rappelle encore deux cures remarquables qu’il a vu faire sur deux jeunes malades , ses clientes , dans le second établissement de cette dame rue de Cléry n° 9; voici les faits tels que les rapporte M. Tanchou lui-même.
« Une jeune personne âgée de douze ans avait une douleur qui s’était fixée sur la clavicule droite ; l’extrémité sternale de cet os paraissait gonflée ; malgré le repos du membre, les frictions de toutes espèces, les cataplasmes émoiliens, le mal avait persisté; les bains de vapeur rayaient même augmenté. Les exercices gymnastiques, essayés d’abord avec quelques craintes et beaucoup de
précautions dans l'établissement de la rue de Cléry, eurent les plus heureux résultats. Cette jeune fille est rentrée a la Maison Royale de St-Denis parfaitement bien, où j'ai désiré quelle continuât à faire des exercices dans le troisième établissement de Mmc Masson, et toujours par conséquent sous la direction de cette dame. Mais le fait le plus remarquable des bienfaits delà gymnastique, ajoute le docteur, est celui que je vais citer :
» Melle M***, fille de M. J.***, de la commission des hôpitaux de Paris, eut en 1882 la rougeole qui s'accompagna, comme cela s'observe si souvent, d'une vive irritation de la membrane muqueuse pulmonaire. Malgré mes soins, aidé des avis de M. le docteur Baffos , il se forma une collection de pus dans
le poumon gauche; l’abcès vint se manifester au dessous de la mamelle du meme côté. Il fut ouvert, et il en sortit plusieurs verres de pus ; ce fluide sortait en même temps par les crachats et par la plaie ; et, par la pensée, on pouvait faire traverser le poumon gauche par un fil qui serait entré par la bouche et qui serait sorti par le côté. Le professeur Chomel m’assista aussi de ses conseils dans cette circonstance.
» Malgré ce grand désordre, Mlle M*** se rétablit; mais, comme on le pense bien, le côté de la poitrine s’affaissa bientôt, et l’année d’ensuite la taille de cette jeune personne commençait h se tourner ; de plus, sa santé générale était médiocrement bonne. Au commencement du printemps, je conseillai la gymnastique de Mme Masson de la Malmai-
son. La malade fut conduite rue de Cléry, où on fa vue pendant huit mois s’exercer sur toutes les machines appropriées à son genre de déviation, et aujourd’hui la taille de cette jeune fille est redressée, sa santé est parfaitement remise , et le côté de la poitrine est tellement relevé, qu’il serait presque impossible de dire de quel côté le poumon a été malade. »
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AUTRE LETTRE ADRESSÉE PAR UN DOCTEUR MÉDECIN AU RÉDACTEUR DU JOURNAL LE MENTOR.
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