Gréard, ibid., p
2. Ibicl., j). 140 : « Je vais lire Spinoza qui me semble ton maître.... Si je ne trouve là rien qui m'ébranle, je m'en tiens aux
doctrines de ma dernière lettre et je leur dévoue ma vie le
cbâtic, j'acliève et je publie les quelques pages que je t'ai annoncées; résolu que je suis à mettre mon existence au service dune idée prati([ue, au lieu de la consumer tout entière dans un long et rude voyage vers la lointaine vérité. »
J'arrive maintenant à yna réponse. J'aurais beaucoup de choses à te dire : mais je ne veux toucher que deux points :
1° En premier lieu, je vais te montrer en quoi diffèrent nos philosopliies. Elles sont pkis séparées que tu ne crois ; elles le sont même dune façon absolue. Ton unité* ressemble à l'unité d'enveloppement et d'indistinction où gît chacun des mondes, lorsque tous h^s germes qui le composent sont confondus ; la mienne ressemble à cette unité d'harmonie, qui est celle du monde développé et vivant.
Tu prétends concilier et tu ne fais que détruire; tu sacrifies la loi morale à la loi du plaisir^ en posant que le devoir de l'homme est de satisfaire les tendances de sa nature, ce qui est pur sensualisme et fouriérisme. Tu détruis la liberté par la nécessité, en supposant que le principe des actions de l'homme, c'est le grand fluide^ répandu dans son corps, et agitant les organes, selon les lois fixes de sa propre nature, et la constitution de ces organes ; tu détruis Dieu, et tu mets à sa
1. Gréard, ibid., p. d4G : « I/iinitc radicale de l'iiomme et de toutes clioses, l'identité fondamentale du plaisir et du devoir, de la liberté et de la nécessité, voilà ce que j'aurais dit si je savais manier comme toi cette divine langue de la philosopliie. »